Le salaire minimum est calculé à l'heure, pourquoi pas ?
L’application stricte d’un salaire minimum mensuel crée involontairement des difficultés pour certaines relations de travail dans une économie de marché.
Déterminer s'il convient d'augmenter ou de diminuer le salaire minimum, et comment le calculer, est un problème qui préoccupe de nombreux gestionnaires, représentants du personnel et employeurs. Longtemps calculé mensuellement, le salaire minimum présente, selon de nombreux experts, plusieurs incohérences. L'application stricte d'un salaire minimum mensuel engendre involontairement des difficultés dans certaines relations de travail au sein de l'économie de marché actuelle. C'est le cas, par exemple, du recrutement d'éboueurs, de travailleurs en extérieur et d'employés occupant des postes de soutien dans le secteur de la construction.
Soutenant l'option de calculer le salaire minimum en fonction de l'heure, le Dr Nguyen Thi Lan Huong, ancienne directrice de l'Institut des sciences du travail, estime qu'il convient de privilégier ce mode de calcul en raison de sa flexibilité et de sa commodité, tant pour les entreprises que pour les travailleurs.
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Mme Lan Huong a déclaré qu'après avoir étudié les expériences d'économie de marché de nombreux pays, la pratique du versement d'un salaire horaire minimum est en vigueur depuis longtemps.
Le salaire horaire minimum ne s'applique qu'aux travailleurs occupant des emplois simples, incomplets, de courte durée et flexibles. Ces emplois sont généralement de courte durée et occupés par des travailleurs à temps partiel.
Du point de vue des contrats de travail, les personnes percevant le salaire minimum horaire sont généralement liées par des contrats à durée déterminée ou à court terme. Du point de vue des entreprises, l'application d'un salaire minimum mensuel désavantage involontairement celles qui n'ont besoin d'embaucher que des travailleurs horaires.
Sans compter que, si un salaire minimum mensuel est instauré, les employeurs devront envisager des mesures telles que la protection sociale pour les personnes n'ayant besoin que d'un emploi à court terme ou rémunéré à l'heure. Bien entendu, le salaire minimum horaire présente l'inconvénient de dépendre du nombre total d'heures travaillées. Si les travailleurs ne bénéficient pas d'un temps de travail suffisant ou sont exploités pour payer un emploi à temps plein ou mensuel, leur salaire mensuel ne leur garantira pas un niveau de vie minimum.
Selon M. Bui Sy Loi, vice-président de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, la fixation d'un salaire horaire minimum permet aux travailleurs de bénéficier de contrats de travail multiples. Ce salaire horaire minimum contribuera à accroître la productivité du travail et reflétera fidèlement la réalité des salaires dans une économie de marché.
Selon le Dr Dang Duc Dam, vice-président de l'Institut de recherche sur le développement des entreprises, l'enjeu principal du débat actuel sur le salaire minimum régional ne réside pas dans le pourcentage d'augmentation, mais dans la pertinence de la définition du seuil de vie minimum servant de référence pour son ajustement. Si ce seuil est trop élevé, même une augmentation du salaire minimum ne suffira pas à couvrir ce seuil, induisant en erreur l'opinion publique et laissant croire à une augmentation encore plus rapide des salaires.
Le salaire moyen est un facteur crucial qui influe sur la vie des travailleurs. Cependant, selon M. Dac Duc Dam, si le salaire minimum est contraint d'augmenter excessivement, les entreprises seront forcées de réagir en réduisant le coefficient salarial, ce qui annulera toute incitation à accroître la productivité du travail. Le nombre de chômeurs augmentera également. Notamment, dans les zones rurales, il existe un excédent de main-d'œuvre, et les travailleurs sont prêts à accepter des salaires plus bas (mais toujours bien supérieurs aux salaires agricoles) pour trouver un emploi dans les entreprises de transformation agricole, ce qu'ils ne parviennent pas à faire.
L'augmentation du salaire minimum régional vise à protéger les travailleurs vulnérables. Cependant, son efficacité optimale dépend de l'harmonisation de trois facteurs : la satisfaction des besoins essentiels des travailleurs, l'augmentation de la productivité du travail et le renforcement de la compétitivité des entreprises. Une hausse excessive du salaire minimum régional entraînerait une augmentation des autres charges supportées par les entreprises, telles que l'assurance maladie, l'assurance chômage et les cotisations syndicales. Ces coûts seraient répercutés sur les coûts de production, réduisant ainsi la compétitivité des produits face aux biens nationaux et importés. Ces pressions pourraient inciter les chefs d'entreprise à supprimer des emplois pour garantir leurs profits et les réinvestir, ce qui engendrerait une hausse du chômage. Augmenter le salaire minimum sans amélioration concomitante de la productivité du travail et de la compétitivité des entreprises ne contribuera pas à l'augmentation des salaires nets des travailleurs ; au contraire, cela risque d'affaiblir, voire de faire faillite les entreprises, et d'aggraver le chômage.
La productivité du travail au Vietnam figure actuellement parmi les plus faibles de la région Asie-Pacifique. Pourtant, le taux d'augmentation du salaire minimum est loin d'être négligeable. Dans ces conditions, aucune économie ne peut assurer sa pérennité, et encore moins améliorer sa compétitivité.
Comment améliorer la productivité du travail ? Cela dépend de nombreux facteurs, notamment l’éducation, l’investissement dans la science et la technologie, etc.
Selon VOV



