
Quand l'histoire devient un ordre d'agir
La victoire du 30 avril est une étape glorieuse dans l'histoire de la nation, un symbole incarnant la volonté indomptable et l'aspiration à l'indépendance et à la paix. La victoire du 30 avril 1975 a inauguré une ère nouvelle : celle de l'indépendance, de l'unité et du développement.
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Dr. Pham Ngoc Hung(Revue communiste)
Conception:Huu Quan30 avril 2026
La victoire du 30 avril est une étape glorieuse dans l'histoire de la nation, un symbole incarnant la volonté indomptable et l'aspiration à l'indépendance et à la paix. La victoire du 30 avril 1975 a inauguré une ère nouvelle : celle de l'indépendance, de l'unité et du développement. Cependant, la valeur de cet événement historique réside non seulement dans le passé, mais aussi dans sa capacité à éclairer le présent, à guider l'avenir et à inspirer chacun à agir sur la voie du développement national aujourd'hui.

Il y a plus d'un demi-siècle, le peuple vietnamien remportait une victoire d'une importance historique. Ce n'était pas seulement une victoire militaire, mais aussi une victoire de la volonté politique, de la force de l'unité nationale et d'une foi inébranlable dans la voie choisie. Dans un contexte de rapports de force inégaux, une petite nation a vaincu une superpuissance militaire, affirmant ainsi une vérité : lorsqu'une nation sait s'unir, se concentrer sur un objectif commun et demeure fidèle à ses choix, aucun défi n'est insurmontable, aucune limite n'est infranchissable.

Mais l'histoire ne se résume pas à la gloire de la victoire. Derrière la victoire du 30 avril 1975 se cachent des pertes incommensurables. Des millions de fils et de filles exceptionnels sont tombés, des millions de familles ont été séparées et des mères ont envoyé leurs fils au front, sans espoir de retour. Ces souvenirs appartiennent non seulement au passé, mais font désormais partie intégrante de l'identité nationale, nourrissant le patriotisme, l'autonomie et le sens civique.
Par conséquent, la « gratitude » envers nos ancêtres pour leurs sacrifices et leurs pertes ne saurait être une émotion passagère, mais bien une prise de conscience profonde, une compréhension et une réflexion renouvelées. Car tout ce que nous possédons aujourd’hui, de la paix et la stabilité aux perspectives de développement, a été acquis au prix du sang, de la sueur, des larmes et des rêves inassouvis des générations précédentes.

Lorsque nous prenons conscience de cela, la gratitude ne se limite plus à de simples mots, mais devient un moteur d'action. À l'inverse, sans cette compréhension profonde, l'orgueil peut facilement se muer en superficialité, et l'histoire risque de se réduire à de froides dates et à des chiffres dénués d'émotion – perdant ainsi son âme, son pouvoir d'inspirer et sa capacité à guider les générations futures.
Dans le contexte actuel de surabondance d'informations, l'histoire est devenue un champ de bataille pour les luttes idéologiques. De nombreux récits déformés ont émergé, présentant de manière délibérément erronée la nature de la guerre de résistance et niant la juste cause de la nation vietnamienne. Les affirmations selon lesquelles il s'agissait d'une « guerre civile » ou proclamant l'idée qu'« il n'y a eu ni vainqueurs ni vaincus » relèvent essentiellement d'une manipulation des concepts, dissociant les événements de leur contexte historique précis.

Il convient de préciser que, dans le contexte vietnamien, la guerre de résistance contre l'impérialisme américain, menée pour sauver la nation, était une guerre juste, visant à protéger l'indépendance, la souveraineté et l'unité du pays. Le Vietnam est une nation éprise de paix qui a maintes fois recherché des solutions négociées, comme en témoigne l'Accord de Paris de 1973. Cependant, lorsque les droits fondamentaux de la nation sont bafoués, le recours aux armes constitue une nécessité historique qu'il ne saurait être nié ni déformé.
Les récits mensongers non seulement déforment la vérité, mais risquent aussi de saper les fondements idéologiques et de diviser l'unité nationale. Plus grave encore, ils influencent directement la perception des jeunes générations, qui accèdent principalement à l'histoire par le biais des médias numériques. Faute de connaissances et de discernement suffisants, ces jeunes sont facilement induits en erreur par des informations biaisées et inexactes.

Par conséquent, protéger l'histoire ne se limite pas à préserver le passé, mais concerne également le fondement spirituel et l'avenir de la nation ; la reconnaissance envers l'histoire est le moteur du développement. Chaque citoyen, et notamment les jeunes générations, doit s'informer de manière systématique, accéder à l'information provenant de sources officielles et fiables, et, parallèlement, développer sa vigilance face à la désinformation, en évitant de partager ou de diffuser hâtivement des contenus non vérifiés.

Si l'histoire se résumait à un simple devoir de mémoire, sa valeur s'estomperait peu à peu. Plus important encore, nous devons faire de ces valeurs un moteur de développement. La victoire du 30 avril 1975 n'a pas seulement marqué la fin de la guerre, mais aussi le début d'une nouvelle ère : celle de la construction et du développement du pays dans la paix.
L'une des plus grandes leçons de l'histoire est l'unité entre la prise de conscience et l'action. En temps de guerre, lorsque toute une nation est unie autour d'un objectif commun, sa force est décuplée. Dans le contexte actuel, cette leçon souligne la nécessité d'améliorer l'efficacité de la mise en œuvre des politiques. Une politique, aussi pertinente soit-elle, si elle n'est pas appliquée de manière coordonnée, si elle manque de mécanismes clairs et de responsabilités spécifiques, il est peu probable qu'elle engendre un changement substantiel. Cet esprit d'action est également celui du 14e Congrès national et des directives importantes récemment émises par le secrétaire général et président To Lam.
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En réalité, des obstacles persistent dans le processus de développement : des procédures administratives redondantes, des responsabilités mal définies entre les différents niveaux de gouvernement et une dispersion des ressources. Si ces problèmes ne sont pas résolus, ils nuiront à l’efficacité de la gestion et freineront la dynamique de développement. Par conséquent, il est urgent d’améliorer les institutions, de définir clairement les responsabilités, de renforcer le contrôle et d’accroître la transparence afin de mobiliser les ressources sociales.
Par ailleurs, la leçon historique de « maximisation des ressources internes » doit être appliquée dans le contexte actuel. Si, par le passé, il s'agissait de mobiliser les ressources humaines et matérielles pour la guerre, il s'agit aujourd'hui de créer les conditions permettant d'optimiser l'utilisation de toutes les ressources, qu'il s'agisse des entreprises, des citoyens ou des intellectuels. Cela requiert non seulement des politiques appropriées, mais aussi un environnement transparent qui encourage la créativité, accepte l'innovation et même les risques liés à l'expérimentation.




À l'ère du numérique, la science et la technologie, l'innovation et la transformation numérique sont considérées comme les principaux moteurs de la croissance. Toutefois, la technologie n'est pas une fin en soi ; elle doit servir le développement humain. La qualité des ressources humaines, l'adaptabilité et la créativité sont des facteurs déterminants pour la compétitivité à long terme d'une nation. Investir dans l'éducation, la formation et le développement humain est donc une manière concrète de perpétuer l'esprit du passé.
Une autre leçon qui demeure pertinente est la combinaison de la force nationale et de la force de l'époque. Si, par le passé, cette force reposait sur une combinaison de puissance intérieure et de soutien international, elle se traduit aujourd'hui par une profonde intégration aux flux mondiaux de connaissances et de technologies. Une politique étrangère indépendante, autonome, multilatérale et diversifiée a permis au Vietnam d'élargir ses relations, de renforcer son influence internationale et de créer un contexte favorable à son développement.
Il convient de souligner que la normalisation des relations avec d'anciens adversaires, ainsi qu'une participation active aux organisations internationales, témoignent d'une vision du développement à la fois humaine et pragmatique : tourner la page et se tourner vers l'avenir. Loin de contredire le respect de l'histoire, cette approche permet au contraire de fonder la réconciliation, la coopération et un développement durable.




Dans un monde en mutation rapide, confronté à des défis tels que le changement climatique, la cybersécurité et la concurrence stratégique entre les nations, le développement doit dépasser la simple croissance économique et privilégier la durabilité et l'adaptabilité. Cela exige une réflexion novatrice, des approches flexibles et une coordination efficace entre tous les acteurs de la société.
Dans cette perspective, l'esprit du 30 avril doit se traduire par des actions concrètes dans tous les domaines. Pour les responsables politiques, cela signifie responsabilité, intégrité et efficacité dans l'exercice de leurs fonctions. Pour les entreprises, cela signifie innovation et renforcement de la compétitivité. Pour les jeunes, cela signifie étudier, se former, maîtriser les sciences et les technologies et se préparer à y contribuer. Pour la société dans son ensemble, cela signifie bâtir une culture de discipline, d'unité et de développement.
L'histoire ne s'efface pas dans le passé, mais imprègne chacun de nos choix présents. Commémorer la Victoire du 30 avril, c'est exprimer notre gratitude et notre reconnaissance, et surtout, c'est nous interroger : qu'avons-nous fait et que ferons-nous pour être dignes des sacrifices des générations précédentes ? Lorsque l'histoire se mue en prise de conscience, en courage et en action, c'est le moyen le plus concret de préserver et de promouvoir la valeur de la Victoire du 30 avril 1975. Car, en définitive, l'histoire n'est pas seulement faite pour être remémorée, mais aussi pour agir, contribuer et bâtir un avenir digne du glorieux passé de la nation.



