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États-Unis-Iran : un bras de fer sans fin ?

Thuc Linh, Dang Thi Huong Giang July 16, 2026 20:00

D'un côté, la première puissance militaire mondiale. De l'autre, une nation qui subit des décennies de pression. L'un souhaite changer le statu quo. L'autre refuse de céder.

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Effectuer:Huong Giang - Huu Quan16 juillet 2026

D'un côté, la première puissance militaire mondiale. De l'autre, une nation qui subit des décennies de pression. L'une souhaite changer le statu quo. L'autre est déterminée à ne pas céder.

Depuis plus de quarante ans, les États-Unis et l'Iran sont englués dans un cercle vicieux de confrontation sans fin. À chaque escalade des tensions, le risque de conflit devient criant. Mais c'est précisément dans ces moments-là, quand tout semble irréversible, que des signaux diplomatiques émergent.

C'est un jeu étrange, où aucun des deux camps n'a le pouvoir de contraindre l'autre à capituler, mais aucun n'est disposé à faire de compromis. Un lieu où missiles, sanctions et diplomatie coexistent dans un équilibre précaire.

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À chaque escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran, le risque de conflit devient manifeste. (Illustration : Special Eurasia)

Alors que les derniers développements continuent d'attiser les tensions au Moyen-Orient, alimentant les inquiétudes concernant le détroit d'Ormuz – une voie de passage énergétique vitale pour le monde –, la question plus importante est la suivante : les États-Unis et l'Iran vont-ils entrer dans une nouvelle confrontation ?

La vraie question est : cette lutte prendra-t-elle un jour véritablement fin ?

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Ces derniers jours, le Moyen-Orient a de nouveau été le théâtre d'événements qui ont tenu le monde en haleine. Les représailles réciproques, les avertissements fermes de Washington et de Téhéran, et les signes d'une présence militaire accrue dans la région… ont ravivé les craintes d'une escalade du conflit.

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L'image est une capture d'écran d'une vidéo diffusée par le CENTCOM, montrant une frappe aérienne américaine visant l'Iran. Photo : AFP

À cela s'ajoute l'inquiétude concernant le détroit d'Ormuz, une voie maritime qui ne représente qu'une courte distance.moins de 170 kmau point le plus étroit, mais effectue des transports environ tous les jours.1/5 de la consommation mondiale de pétroleLa simple menace de perturbation provoque une réaction immédiate des prix de l'énergie. De nombreuses institutions financières internationales ont averti que si le blocus d'Ormuz restait prolongé, le marché pétrolier mondial pourrait subir des chocs sans précédent, pouvant mener à des scénarios extrêmes.prix 200 $/baril.

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Un navire traverse le détroit d'Ormuz, vu du côté omanais, le 8 avril. Photo : AFP

Mais ce qui inquiète les observateurs, ce n'est pas seulement le prix du pétrole.

Plus frappant encore, après chaque escalade, les États-Unis et l'Iran envoient simultanément des signaux laissant ouverte la possibilité de négociations. Ce paradoxe semble difficile à expliquer, mais il s'agit en réalité d'un schéma récurrent dans les relations bilatérales depuis plus de quarante ans. Chaque confrontation est suivie d'un signal en faveur du dialogue, et chaque geste d'apaisement est suivi d'une recrudescence des tensions. Il ne s'agit pas d'une contradiction ; c'est la nature même de cette impasse.

Nombreux étaient ceux qui espéraient que les récentes frappes militaires américaines marqueraient un tournant, contraignant l'Iran à renoncer à ses ambitions nucléaires. Mais la réalité montre que si une installation nucléaire peut être détruite, une stratégie nationale ne se laisse pas facilement anéantir par des bombes et des balles.

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Le président Donald Trump dans le Bureau ovale, à la Maison-Blanche, le 13 juillet. Photo : AFP

Karim Sadjadpour, chercheur principalFondation Carnegie pour la paix internationale, a déclaré un jour que,Les mesures militaires pourraient ralentir le programme nucléaire iranien, mais il est peu probable qu'elles modifient les calculs stratégiques des dirigeants de Téhéran.

Selon lui, le programme nucléaire n'est pas qu'une question technologique, mais est aussi lié à la conception iranienne de la souveraineté, de la sécurité et du statut national. Autrement dit, Washington peut détruire une installation nucléaire, mais ne peut pas anéantir la détermination de Téhéran à poursuivre son programme nucléaire.

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À l'inverse, l'Iran n'a pas non plus atteint ses objectifs.

Ces mesures de représailles ont permis à Téhéran de démontrer qu'il est toujours capable d'inquiéter ses adversaires. Mais elles ne suffisent pas à contraindre les États-Unis à modifier leur stratégie au Moyen-Orient. Elles ne suffisent pas non plus à lever les sanctions. Et certainement pas à affaiblir le système d'alliances que Washington a tissé dans la région au fil des décennies. L'Iran peut certes faire payer un prix aux États-Unis, mais il ne peut pas encore les forcer à se retirer du conflit.

C’est pourquoi, malgré de nombreuses escalades, l’équilibre stratégique est resté pratiquement inchangé. Aucun des deux camps n’a remporté de victoire décisive. Mais aucun n’est prêt à céder.

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L'Iran aurait frappé un centre logistique desservant les forces américaines au Koweït le 15 juillet. Photo : l'incendie (en rouge) dans la zone de l'entrepôt touchée par le drone iranien. Graphique : NASA
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De l'extérieur, il pourrait sembler que Washington et Téhéran exercent une pression croissante l'un sur l'autre. Mais une analyse plus approfondie révèle que les deux pays sont liés par des « lignes rouges » qu'ils n'osent pas franchir.

Pour les États-Unis, l'Iran ne doit pas posséder l'arme nucléaire. C'est une limite que toutes les administrations américaines ont maintes fois affirmé ne pas accepter. Cependant, déclencher une guerre totale contre l'Iran n'est pas non plus une option facile. Les leçons tirées des conflits en Irak et en Afghanistan restent pertinentes. Des milliers de milliards de dollars ont été dépensés, des milliers de soldats ont perdu la vie, mais le coût de ces guerres fait encore l'objet de débats politiques aux États-Unis.

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L'escadron aérien embarqué américain (CVW) 7 vole en formation au-dessus de l'USS George H.W. Bush (CVN 77). Photo : AFP

De plus, étant donné que Washington doit simultanément allouer des ressources à de multiples priorités, allant de la compétition stratégique avec la Chine au conflit russo-ukrainien, s'enliser dans une autre guerre de grande ampleur au Moyen-Orient n'est clairement pas ce que souhaite la Maison Blanche.

De son côté, l'Iran comprend également très bien l'équilibre des pouvoirs.

Téhéran pourrait infliger des dommages aux États-Unis et à leurs alliés grâce à des missiles, des drones ou un réseau de forces pro-iraniennes dans la région. Cependant, les dirigeants iraniens comprennent également qu'une confrontation directe avec les États-Unis exercerait une pression immense sur une économie déjà fragilisée par des années de sanctions.

Toàn cảnh Quảng trường Enghelab ở Thủ đô Tehran (Iran) ngày 14/6. Ảnh: AFP
L’Iran subira une pression immense sur son économie, déjà fragilisée par des années de sanctions, s’il s’oppose directement aux États-Unis. (Photo : Place Enghelab à Téhéran, Iran, 14 juin. Photo : AFP)
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ProfesseurValise NasrUn spécialiste du Moyen-Orient de l'université Johns Hopkins et ancien conseiller principal du département d'État américain a déclaré que les relations américano-iraniennes ne se limitaient plus depuis longtemps à une simple compétition militaire. Le problème fondamental réside dans le fait que les deux parties perçoivent les concessions comme une atteinte à leur position stratégique, choisissant ainsi systématiquement d'accroître la pression tout en évitant une confrontation incontrôlable.

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Cette observation explique en partie pourquoi, après chaque escalade, la porte de la diplomatie ne se ferme pas complètement. Ce n'est pas parce que les deux parties se font davantage confiance, mais parce qu'elles comprennent toutes deux que le coût d'une guerre est bien supérieur à celui d'une confrontation prolongée.

Cela explique aussi pourquoi le détroit d'Ormuz se retrouve toujours au cœur des tensions. Ormuz n'est pas qu'une simple voie de navigation ; c'est le régulateur du marché mondial de l'énergie. Environ 20 % du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) transitent par ce passage étroit. Par conséquent, le marché réagit à toute perturbation potentielle avant même que la moindre goutte de pétrole ne soit interrompue.

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Environ 20 % du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) transitent par le détroit d'Ormuz. Photo : AFP

C’est pourquoi de nombreuses institutions financières internationales élaborent constamment des plans d’urgence. La banque JPMorgan avait averti que si le détroit d’Ormuz était bloqué pendant une période prolongée, les prix du pétrole pourraient atteindre des niveaux très élevés. Certains experts du secteur de l’énergie estiment également que, dans le pire des cas, le prix du pétrole pourrait facilement frôler les 200 dollars le baril.

Bien que cela reste une hypothèse extrême, cette simple possibilité suffit à inciter les grandes économies à suivre de près chaque mouvement de Washington et de Téhéran. En effet, le coût de la confrontation américano-iranienne ne se fait pas seulement sentir au Moyen-Orient. Il se répercute également sur les prix des carburants, les coûts de transport et l'inflation dans de nombreux pays du monde.

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Le coût de la confrontation entre les États-Unis et l'Iran se répercute également sur les prix de l'essence, les coûts de transport et les taux d'inflation dans de nombreux pays du monde. (Illustration : Getty Images)

Le professeur Liu Zhongmin de l'Université des langues étrangères de Shanghai a récemment estimé que cibler le détroit d'Ormuz constituait une manœuvre hautement stratégique. Cette décision illustre clairement le dilemme de Washington entre escalade militaire et apaisement diplomatique.

Il ne s'agit pas simplement d'un outil de pression sur l'Iran ou d'autres pays de la région. Plus important encore, les États-Unis souhaitent consolider leur position dominante dans l'établissement des règles maritimes. De ce fait, la confrontation bilatérale risque de prendre une tournure nouvelle et plus complexe.

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Il est intéressant de constater que plus on observe la confrontation entre les États-Unis et l'Iran, plus on prend conscience d'une réalité apparemment paradoxale : les deux camps veulent que l'autre change, mais aucun ne souhaite pousser l'autre à bout.

Pour Washington, l'objectif n'est pas seulement de stopper le programme nucléaire iranien. Il s'agit aussi de préserver l'ordre sécuritaire que les États-Unis et leurs alliés ont patiemment construit au Moyen-Orient au fil des décennies. Si l'Iran devenait une puissance nucléaire, l'équilibre des forces régional serait bouleversé. Israël se sentirait davantage menacé. Les États arabes du Golfe devraient revoir leurs stratégies de sécurité. Et le risque d'une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient ne serait plus une simple hypothèse. C'est un scénario que Washington s'efforce constamment d'éviter.

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Délégations américaine et iranienne lors de la réunion quadripartite entre les États-Unis, l'Iran, le Pakistan et le Qatar en Suisse le 21 juin. Photo : AFP

À l'inverse, Téhéran ne perçoit pas son programme nucléaire comme une simple question technologique. Il est aussi un symbole de souveraineté, d'autodétermination et de capacité à résister aux pressions extérieures. Par conséquent, tout recul peut être perçu comme une concession. Or, dans la politique du Moyen-Orient, les concessions sont parfois plus dangereuses que la confrontation.

Ali Vaez, directeur du projet Iran au sein de l'International Crisis Group, a déclaré que le plus dangereux actuellement n'est pas le choix actif des deux camps de faire la guerre, mais le risque qu'une série de représailles entraîne des erreurs d'appréciation, faisant ainsi dégénérer le conflit..

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Cette observation mérite réflexion. L'histoire des relations américano-iraniennes montre que la plupart des crises ne débutent pas par une décision de faire la guerre. Elles trouvent souvent leur origine dans des actions visant à… l'éviter. Une frappe aérienne dissuasive. Une frappe de représailles pour sauver la face. Une déclaration ferme pour rassurer les alliés. Mais ces mêmes mesures engendrent un nouveau cercle vicieux. Dans cette confrontation, le plus dangereux n'est pas l'intention de faire la guerre, mais la possibilité que les deux camps croient encore maîtriser la situation. C'est peut-être pourquoi, depuis plus de quarante ans, les relations américano-iraniennes n'ont jamais été véritablement apaisées. Tantôt ce sont des sanctions, tantôt des négociations, tantôt des attaques, tantôt des signaux diplomatiques. En apparence, il s'agit de situations différentes. Mais d'un point de vue stratégique, ce ne sont que différentes manifestations d'une même impasse.

Phó Tổng thống Mỹ JD Vance trả lời truyền thông sau vòng đàm phán cấp cao Mỹ - Iran tại Hội nghị thượng đỉnh hồ Lucerne, diễn ra ở khu nghỉ dưỡng Burgenstock (Thụy Sĩ) ngày 22/6. Ảnh: AFP
Le vice-président américain JD Vance s'adresse aux médias après les discussions de haut niveau entre les États-Unis et l'Iran au sommet du lac de Lucerne, qui s'est tenu dans la station balnéaire du Burgenstock en Suisse le 22 juin. Photo : AFP

Selon le professeur Fawaz Gerges, expert en politique du Moyen-Orient à la London School of Economics and Political Science (LSE), le Moyen-Orient entre dans une phase où le conflit n'est plus une guerre totale, mais plutôt une compétition prolongée par la dissuasion, la pression économique, les forces par procuration et les négociations diplomatiques.

Autrement dit...

La guerre n'est plus l'objectif. La dissuasion l'est. C'est pourquoi, chaque fois que le monde craint un conflit imminent au Moyen-Orient, la porte du dialogue s'ouvre inopinément. Non pas parce que les parties ont trouvé un terrain d'entente, mais parce qu'elles comprennent toutes que si cette porte se referme brutalement, le prix à payer sera insupportable.

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Chaque fois que le monde craint une épidémie imminente au Moyen-Orient, la porte du dialogue s'ouvre inopinément. (Illustration : AFP)
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