Quelle part du temps les jeunes consacrent-ils aux réseaux sociaux ?
J'ai récemment lu un article sur VTV24 qui m'a vraiment stupéfié : le Vietnam figure parmi les pays où le taux d'utilisateurs d'internet et des réseaux sociaux est le plus élevé au monde. Plus étonnant encore, selon le rapport annuel de l'Institut de recherche sur la jeunesse (Comité central de l'Union de la jeunesse) sur la jeunesse vietnamienne, près de 17 % des jeunes utilisent internet et les réseaux sociaux pendant huit heures ou plus par jour.

Phuoc Anh24 décembre 2025
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Le soir, toute la famille se réunit autour de la table. Les parents discutent de temps à autre du travail, de la famille et des voisins. Les enfants, petits et grands, mangent en faisant défiler leur téléphone, absorbés par des vidéos de mukbang sur TikTok. Quand on leur fait remarquer, ils lèvent les yeux, marmonnent un « oui », puis baissent aussitôt le regard pour faire défiler l'écran à nouveau.
On remarque que ces petits écrans accompagnent nos enfants du réveil jusqu'au coucher. Sur le chemin du retour de l'école, en attendant le dîner, avant d'aller au lit. Ils enchaînent les vidéos, des histoires d'inconnus aux drames sans aucun rapport avec leur propre vie. Le temps passe si vite qu'on a du mal à se souvenir de ce qu'ils ont fait de leur journée, à part… être en ligne !
Il y a quelques jours, j'ai lu un reportage sur VTV24 qui m'a profondément choqué : le Vietnam figure parmi les pays affichant les taux d'utilisateurs d'internet et des réseaux sociaux les plus élevés au monde. Plus alarmant encore, selon l'enquête annuelle menée auprès des jeunes Vietnamiens par l'Institut de recherche sur la jeunesse (Comité central de l'Union de la jeunesse), près de 17 % des jeunes passent huit heures ou plus par jour sur internet et les réseaux sociaux. Face à ce chiffre, certains pourraient se dire : « C'est comme ça de nos jours ! » ; mais comparé à la vie des adolescents, c'est véritablement inquiétant. Ces huit heures sont cruciales pour la jeunesse, pour la construction de leur personnalité et pour leurs premières expériences de vie. À quoi sert ce temps ? Et surtout, que leur enlève-t-on ?
Les réseaux sociaux offrent indéniablement de nombreux avantages : accès rapide à l’information, connexion étendue et accès au monde entier en un clic. Les jeunes d’aujourd’hui sont mieux informés, plus rapides et plus à l’aise avec les technologies, mais en contrepartie, ils vivent dans un rythme effréné et épuisant. L’information déferle sur les réseaux sociaux ; avant même qu’ils puissent l’assimiler, y réfléchir ou la synthétiser, ce flux les entraîne ailleurs. Ils se précipitent sur les nouvelles tendances avant même d’avoir pu ressentir pleinement la tristesse. Leur joie est éphémère, et aussitôt, un scandale retentissant les submerge. Peu à peu, la concentration devient un luxe. Nombre de jeunes trouvent la lecture d’un long article difficile et ennuyeuse ; ils s’impatientent lorsqu’on leur raconte une histoire ; et même les moments de calme et de réflexion leur laissent un sentiment de vide.
Il arrive que des adultes reprochent à leurs enfants d'être « accros à Internet » ou de « passer leurs journées sur leur téléphone ». Pourtant, à y regarder de plus près, on se rend compte que les adultes vivent exactement de la même manière ! Ils parlent en tenant leur téléphone, répondent à des messages en mangeant, consultent les réseaux sociaux en présence de leurs enfants. Lorsque les écrans accaparent tout le temps des adultes, il est difficile d'espérer que les enfants soient différents, difficile de leur expliquer que la vie réelle offre des expériences que les réseaux sociaux ne peuvent pas égaler : le plaisir de lire un livre en entier et d'en garder une impression durable, une promenade sans but précis l'après-midi, une conversation sans interruption due aux notifications… C'est dans ces petits moments que l'on apprend à penser par soi-même, à supporter la solitude et à comprendre ses propres émotions.
Nous ne nions pas la technologie, et nous ne sommes pas nostalgiques du « bon vieux temps ». Le monde a changé, et il est difficile de nier que les jeunes ne peuvent plus se passer d'internet. Par conséquent, le plus important pour chaque famille n'est peut-être pas l'interdiction, mais une véritable présence auprès de ses enfants. Les parents ne devraient pas se contenter de rappeler constamment à leurs enfants de limiter leur utilisation du téléphone, de les gronder ou de les menacer de les priver d'ordinateur. Ils devraient plutôt leur demander s'ils sont fatigués, stressés, ou si quelque chose en ligne les angoisse ou leur fait peur. Ils devraient également discuter des sujets d'actualité sur internet pour comprendre leurs pensées et leurs sentiments, faire preuve d'empathie et les guider. Le week-end, les familles devraient essayer de consacrer de courts moments de qualité ensemble, en faisant des promenades, des pique-niques ou en prenant un café… afin de renforcer leurs liens.
Chaque génération est confrontée à ses propres défis. Pour la génération actuelle, le défi n'est pas le manque d'information, mais son excès ; ce n'est pas le manque de lien social, mais l'hyperconnexion. Trouver un équilibre dans un monde qui nous attire sans cesse vers les écrans est peut-être une nouvelle forme de résilience pour les jeunes d'aujourd'hui.


