Quand la belle femme joue franc jeu !

December 9, 2013 09:17

(Baonghean)Début décembre, alors que le mouvement de protestation thaïlandais dégénérait en affrontements sanglants, les manifestants, pris d'une rage soudaine, ont lancé une attaque massive contre des bâtiments gouvernementaux, et la démission de la Première ministre Yingluck semblait inévitable.

Bà Yingluck sẽ từ chức nếu người dân tham gia cuộc trưng cầu dân ý đồng tình như vậy.
Mme Yingluck démissionnera si les personnes participant au référendum y consentent.

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Contre toute attente, la Première ministre, d'une grande élégance, prit une décision d'une intelligence remarquable : retirer les barricades autour du bâtiment du gouvernement revenait à adresser une « invitation spéciale » aux manifestants, les invitant à y entrer librement et à se préparer dignement pour les festivités de l'anniversaire du roi. Par cette décision empreinte de fair-play, Yingluck transforma les manifestants en colère, sur le point de forcer les barrières et les murs pour occuper le bâtiment, en « visiteurs » joyeux, empreints d'un sentiment de triomphe, même si ce n'était pas forcément le cas. Non seulement ils évitèrent les affrontements, mais les manifestants se muèrent également en « agents de l'environnement », nettoyant les rues et les infrastructures publiques pour célébrer l'anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej de Thaïlande, le 5 décembre.

La décision de résoudre la situation, qui a abouti à une trêve remarquablement efficace, a constitué une victoire éclatante pour la Première ministre Yingluck, tant aux yeux de la communauté internationale que de la population thaïlandaise. Elle a su faire preuve de souplesse face à la rigidité, préservant ainsi sa position tout en désamorçant une menace majeure et en évitant à la Thaïlande de sombrer dans un conflit majeur.

Par ailleurs, après l'anniversaire du roi de Thaïlande, sachant que les manifestants ne renonceraient en aucun cas à leur ambition de contraindre Yingluck à la démission (notamment, l'ancien vice-Premier ministre Suthep Thausban avait appelé à une ultime manifestation le 9 décembre pour obtenir son départ), Yingluck prit, le 8 décembre, un engagement très clair : elle démissionnerait si le peuple participant au référendum y consentait. Yingluck Shinawatra déclara à la télévision nationale que son gouvernement explorait toutes les pistes pour mettre fin aux conflits avec l'opposition et que « nous organiserons un référendum afin que le peuple puisse décider de l'avenir du gouvernement ».

Cette déclaration démontre clairement que Mme Yingluck est sereine et confiante, et qu'elle souhaite agir avec impartialité. Elle ne démissionnera que si la majorité du peuple le souhaite réellement, et pour aucune autre raison, notamment des raisons subjectives laissant entendre qu'elle et son gouvernement ne seraient que des marionnettes manipulées par son frère, l'ancien Premier ministre Thacksin. Cette décision montre également que Mme Yingluck veut exposer les manifestations, menées par M. Sunthep, au grand jour afin de déterminer si elles reflètent véritablement la volonté et les aspirations du peuple thaïlandais, si elles répondent aux besoins réels de développement du pays, ou s'il s'agit simplement d'une lutte de pouvoir injuste, voire d'une tentative délibérée de discréditer quelqu'un.

En décidant d'organiser un référendum, Yingluck avait anticipé ses chances de victoire, son parti et elle-même faisant preuve d'un sens aigu des responsabilités et d'un dévouement sans faille. De plus, Yingluck avait compris les véritables intentions de Sunthep : il disposait de nombreuses sources d'information lui permettant, ainsi qu'à son parti, de remporter facilement une élection officielle.

Profitant de la position de la Première ministre Yingluck, Sunthep a plaidé pour la formation d'un « conseil populaire » composé de « personnes de valeur » afin de remplacer le gouvernement actuel. Cependant, Yingluck a rejeté cette idée, la jugeant antidémocratique et anticonstitutionnelle. Elle n'a par ailleurs fourni aucun détail concernant le référendum susmentionné, se contentant d'affirmer qu'il était constitutionnel.

En se comportant de manière aussi convaincante, Yingluck prouve qu'elle incarne véritablement la droiture, tandis que les meneurs des manifestations ne sont que des individus mus par des motivations personnelles et des ambitions de pouvoir politique, et non représentatifs de la majorité.

Chi Linh Son

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