L'économie chinoise a progressé de 4,3 % au deuxième trimestre, un chiffre inférieur aux prévisions.
Malgré un essor des exportations de puces et d'équipements technologiques alimenté par la vague mondiale de l'IA, la dynamique de croissance de la deuxième économie mondiale reste freinée par une crise immobilière prolongée et un faible pouvoir d'achat intérieur.

D'après les données publiées le 15 juillet par le Bureau national des statistiques (BNS) chinois, le PIB de la Chine n'a progressé que de 4,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de l'année précédente. Ce chiffre est inférieur aux 4,5 % prévus par les économistes interrogés par l'AFP. Par ailleurs, ce résultat est également en deçà de l'objectif de croissance annuel fixé par Pékin, compris entre 4,5 % et 5,0 %, un objectif déjà à un niveau historiquement bas depuis des décennies.
Dans un contexte de faiblesse persistante du marché immobilier et de lente reprise de la consommation intérieure, les exportations demeurent le principal moteur de la croissance de la deuxième économie mondiale. Cependant, le commerce est soumis à des pressions accrues dues aux perturbations dans le détroit d'Ormuz, consécutives au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Cette voie maritime stratégique transporte environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel.
Les indicateurs économiques de juin ont également affiché des signes positifs. Les ventes au détail ont progressé de 1 % sur un an, contrairement aux prévisions de Bloomberg qui tablaient sur un recul de 0,1 %. La production industrielle a augmenté de 5,3 %, dépassant les prévisions de 4,6 %.
Toutefois, les investissements en actifs fixes dans les zones urbaines, notamment dans l'immobilier et les projets d'infrastructure, ont diminué de 5,7 % au premier semestre par rapport à la même période de l'année précédente.
Des données publiées le 14 juillet avaient précédemment révélé une forte hausse des exportations chinoises en juin, dépassant les prévisions avec une augmentation de 27 % sur un an. Cette croissance s'explique principalement par la demande croissante de semi-conducteurs et d'équipements informatiques, indispensable au développement mondial de l'intelligence artificielle. Les exportations de semi-conducteurs ont plus que doublé en juin par rapport à la même période l'an dernier, tandis que celles d'équipements de traitement de données ont bondi de 53,1 %.
Cependant, Julian Evans-Pritchard, économiste chez Capital Economics, soutient que cette augmentation reflète principalement la hausse des prix des puces due à une pénurie prolongée de puces mémoire, tandis que les volumes réels d'exportation de semi-conducteurs ont diminué par rapport à la même période de l'année précédente.
La reprise économique de la Chine se heurte à de nombreux obstacles extérieurs. Le conflit au Moyen-Orient continue de menacer les chaînes d'approvisionnement mondiales en perturbant le détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour le transit d'un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Par ailleurs, l'environnement commercial de la Chine demeure difficile. Pékin reste englué dans des différends commerciaux avec l'Union européenne (UE), malgré un excédent commercial de 32,9 milliards de dollars enregistré en juin.
Les relations sino-américaines se sont quelque peu refroidies après la visite du président américain Donald Trump à Pékin en mai. Toutefois, les désaccords concernant les déséquilibres commerciaux et la concurrence dans le secteur des semi-conducteurs demeurent.


