Quelles sont les options en matière de politique de change en 2016 ?
(Baonghean) - L'histoire des fluctuations du taux de change du Vietnam montre que le marché subit souvent une vague de réactions psychologiques après chaque ajustement du taux de change par la Banque d'État du Vietnam (SBV).
En réalité, les fluctuations des marchés internationaux des changes et financiers en 2015 ont nécessité des modifications du mécanisme de gestion du taux de change afin de répondre aux exigences d'une intégration de plus en plus poussée du Vietnam dans l'économie mondiale. Par conséquent, la banque centrale a pu mettre en œuvre sa politique monétaire de manière indépendante, en visant à atteindre des objectifs de croissance et d'inflation à long terme.
La valeur historique du dong vietnamien est étroitement liée aux fluctuations macroéconomiques, tant au niveau national qu'international. Le choix du régime de change à chaque période a également influencé la volatilité du taux de change. Le Vietnam maintient un taux de change fixe par rapport au dollar américain, ajustant le taux de change officiel et sa marge de fluctuation en fonction des principaux développements macroéconomiques. Les fluctuations du taux de change sont fondamentalement liées aux ajustements du taux de change effectués par la Banque d'État du Vietnam (SBV).
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Cependant, les fluctuations quotidiennes rapides des taux de change témoignent clairement de la réaction psychologique du marché après chaque ajustement. Les bouleversements survenus sur les marchés internationaux des changes et financiers fin 2015, dans un contexte marqué par la hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine, la dépréciation du yuan chinois et sa désignation officielle comme monnaie de réserve du Fonds monétaire international (FMI), ont conduit les taux de change à des niveaux proches de zéro à plusieurs reprises. Toutefois, la gestion des taux de change représente un défi de taille en 2016, la Fed ayant officiellement relevé ses taux d'intérêt le 19 décembre 2015, mettant ainsi fin à sept années de taux quasi nuls et rendant très difficile le maintien d'une politique de change rigide.
Dans une évaluation préliminaire de l'efficacité du mécanisme de gestion du taux de change vietnamien au cours des 20 dernières années, le Dr Bach Ngoc Thang a déclaré que les nombreux effets théoriques positifs du régime de change fixe (ajustable) indexé sur le dollar américain, mis en œuvre par la Banque d'État du Vietnam (SBV) durant cette période, sont indéniables. Ce régime a notamment contribué à stabiliser le marché des changes, à maîtriser l'inflation et à faciliter les transactions internationales. Cependant, le taux de change fixe peut entraîner une dollarisation de l'économie, éroder la confiance du public dans la valeur de la monnaie nationale et réduire l'efficacité de la politique monétaire. De plus, selon le Dr Bach Ngoc Thang, les ajustements du taux de change par la SBV sont souvent imprévisibles, perturbant l'activité économique et rendant très difficile l'élaboration de plans d'affaires stables à moyen terme pour les entreprises et les particuliers.
Compte tenu de la situation actuelle, comment la politique de change devrait-elle être modifiée ? D'après l'analyse du taux de change effectif réel, un groupe d'économistes soutient que le mécanisme de gestion du taux de change de la Banque d'État du Vietnam au cours des 20 dernières années (et plus particulièrement durant la période 2007-2015) n'a pas permis d'améliorer significativement la compétitivité des produits vietnamiens sur le marché international. Par ailleurs, l'évolution du taux de change effectif réel a suivi de près celle de la Chine au cours de cette période.
Les modifications apportées au mécanisme de gestion du taux de change vietnamien en 2016 doivent être envisagées dans deux nouveaux contextes : l’adoption officielle du yuan chinois comme monnaie de réserve du FMI et la présentation par la Réserve fédérale de sa feuille de route pour la normalisation (hausse) des taux d’intérêt pour la période 2016-2018. Le premier contexte est crucial, car le Vietnam est fortement dépendant de ses échanges commerciaux avec la Chine. Les fluctuations du taux de change du yuan pourraient avoir des répercussions importantes sur l’économie vietnamienne. Dans le second contexte, la feuille de route de la Réserve fédérale concernant la hausse des taux d’intérêt exercera une forte pression sur le compte courant du Vietnam à court terme, les capitaux spéculatifs à court terme ayant tendance à retourner aux États-Unis, où les taux d’intérêt sont plus élevés – comme l’a analysé le professeur associé Nguyen Van Thang, membre du groupe de recherche.
Selon les experts, compte tenu des deux nouveaux contextes mentionnés précédemment, le nouveau mécanisme de gestion du taux de change doit présenter une certaine flexibilité afin de ne pas perturber les anticipations du marché. En 2016, la politique de gestion du taux de change nécessite des ajustements fondamentaux pour préparer le terrain à la libéralisation des taux d'intérêt dans les années à venir. Cette nécessité s'explique par l'intégration profonde du Vietnam à l'économie mondiale. Par ailleurs, le mécanisme de gestion du taux de change, rigide et passif, en vigueur jusqu'à présent, ne sera pas adapté à l'économie vietnamienne dans un contexte financier mondial volatil. Un nouveau mécanisme de gestion du taux de change devrait viser la flexibilité, afin que le taux de change joue un rôle plus important dans l'équilibre du marché des changes et de la balance des paiements. Un mécanisme de change flexible contribuerait également à éliminer la dollarisation de l'économie, permettant ainsi à la banque centrale de mettre en œuvre sa politique monétaire de manière indépendante pour atteindre les objectifs clés liés à la croissance et à la maîtrise de l'inflation à moyen et long terme, a commenté le professeur agrégé Le Quanh Canh.
Globalement, concernant la politique de change en 2016, les experts estiment que la banque centrale pourrait progressivement réduire son ancrage au dollar américain. Au lieu de se baser uniquement sur une seule devise pour déterminer le taux de change, la Banque d'État du Vietnam (SBV) pourrait introduire un taux de référence, tel que le taux de change effectif nominal par rapport à un panier de devises majeures. Ce taux servirait de base aux paires de devises sur le marché interbancaire. Dans un premier temps, la SBV devra maintenir la marge de fluctuation quotidienne du taux de change, tout en autorisant un élargissement progressif de cette marge. Le changement fondamental de ce nouveau mécanisme de gestion du taux de change réside dans le fait que le taux de clôture de la veille peut servir de référence pour le taux d'ouverture du lendemain sur le marché interbancaire. En résumé, le taux de change peut fluctuer quotidiennement tout en restant encadré par la marge de fluctuation journalière.
Pour préciser ce point de vue, les experts estiment qu'un ajustement flexible du taux de change est essentiel, et il est fort probable que la Banque d'État du Vietnam (SBV) modifie son mécanisme de gestion du taux de change en 2016 afin d'atteindre cet objectif. La récente décision de la SBV d'abaisser à 0 % le taux d'intérêt sur les dépôts en dollars américains des particuliers exercera une pression significative sur le marché des changes, plutôt que sur les opérations de crédit comme auparavant. Si la SBV ne met pas en place un mécanisme de gestion du taux de change plus flexible, l'objectif de lutte contre la dollarisation ne sera pas atteint. Le mécanisme de gestion du taux de change mentionné ci-dessus permettra des ajustements flexibles du taux de change, empêchant ainsi la dollarisation de l'économie.
Toutefois, la mise en œuvre de ce nouveau mécanisme de change est soumise à certaines conditions. Premièrement, la Banque d'État du Vietnam doit maintenir des réserves de change suffisamment importantes pour pouvoir intervenir en cas de fortes fluctuations du marché. Deuxièmement, elle doit renforcer ses prévisions et rester fidèle à ses objectifs à long terme en matière d'inflation et de croissance. Cette seconde condition jettera les bases d'une politique de change moderne et novatrice, car toute modification de la politique macroéconomique doit reposer sur des prévisions fiables permettant d'ajuster les anticipations et les incitations du marché, dans le but d'atteindre des objectifs à long terme, et non à court terme, ni de se conformer aux évolutions passées, a averti le professeur agrégé Nguyen Van Thang.
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