Nous ne pouvons pas continuer à lancer des appels en vain !
(Baonghean) – Un problème, maintes fois évoqué, persiste : malgré la baisse des prix de l’essence, ceux des autres biens, notamment les tarifs des transports, restent inchangés. Récemment, le ministre des Transports a dû intervenir publiquement, déclarant qu’un boycott des compagnies de transport refusant de baisser leurs tarifs pourrait être organisé si nécessaire.
Cette action témoigne de la détermination du gouvernement face aux entreprises de transport qui refusent obstinément de baisser leurs tarifs de fret. Elle révèle toutefois l'impuissance des instances étatiques face à l'indifférence de ces entreprises. Incapables de mettre en œuvre des mesures administratives coercitives et fermes, elles ont eu recours à une campagne de boycott. Dès lors, pourquoi les instances étatiques se résignent-elles à une telle impuissance ?
La raison en est que les tarifs du transport routier sont déterminés par les mécanismes du marché. Les organismes publics de gestion de ce secteur respectent le droit des entreprises et des particuliers de fixer leurs prix et de se faire concurrence conformément à la loi ; ils ne peuvent donc pas intervenir par voie administrative. L’État n’intervient que pour les prix relevant de la stabilisation des prix, telle que définie par le gouvernement. Conformément au décret gouvernemental n° 177/2013/ND-CP du 14 novembre 2013, les activités de régulation des prix de l’État comprennent : la stabilisation des prix, la fixation des prix, la négociation des prix et le contrôle des facteurs qui les déterminent… Cependant, les tarifs des transports ne sont pas soumis à la stabilisation des prix, les organismes publics ne peuvent donc pas intervenir. Il en résulte une situation paradoxale où l’impuissance est de mise, car il faut se conformer à la loi. De ce fait, on constate que, jusqu’à présent, nombreux sont ceux qui réclament que tout soit régi par les lois du marché, s’opposant à toute intervention de l’État sur le marché par des mesures administratives.
En raison de l'absence d'intervention, le prix de l'essence a chuté de 39 % ces six derniers mois (passant de 25 640 VND/litre à 15 670 VND/litre), tandis que les tarifs des taxis n'ont baissé que de 3 à 9 %. Récemment, de nombreuses entreprises ont même proposé des augmentations de 20 à 60 %. Ceci s'explique par l'absence d'une véritable économie de marché, et donc d'une concurrence saine entre les entreprises. Par conséquent, par intérêt personnel, elles s'entendent pour éviter de baisser les prix. C'est seulement maintenant que nous prenons conscience de l'importance de la régulation des prix par l'État. Et c'est seulement maintenant que nous comprenons pleinement pourquoi notre Parti et notre État sont si déterminés à mettre en œuvre une économie de marché à orientation socialiste : afin que, le cas échéant, l'État puisse intervenir sur le marché de manière à servir l'intérêt général.
En réalité, les coûts de transport constituent toujours un élément crucial du prix des produits et services. De ce fait, les usagers sont constamment attentifs à leur évolution et à leurs fluctuations. Une réglementation gouvernementale de ce type de prix est donc essentielle. Le moyen le plus rapide et le plus efficace de démanteler le système de tarification des transports consiste à inclure les transports en commun réguliers (bus, taxis et transport de marchandises) dans la liste des services à prix stabilisés. Ainsi, les organismes de contrôle des prix pourront surveiller et stabiliser les coûts de transport en cas de besoin. Des mesures administratives fortes et obligatoires sont indispensables. Se contenter d'ajuster les prix ne donnera aucun résultat.
Duy Huong


