Des mots de gratitude...
(Baonghean) – Une femme pleurait à chaudes larmes aux funérailles des soldats morts dans le crash de l'hélicoptère Mi 171 le 7 juillet. Nombreux étaient ceux qui la regardaient avec une immense tristesse et lui demandaient si elle avait un lien de parenté avec l'un des héros tombés au champ d'honneur. Elle répondait : « Ce sont tous mes enfants, mes petits-enfants, mes frères. » Puis elle pleurait comme si elle venait de perdre ses êtres les plus chers. Elle me rappelait les mères et les sœurs rencontrées au cimetière de Truong Son, avec son immense étendue de tombes anonymes. Devant chaque tombe, elles appelaient leurs fils et leurs frères. Elles espéraient ainsi réconforter les soldats, elles savaient qu'ils étaient confiés à la mémoire des mères et des sœurs qui n'étaient pas encore nées, et surtout, que ceux qui étaient tombés pour la Patrie étaient les enfants de chaque famille.
Comme tant d'autres, j'ai moi aussi versé des larmes en apprenant la nouvelle de ce tragique accident, en entendant les mots d'un soldat sauvé des flammes : « Sauvez mes camarades ! », en apprenant que les soldats trop grièvement blessés étaient décédés et avaient été inhumés. Et n'est-ce pas plus émouvant encore que les larmes, quelque chose qui nous pousse à incliner la tête avec admiration et gratitude envers ces hommes, que face à un accident inévitable, l'équipage ait tout fait pour éviter les zones résidentielles et ne pas blesser de civils ? Le crash de l'avion était un accident, mais les pertes ont été minimisées autant que possible dans ces derniers instants ; ce n'était pas qu'un accident. C'était un témoignage de l'esprit combatif inébranlable, du courage et de l'ingéniosité des soldats, et d'un sacrifice noble…
![]() |
| Une soirée de recueillement (des élèves du lycée Hoang Mai brûlent de l'encens au cimetière des martyrs du district de Quynh Luu). Photo : Tran To |
Et ne soyez pas surpris, car je crois que cet esprit de résilience, de courage et d'abnégation a été forgé et transmis de génération en génération par nos ancêtres sur une terre qui « résiste aux tempêtes du matin et au soleil brûlant de l'après-midi », une terre qui a enduré d'innombrables guerres, une terre qui se relève fièrement de ses blessures, « secouant la boue et brillant de mille feux ».
Je crois encore que c'est dans les moments les plus périlleux que nous percevons le plus clairement ce qu'il y a de plus profond et de plus durable en chacun de nous. Est-ce pour cela que 90 millions de personnes se tiennent unies face aux turbulentes eaux de la mer de Chine méridionale ? Est-ce pour cela que je vois dans les larmes d'aujourd'hui des larmes qui coulent depuis des millénaires ? Les larmes d'épouses devenues comme « l'épouse qui attend » (une métaphore pour celles qui attendent le retour de leurs maris). Les larmes d'enfants qui rêvent d'appeler un jour leur père. Les larmes de mères qui font leurs adieux en silence à leurs fils partant à la guerre, espérant en silence leur retour, accueillant en silence leurs corps et essuyant la poussière de leurs portraits. Ce silence est le chant le plus tragique, le fleuve le plus long, la montagne la plus haute…
J'ai levé les yeux vers le ciel de juillet, observant les soldats de ce vol en Mi-171 se fondre dans les nuages blancs. J'ai baissé les yeux vers la terre, voyant le sang luisant et les os teintés de rouge dans chaque grain de sable. En silence, j'ai fait mes adieux, en silence j'ai exprimé ma gratitude, sachant que la flamme de mon désir de contribuer à la paix ne s'éteindra jamais, afin que Mère puisse paisiblement terminer sa noix de bétel…
Nghe An Week-end



