La vie tranquille d'un ambulancier

January 8, 2013 15:31

Chaque ambulance qui sillonne la route transporte un patient engagé dans un combat pour sa vie. À l'intérieur, médecins, infirmières et chauffeur sont soumis à une pression et un stress immenses dans cette lutte pour sauver le patient.

(Baonghean)Chaque ambulance qui sillonne la route transporte un patient engagé dans un combat pour sa vie. À l'intérieur, médecins, infirmières et chauffeur sont soumis à une pression et un stress immenses dans cette lutte pour sauver le patient.

Lorsqu'on devient ambulancier, la première chose à apprendre est la mémorisation des itinéraires. De la localisation de l'adresse du patient au choix du trajet le plus court et le moins encombré, l'ambulancier doit connaître chaque route, car chaque minute de retard réduit les chances de survie du patient.

Ensuite, tout conducteur doit s'habituer au son des sirènes bleues et rouges des ambulances. Ce son assourdissant et glaçant donne la chair de poule aux passants et aux auditeurs. Pour les ambulanciers, en revanche, c'est un compagnon, un précieux allié dans leur travail. Enfin, ils doivent s'adapter à la pression la plus intense : celle de la vitesse. Chaque profession de conducteur comporte ses propres contraintes, mais pour un ambulancier, c'est la vitesse.



L'ambulance est arrivée rapidement sur les lieux.

Généralement, après avoir reçu un appel concernant un patient nécessitant des soins d'urgence, les conducteurs doivent immédiatement prendre le volant et se rendre sur les lieux dans un délai de 2 à 5 minutes, le plus rapidement possible. M. Nguyen Trung Thong, chef d'équipe du service des transports d'urgence de l'hôpital général n° 115, a déclaré : « Notre mission est d'amener les patients aux centres de traitement le plus rapidement possible afin de contribuer à sauver des vies, mais y parvenir rapidement et en toute sécurité n'est pas chose aisée. La précipitation et l'imprudence peuvent facilement provoquer des accidents et mettre en danger notre propre sécurité et celle d'autrui. »

À l'hôpital, la vie d'un patient repose sur l'équipe médicale. Sur la route, en revanche, elle dépend en grande partie du conducteur de l'ambulance ; arriver rapidement à l'hôpital, même en une minute seulement, peut lui sauver la vie. Malgré l'utilisation des gyrophares et des sirènes, les ambulances ne bénéficient pas d'une priorité maximale. Nombre d'usagers de la route refusent de céder le passage aux sirènes d'ambulance, et certains jeunes vont même jusqu'à bloquer leur route. Il n'est pas rare de voir des automobilistes s'engager délibérément sur la voie d'urgence ou effectuer des virages brusques au mépris du code de la route. Accélérations soudaines, freinages brusques, dérapages, manœuvres d'évitement : le quotidien des ambulanciers est particulièrement tendu aux heures de pointe.

Transporter des patients vers les hôpitaux de la province est déjà éprouvant, mais la pression est encore plus forte sur les chauffeurs chargés de les acheminer des hôpitaux provinciaux vers Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville pour y être soignés. Parcourant des centaines de kilomètres, ils n'ont pratiquement aucun temps de repos, mangeant souvent sur le pouce et réduisant leurs activités quotidiennes au minimum si l'état du patient s'aggrave ; se contenter de pain pour les repas est courant. Le stress et la fatigue dus aux nuits blanches et aux longs trajets sont inévitables, mais ils doivent rester vigilants pour arriver à destination sains et saufs et le plus rapidement possible.

Le métier d'ambulancier ne connaît pas de notion du temps : pas de jours de congé ni de pauses. Leur téléphone est allumé 24 h/24 et 7 j/7, même la nuit, gardé à portée de main pour intervenir au moindre appel. Peu importe l'heure, les jours fériés, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, de jour comme de nuit, ils doivent être prêts à répondre à un appel et à partir immédiatement. Il n'est pas rare que les ambulanciers célèbrent le Nouvel An et le Têt (Nouvel An lunaire) avec leurs collègues, le personnel médical et les familles des patients dans l'ambulance. M. Thong explique : « Ce métier exige un dévouement sans faille et un sens aigu des responsabilités, ainsi qu'une grande endurance. Nombreux sont ceux qui mettent leur vie de famille de côté pour remplir leurs fonctions. Certains ne dorment que 3 ou 4 nuits par mois, passant le reste de la nuit en service. Même pendant leurs jours de repos prévus, ils sont prêts à intervenir immédiatement en cas d'appel. »

Contrairement à une idée répandue, les ambulanciers ne sont pas de simples conducteurs ; ils sont constamment exposés au sang et aux patients. C’est particulièrement vrai lors d’accidents de la route. Répondant souvent aux appels des passants, ils n’hésitent pas à retrousser leurs manches pour porter secours et transporter les blessés dans l’ambulance. Il n’est même pas rare qu’ils transportent des corps. Les équipes ambulancières transportent fréquemment des corps en décomposition, notamment ceux de personnes décédées loin de leur domicile, victimes de crimes ou de suicides… une tâche qui exige un sang-froid à toute épreuve. Outre une conduite habile, le métier d’ambulancier requiert également certaines connaissances médicales. En plus d’excellentes compétences de conduite, l’approche du conducteur varie selon l’état du patient. En cas de lésions médullaires, de fractures ou d’autres blessures graves, le conducteur doit conduire avec souplesse, réduire sa vitesse, éviter les chocs et minimiser la douleur du patient. En particulier en cas d’AVC, de traumatisme crânien, etc., il est impératif d’arriver le plus rapidement possible, car chaque minute compte ; plus on arrive vite, plus on a de chances de sauver la vie du patient et de réduire les complications à long terme.

M. Dang Ba Dung, qui travaille depuis plus de 31 ans comme ambulancier à l'hôpital général d'amitié Vietnam-Pologne de Nghệ An, témoigne : « Notre équipe d'ambulanciers est composée de quatre personnes. Pendant les fêtes comme celle-ci, nous sommes tous de service, jour et nuit, et chacun fait de son mieux pour accomplir sa mission et être prêt à prendre en charge les patients. Il nous arrive souvent de fêter le Têt (Nouvel An lunaire) dans l'ambulance, sur la route, ou même en pleine forêt. » Au cours de ses 31 années de métier, M. Dung a vécu de nombreuses situations critiques. Il est normal que les familles des patients le pressent et l'encouragent ; dans ces moments-là, les ambulanciers doivent garder leur sang-froid, rester calmes, maîtriser le volant et tenter de rassurer la famille. M. Dung a raconté : « Un jour, à 2 h du matin, je transportais en ambulance un patient décédé vers une zone montagneuse isolée où les routes étaient désertes. Arrivé sur place, j’ai fait demi-tour. La famille du patient était toujours effrayée et inquiète pour moi, mais je devais continuer. »

Malgré leur grande force mentale, les ambulanciers ne sont pas insensibles aux souffrances émotionnelles des patients. Plusieurs membres de l'équipe de l'Hôpital général provincial de l'Amitié ont raconté des histoires où, après avoir ramené des patients chez eux, ils ont été profondément attristés de constater qu'aucun fauteuil décent n'avait été prévu, et qu'eux-mêmes n'avaient pas les moyens de leur venir en aide. À de nombreuses reprises, lors du transport de patients démunis, ils n'ont pas hésité à dépenser leur propre argent pour acheter de la nourriture pour leurs familles. Pour eux, c'était la manière la plus concrète d'aider les patients et leurs proches à faire face à la maladie et à la surmonter.

Personne n'aime rester inactif, mais tous les ambulanciers que j'ai rencontrés partageaient le même avis : « Parfois, j'aimerais pouvoir passer une journée, un mois entier, sans avoir à faire une seule intervention. Car à chaque intervention, quelqu'un est en danger, ce que nous ne voulons absolument pas voir arriver. » Pour eux, la plus grande récompense après chaque intervention n'est ni la prime ni l'argent, mais le fait de voir les patients recevoir des soins d'urgence rapides et surmonter le danger.


Hong Quang

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Article paru dans le journal Nghe An

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