Les États-Unis lancent une nouvelle enquête sur le commerce mondial.
Le 12 mars au matin, les États-Unis ont annoncé de nouvelles enquêtes sur ce que Washington considère comme des « pratiques commerciales déloyales » de la part de dizaines de pays. Cette décision ouvre la voie à de nouvelles sanctions, notamment des droits de douane, alors que le président américain Donald Trump s'efforce de trouver des solutions alternatives après le rejet par la Cour suprême de précédentes mesures douanières générales.

Deux nouvelles pistes de recherche.
S'adressant aux journalistes, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré que l'administration Trump menait des enquêtes distinctes axées sur deux problèmes principaux : la surcapacité industrielle et les importations de biens liés au travail forcé.
La première enquête sur les surcapacités de production a ciblé l'Union européenne (UE), la Chine, le Japon, l'Inde et plusieurs autres économies.
Un représentant du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a souligné que l'enquête « porterait sur les économies où les États-Unis disposent de preuves de surcapacité structurelle et d'excédents de production dans divers secteurs manufacturiers ». Cependant, l'agence n'a pas précisé si les sanctions finales différeraient d'un pays à l'autre.
La deuxième enquête devrait être lancée dès l'après-midi du 13 mars (heure américaine) et devrait concerner environ 60 partenaires commerciaux.
Base juridique et contexte
Ces initiatives interviennent quelques semaines seulement après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé la politique tarifaire internationale du président Trump. La Cour a statué que ce dernier avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant ses prérogatives économiques d'urgence pour imposer des droits de douane à la plupart des pays.
Immédiatement après la décision, Trump a imposé un nouveau droit de douane de 10 % sur les importations. Cette mesure temporaire, qui devrait rester en vigueur jusqu'au 24 juillet, vise à donner aux autorités le temps d'élaborer des mesures plus pérennes pour rétablir la politique commerciale du gouvernement.
Les deux enquêtes récemment publiées ont été menées par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) et relèvent de l'article 301 de la loi de 1974 sur le commerce. C'est sur ce même fondement juridique que le président Trump s'est appuyé pour imposer des droits de douane sur les importations chinoises durant son premier mandat. Il convient de noter que les droits de douane spécifiques imposés par Trump sur des secteurs tels que l'acier, l'aluminium et l'automobile n'ont pas été affectés par la récente décision de la Cour suprême.
Incidence sur les accords existants
L'ouverture de cette enquête par les États-Unis risque d'exacerber les tensions avec leurs principaux partenaires commerciaux. Il convient de noter que nombre des pays visés ont déjà conclu des accords tarifaires avec Washington. Toutefois, Greer a affirmé que ces accords sont totalement indépendants des enquêtes en cours et que les États-Unis ont la possibilité de les réexaminer et de les rééquilibrer au cours de la procédure.
Un représentant du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a exprimé l'espoir que d'autres enquêtes similaires soient menées « pays par pays » à l'avenir, et l'objectif de Washington est de conclure les enquêtes en cours « le plus rapidement possible », idéalement avant l'expiration du tarif provisoire de 10 % à la fin du mois de juillet.
Washington s'intéresse également de près à d'autres questions, comme la taxation des services numériques et le prix des médicaments. Cette dernière mesure commerciale de l'administration Trump intervient juste avant la rencontre prévue entre le président Trump et le président chinois Xi Jinping à Pékin en avril prochain.


