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Crise migratoire en Espagne : les bilans des victimes présentent des divergences importantes.

Hoang Bach August 3, 2026 11:32

L'Espagne affirme qu'au moins 72 personnes sont mortes lors de la vague de migrants qui ont franchi la frontière entre le Maroc et son territoire nord-africain de Ceuta.

Binh sĩ Tây Ban Nha hộ tống người di cư về khu vực biên giới tại Ceuta ngày 1/8, sau khi phần lớn trong số 60.000 người vượt biên trái phép từ Maroc đã chấp nhận quay trở về. Ảnh: AFP
Des soldats espagnols escortent des migrants jusqu'à la zone frontalière de Ceuta le 1er août, après que la majorité des 60 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière depuis le Maroc ont accepté de rentrer chez elles. Photo : AFP

D'après les derniers chiffres des autorités espagnoles, en date du 2 août, le nombre de décès survenus lors des tentatives de traversée de la mer vers la zone proche de Ceuta s'élève à au moins 72. Cependant, le ministère marocain de l'Intérieur a publié un bilan bien inférieur, confirmant seulement 11 décès, principalement par noyade. Cette divergence de données fait actuellement l'objet d'une enquête conjointe menée par les autorités des deux pays, qui s'efforcent d'identifier les victimes.

La crise a éclaté en milieu de semaine dernière lorsqu'environ 60 000 migrants, bravant les dangers pour rejoindre le territoire espagnol de Ceuta, ont bravé les dangers, principalement en longeant la côte à la nage. Selon les statistiques marocaines, près de 40 000 tentatives de franchissement illégal de la frontière ont été recensées, ainsi que plus de 1 130 personnes qui ont tenté de rejoindre la région de Melilla, à l'est, mais ont été refoulées.

Les forces de sécurité espagnoles ont dû déployer des soldats, des véhicules blindés de patrouille et installer une barrière flottante de 500 mètres de long en mer pour maîtriser la situation. Le 2 août, l'ordre était largement rétabli, la plupart des migrants étant retournés volontairement au Maroc.

Pour expliquer cette vague migratoire sans précédent, les autorités des deux pays ont pointé du doigt le rôle de la désinformation sur les réseaux sociaux. Des réseaux criminels sont accusés d'avoir déformé l'arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet, en propageant de fausses informations selon lesquelles les migrants arrivant par la mer ne seraient pas immédiatement expulsés. Parallèlement, des analystes internationaux suggèrent que cela pourrait être la conséquence de calculs géopolitiques visant à exercer une pression diplomatique sur Madrid, un contexte qui rappelle les événements de 2021, lorsque 10 000 migrants avaient également afflué dans la région.

La tragédie de Ceuta met actuellement l'UE sous une pression et une division immenses. Les 22 États membres ont adressé une lettre ouverte demandant une réunion d'urgence en ligne le 4 août afin de convenir de mesures de contrôle coordonnées. Notamment, l'Italie a annoncé unilatéralement la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne pour un mois afin de renforcer les contrôles aux frontières.

Face à cette situation, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a adressé une lettre aux dirigeants de l'UE, exprimant sa déception quant au comportement qu'il a qualifié d'« égoïste » de certains États membres. Dans ce contexte complexe, le pape Léon XIV a également fait part de sa profonde préoccupation, espérant qu'une solution pacifique, stable et juste serait bientôt trouvée dans la région.

Source : AFP
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