Ouvrez votre cœur à la bienveillance au bon endroit.

December 28, 2014 08:45

(Baonghean) - Quand on parle des indigents et des pauvres qui doivent mendier l'aumône auprès d'étrangers, tout le monde connaît la chanson folklorique « Qui est un mendiant ? / Je suis un mendiant / Affamé de nourriture, de vêtements en lambeaux, alors je deviens un mendiant. »

Cette chanson populaire, d'une part, appelle à la compassion envers les personnes démunies en rappelant que n'importe qui peut se retrouver à mendier lorsqu'il se trouve malheureusement dans une situation désespérée. Il est donc nécessaire de faire preuve d'empathie, de partager et de les aider. Car qui sait, un jour, malheureusement… nous pourrions avoir désespérément besoin d'une telle aide. D'autre part, la chanson vise également à affirmer que les mendiants doivent être véritablement « affamés et démunis », et non pas faire semblant. Que la faim et la misère peuvent être dues à la maladie ou à la vieillesse, à une incapacité totale de travailler et de gagner sa vie, et à l'absence totale de soutien. Ce n'est pas comme aujourd'hui, où beaucoup de gens ne sont ni vieux, ni faibles, ni gravement malades, mais plutôt jeunes et en bonne santé, et pourtant paresseux et réticents au travail, qui ont recours à la mendicité. Certains mettent même en place des réseaux qui transforment la mendicité en une profession avec des stratagèmes sophistiqués et cruels pour extorquer de l'argent aux autres. Il est nécessaire d'aborder ce sujet car, ces derniers jours, de nombreux débats publics ont eu lieu concernant les grandes villes. Certaines ont mis en œuvre des mesures, tandis que d'autres ont émis des directives visant à rassembler les sans-abri et à les placer dans des centres sociaux, à interdire la mendicité dans leurs quartiers et à inciter la population à ne pas donner d'argent aux mendiants. Les médias ont relayé ces mesures et publié des articles sur un ton favorable, appelant à la solidarité de la communauté. L'argument avancé est que donner de l'argent encourage les mendiants à errer, offrant ainsi à ceux qui sont « paresseux et avides » l'occasion d'exploiter et de tromper la générosité d'autrui. Si vous souhaitez faire un don, adressez-vous à des associations caritatives ou à des centres sociaux… Mais certains réagissent en affirmant que cela revient à « fermer la porte à la compassion », à « fermer la porte du cœur »…

Non, ce n'est pas cela. Il n'est pas question de fermer son cœur, contrairement à ce que certains croient à tort sous le coup de l'émotion. La compassion doit être placée au bon endroit. Elle doit à la fois aider et protéger les plus démunis, tout en promouvant la beauté et en luttant contre la laideur. Donner de l'argent aux mendiants sans discernement et sous le coup de l'émotion ne fera qu'encourager la mendicité et engendrer davantage d'exploiteurs. Les rues deviendront plus sordides et la société moins belle. Le mieux est de rassembler ces personnes en difficulté en un seul lieu et de prendre soin d'elles avec attention. Les personnes bienveillantes devraient se rendre dans ces lieux pour témoigner de leur compassion. Ce n'est pas fermer son cœur, mais l'ouvrir de la bonne manière et au bon endroit.

Confident

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Article paru dans le journal Nghe An

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