Ouverture des pourparlers américano-iraniens : Téhéran met l’accent sur le conflit libanais et les questions économiques comme priorités absolues.
Le 21 juin, le premier cycle de négociations formelles entre les États-Unis et l'Iran, faisant suite à l'accord préliminaire, s'est officiellement ouvert à Bürgenstock, en Suisse. Cependant, ce processus diplomatique historique se heurte à un obstacle majeur : l'escalade du conflit au Liban a entraîné des menaces de Téhéran de rétablir le blocus du détroit d'Ormuz.

Selon les dernières informations du ministère suisse des Affaires étrangères, en date du 21 juin (heure locale), des délégations de toutes les parties sont arrivées à la station de montagne de Bürgenstock pour préparer les négociations.
Le vice-président américain JD Vance est arrivé tôt au point de rencontre pour commencer sa première journée de travail.
La partie iranienne, dirigée par le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a également consolidé ses positions.
Il convient de noter que la délégation de médiation pakistanaise comprenait le Premier ministre Shehbaz Sharif et le commandant de l'armée Asim Munir, travaillant en coordination avec les médiateurs qataris, ce qui souligne l'importance particulière de ce cycle de dialogue.
Ce cycle de pourparlers devrait ouvrir une période de négociations de deux mois en vue de parvenir à un accord final, axé sur deux questions essentielles : le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques sévères imposées à ce pays islamique.
Sur le terrain, l'accord de cessez-le-feu préliminaire conclu début juin risque sérieusement de s'effondrer en raison des violents combats entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban, qui ne montrent aucun signe d'apaisement.
Le commandement militaire central iranien a accusé les États-Unis de « violer l'accord » et a critiqué les violations répétées du cessez-le-feu par Tel-Aviv. En réponse, Téhéran a annoncé le maintien de la fermeture du détroit d'Ormuz à la navigation, une mesure susceptible d'avoir un impact considérable sur les marchés mondiaux de l'énergie. Bien que le commandement central américain (CENTCOM) affirme que cette voie maritime internationale demeure sûre, la menace iranienne exerce une pression considérable sur l'agenda suisse.
Au Liban, les médias d'État ont rapporté de nouvelles frappes aériennes israéliennes sur une vingtaine de sites, faisant plus de 30 morts et portant le bilan total des victimes du conflit à plus de 4 000 morts.
Avant l'ouverture, les responsables iraniens se montraient extrêmement prudents et sceptiques quant à la sincérité des intentions de Washington. Mohsen Rezaei, conseiller militaire du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a lancé un avertissement sans détour sur les réseaux sociaux : « Nous devons être extrêmement vigilants ; tout optimisme excessif sera exploité par l'ennemi. »
Dans le même esprit, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a également souligné que leur délégation exigerait résolument que l'autre partie mette pleinement en œuvre les engagements signés, « faute de quoi l'ensemble de l'accord préliminaire sera compromis ».
Différences dans les priorités de l'agenda entre Washington et Téhéran :
S'exprimant dans une vidéo diffusée par l'agence de presse officielle IRNA, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a souligné : « Les autorités israéliennes violent constamment leurs engagements au Liban ; par conséquent, ce sera le principal sujet de discussion lors des pourparlers d'aujourd'hui (21 juin). »
M. Baqaei a également déclaré : « La question de l'accès aux avoirs iraniens gelés ou soumis à des restrictions, ainsi que les discussions sur l'octroi des licences nécessaires à la vente du pétrole iranien, seront également à l'ordre du jour. »
Parallèlement, la priorité américaine s'est orientée vers la question nucléaire. Avant son départ, le vice-président J.D. Vance a réaffirmé son espoir de parvenir à des progrès tant sur le dossier nucléaire que sur le cessez-le-feu au Liban.


