S’attaquer au problème du « trop grand nombre d’enseignants et du manque de travailleurs qualifiés »
(Baonghean) – La situation des jeunes diplômés sans emploi est un sujet toujours brûlant lors des débats entre les représentants de l'Assemblée nationale et des conseils populaires provinciaux et les électeurs. Quelles en sont les causes ?
Les écoles professionnelles ont des difficultés à recruter des élèves.
Alors que la société en général, et les entreprises, usines et sociétés en particulier, recherchent activement une main-d'œuvre qualifiée, notamment des travailleurs hautement qualifiés, de nombreux établissements de formation professionnelle de la province rencontrent des difficultés de recrutement. Le lycée professionnel économique et technique de Do Luong, par exemple, n'a pas atteint ses objectifs d'effectifs ces trois dernières années (2012-2014), ou du moins les a tout juste atteints. Concrètement, en 2012, l'établissement visait 150 élèves en formation professionnelle intermédiaire, mais n'en a recruté que 137 ; en 2013, ce chiffre s'élevait à 120 sur 150, et en 2014, à 110 sur 120. L'objectif pour la formation professionnelle de base a été atteint de justesse, avec 690 élèves en 2013 et 505 en 2014. Sans compter que de nombreux élèves abandonnent leurs études en cours de route. Par exemple, en 2011, l'école a inscrit 150 élèves à son programme de formation professionnelle, mais après 2 ans de formation, seuls 60 ont obtenu leur diplôme ; en 2012, elle a inscrit 137 élèves et, après 2 ans, seuls 104 ont obtenu leur diplôme.
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| Séance de formation pratique pour les étudiants du Collège professionnel d'agriculture et d'industrie de Yen Thanh. |
Parallèlement, le Collège professionnel économique et technique de l'Ouest (ville de Thai Hoa), chef-lieu de la région Nord-Ouest de la province de Nghệ An, dispose d'une zone de recrutement assez étendue. Toutefois, pour atteindre les objectifs d'effectifs annuels de la province, l'établissement est confronté à des défis considérables et met en œuvre plusieurs solutions : sensibilisation et accompagnement des jeunes dans leur développement local afin de les encourager à suivre une formation professionnelle ; organisation de réunions avec les lycées et collèges des districts et des villes pour informer les parents et les élèves sur les différentes options de formation professionnelle ; et réalisation d'enquêtes pour comprendre les aspirations et les besoins de la société en matière de formation professionnelle, permettant ainsi d'élaborer des programmes et des modalités de formation adaptés à la réalité. De plus, le collège renforce ses partenariats avec les entreprises, les usines et les exploitations agricoles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la province, afin d'offrir aux étudiants des opportunités de stage et de perfectionnement, et de créer des perspectives d'emploi pour les étudiants qui acceptent d'être accueillis par ces entreprises et établissements.
En réalité, le taux d'emploi après la formation dispensée par l'établissement dépasse les 80 %, et de nombreux programmes de formation professionnelle de niveau intermédiaire garantissent un emploi à 100 %, notamment en soudure, en mécanique automobile, en électricité industrielle et en médecine vétérinaire. M. Pham Nam Hai, le directeur de l'école, a déclaré : « Bien que nous atteignions et dépassions chaque année les objectifs de formation fixés par la province, en accueillant en moyenne 900 élèves par an, dont environ 230 à 260 en formation professionnelle intermédiaire et le reste en formation de base, ces résultats restent très limités au regard du potentiel de la vaste zone de recrutement de plus de 1,1 million d'habitants dans l'ouest du Nghệ An, où le nombre de travailleurs non qualifiés est élevé, en particulier parmi les jeunes issus des minorités ethniques. Non seulement le recrutement est difficile, mais le maintien d'effectifs suffisants par classe représente également un véritable défi… »
Récemment, la Commission de la culture et des affaires sociales du Conseil populaire provincial a mené une inspection de la formation professionnelle et de l'emploi. Elle a constaté que les établissements de formation professionnelle rencontrent actuellement des difficultés de recrutement. Le pourcentage de travailleurs ayant une formation professionnelle dans la province est inférieur à 50 %, et le nombre de travailleurs qualifiés est particulièrement faible par rapport aux besoins des entreprises.
Causes et solutions
Les principales raisons sont l'obsession des parents et des élèves pour les diplômes universitaires ; bien que l'orientation professionnelle et la formation professionnelle, ainsi que la question du placement des élèves après le premier cycle du secondaire, aient obtenu des résultats notables, elles présentent encore de nombreuses limites.
Une autre raison tient au fait que les écoles professionnelles sont tenues d'enseigner 70 % de compétences pratiques et seulement 30 % de théorie, alors que les installations et le matériel pédagogique de la plupart de ces établissements sont insuffisants et inadaptés. M. Tran Van Tuan, directeur du lycée professionnel d'agriculture et d'industrie de Yen Thanh, a reconnu que les équipements utilisés pour la formation professionnelle des élèves proviennent principalement d'usines et d'ateliers désaffectés ; certains véhicules datent de 1982, alors que le marché automobile évolue constamment en termes de modèles et de designs modernes.
Partageant le même avis, M. Pham Nam Hai, directeur du Collège professionnel économique et technique de la région de l'Ouest, a déclaré : « La formation en soudure utilise actuellement la technologie G6, mais l'établissement ne dispose pas encore des équipements nécessaires pour former les étudiants aux besoins de la société. » Selon le Département du Travail, des Invalides de Guerre et des Affaires sociales, la province compte 64 établissements de formation professionnelle, mais seuls trois disposent d'installations conformes aux normes : le Collège professionnel technique Vietnam-Corée, le Collège professionnel n° 4 du ministère de la Défense nationale et le Collège professionnel de commerce et de tourisme de Nghệ An. De plus, de nombreux collèges professionnels, notamment ceux situés dans les districts, sont dépourvus d'internats, alors que la plupart des élèves sont issus de familles d'agriculteurs et de ménages modestes confrontés à des difficultés de transport.
Outre l'insuffisance des infrastructures, la qualité du personnel enseignant dans les écoles professionnelles présente également des lacunes. Bien que la province ait fixé des exigences pour améliorer la qualité de la formation dans ces écoles, les quotas de personnel qui leur sont alloués restent faibles et aucune politique n'est mise en place pour attirer des ingénieurs et des enseignants qualifiés. Ceci compromet l'objectif principal : attirer et améliorer la qualité de la formation de ressources humaines hautement qualifiées afin de répondre aux exigences d'industrialisation et de modernisation fixées par la province. Certains estiment que la province compte actuellement trop d'écoles professionnelles et que leur gestion est inadéquate, ce qui engendre une concurrence accrue pour le recrutement des étudiants alors que la demande est faible, entraînant du gaspillage et une faible efficacité de la formation. Les incitations salariales pour les travailleurs qualifiés constituent également un frein à l'augmentation des taux de formation professionnelle et à la formation de travailleurs qualifiés.
Compte tenu des lacunes susmentionnées, une question se pose : comment garantir un nombre suffisant d’inscriptions dans les écoles professionnelles et améliorer la qualité de la formation afin de répondre aux exigences croissantes de la société ? La solution immédiate consiste donc à revoir la politique salariale des travailleurs et ouvriers directement impliqués dans la production au sein des entreprises, usines et chantiers de construction, notamment les techniciens et ouvriers qualifiés, afin qu’ils puissent vivre de leurs compétences et de leur expertise. Cela permettra de faire évoluer les mentalités et d’encourager davantage de travailleurs à suivre une formation professionnelle et à s’investir dans leur métier. Parallèlement, il est nécessaire de renforcer l’orientation professionnelle et l’accompagnement des élèves dès le collège, afin que ceux qui n’ont pas les moyens de poursuivre des études supérieures puissent s’orienter vers la formation professionnelle, l’objectif étant d’atteindre au moins 30 % d’élèves inscrits en formation professionnelle d’ici 2020.
Par ailleurs, les écoles professionnelles ont besoin d'investissements dans leurs infrastructures, d'un corps enseignant qualifié et de méthodes pédagogiques innovantes. De plus, ces établissements doivent former les étudiants en fonction des besoins spécifiques des entreprises et développer une identité propre pour attirer les apprenants.
La formation professionnelle joue un rôle crucial dans le développement des ressources humaines au service du développement socio-économique local ; elle permet la mise en œuvre de la filière d’études des élèves du premier et du deuxième cycle du secondaire ; et elle offre aux jeunes la possibilité d’acquérir une profession leur permettant de s’épanouir et de construire leur carrière. Par conséquent, des solutions, des mécanismes et des politiques sont nécessaires pour encourager les établissements de formation professionnelle et les apprenants, conformément aux orientations du développement, contribuant ainsi à atténuer la situation actuelle de « trop d’enseignants, trop peu de travailleurs qualifiés ».
Texte et photos :MAI HOA



