Le lien technique entre le missile Oreshnik et le système russe RS-24 Yars.
Les experts militaires ukrainiens estiment que le missile balistique à moyenne portée Oreshnik a été développé à partir des étages de propulsion du missile balistique intercontinental RS-24 Yars, ainsi que d'un système de guidage spécifique.
Une analyse récente menée par le projet LUFTLAGE et des experts militaires ukrainiens a révélé des détails importants sur la structure de l'Oreshnik, un missile balistique de moyenne portée que la Russie devrait mettre en service en 2024. Selon les chercheurs, ce système n'est pas une conception entièrement nouvelle, mais a été développé à partir de composants existants de l'arsenal d'armes stratégiques de la Fédération de Russie.
Sa conception s'inspire des missiles balistiques intercontinentaux.
À partir d'une analyse comparative des systèmes de missiles, les chercheurs ont conclu que l'Oreshnik pourrait être construit à partir des deuxième et troisième étages du missile balistique intercontinental RS-24 Yars. Cette approche optimisée permet de raccourcir les délais de développement et d'utiliser les chaînes de production existantes.

Depuis sa première apparition sur le champ de bataille, l'Oreshnik demeure un mystère, la Russie n'ayant jamais diffusé d'images officielles du missile ni de sa plateforme de lancement mobile. Cependant, des rapports du Pentagone datant de novembre 2024 indiquaient que l'Oreshnik était une variante expérimentale dérivée du prototype RS-26 Rubezh. Ce dernier est lui-même un système construit sur la plateforme du RS-24 Yars, mais de masse réduite.

Preuves techniques issues des fragments
Ce n'est qu'après la collecte et l'analyse des débris sur le site par des experts ukrainiens que des détails précis sur l'architecture de l'Oreshnik ont commencé à être révélés. Les artefacts ont mis au jour les vestiges d'un système de contrôle de propulsion de fusée utilisant un générateur de gaz à propergol solide. Ce système alimentait en continu le moteur de contrôle en gaz grâce à des vannes spécifiques.

Par ailleurs, les enquêteurs ont découvert un compartiment étanche contenant des équipements. Il s'agissait de la zone où étaient installés des systèmes sophistiqués de guidage et de navigation, garantissant la précision du missile en vol à grande vitesse.

Caractéristiques de l'ogive et charge utile de combat
Le point le plus controversé actuellement concerne la charge utile de l'ogive Oreshnik. Des images vidéo montrent 36 objets lumineux tombant en 6 groupes distincts, ce qui laisse supposer que le missile transporte 6 ogives, chacune contenant 6 sous-ogives. Cependant, les experts estiment que cette configuration présente d'importantes limitations physiques. Divisée de cette manière, chaque sous-ogive n'aurait qu'un diamètre de 10 à 13 cm environ.
Il est à noter que l'analyse du ministère ukrainien de la Défense a révélé que les projectiles n'étaient pas des projectiles à énergie cinétique en acier ou en tungstène, comme c'est généralement le cas. Il s'agissait en fait de lingots de fonte massifs. L'utilisation de ce matériau plutôt que d'alliages plus coûteux constitue un détail technique surprenant, probablement lié à des essais ou à une volonté d'optimiser les coûts de production en série en Russie à ce stade.
D'autres éléments confirment les similitudes entre les systèmes Oreshnik et Yars, notamment au niveau des véhicules de soutien logistique. Des images prises sur un site de déploiement en Biélorussie en 2026 montrent que les véhicules de soutien de l'unité opérationnelle Oreshnik présentent une conception et des caractéristiques identiques à celles des unités de missiles Yars.


