Les États-Unis lancent des frappes aériennes contre l'Iran pour le troisième jour consécutif.
Les États-Unis ont poursuivi leurs frappes aériennes de grande envergure contre l'Iran pour le troisième jour consécutif, tout en annonçant le rétablissement du blocus des ports de Téhéran et leur intention d'imposer une taxe de 20 % sur les marchandises transitant par le détroit d'Ormuz. Ces dernières mesures prises par Washington ont exacerbé les tensions au Moyen-Orient, entraînant une flambée des prix mondiaux du pétrole et faisant craindre un conflit plus étendu.

Aux premières heures du 14 juillet, l'armée américaine a poursuivi sa campagne de frappes aériennes, qui a duré environ cinq heures, ciblant plusieurs objectifs à travers l'Iran, notamment les zones côtières de Bushehr et de Bandar Abbas. Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que l'opération visait à « affaiblir la capacité de l'Iran à attaquer les voies maritimes commerciales ».
S'exprimant à la Maison Blanche, le président Donald Trump a déclaré que Washington riposterait avec force contre l'Iran dans les prochains jours si les tensions continuaient de s'aggraver. Il a toutefois laissé entendre qu'un accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit restait possible.
Immédiatement après les frappes aériennes américaines, le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a annoncé avoir lancé des missiles et des drones visant Bahreïn, notamment un complexe résidentiel pour les forces américaines et plusieurs autres installations.
L'Iran n'a pas seulement ciblé Bahreïn : ses attaques se sont étendues à plusieurs alliés des États-Unis dans la région. La Jordanie a déclaré que sa défense aérienne avait abattu quatre missiles iraniens. Auparavant, les Gardiens de la révolution iraniens avaient revendiqué des attaques contre Bahreïn, la Jordanie, le Koweït et Oman.
L'Iran insiste sur le fait qu'il ne cible que les intérêts militaires américains dans le Golfe, tout en avertissant que tout pays coopérant avec Washington pourrait être considéré comme « prêt à la guerre ».
Selon les Émirats arabes unis (EAU), l'Iran a également attaqué deux navires opérant dans le détroit d'Ormuz, tuant un membre d'équipage.
Les tensions se sont particulièrement exacerbées après que le président Trump a annoncé que les États-Unis réimposeraient un blocus des ports iraniens à partir de 20 heures GMT le 14 juillet et « reprendraient » le contrôle du détroit d'Ormuz – une voie maritime stratégique qui transporte environ un cinquième du pétrole commercial mondial.
Par ailleurs, Trump a annoncé son intention d'imposer une taxe de 20 % sur toutes les marchandises transitant par le détroit. Cette annonce a immédiatement suscité une vive réaction de Téhéran, l'Iran accusant Washington de « piraterie ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi sur les réseaux sociaux en affirmant que la perception de droits de passage est justifiée si un pays garantit la sécurité maritime, mais que « 20 % est clairement excessif ». De son côté, Washington s’oppose depuis longtemps à toute mesure prévoyant l’imposition de droits de passage aux navires traversant le détroit d’Ormuz, invoquant des dispositions du droit international.
La Maison Blanche a confirmé la semaine dernière que le président Trump avait officiellement notifié le Congrès de la reprise des opérations militaires américaines contre l'Iran, autorisant ainsi le Pentagone à poursuivre ses opérations dans la région pendant 60 jours supplémentaires sans nouvelle approbation du Congrès.
Outre sa campagne dans le détroit d'Ormuz, Trump a également menacé de détruire l'installation nucléaire souterraine de Pickaxe Mountain, près de Natanz, où les services de renseignement occidentaux soupçonnent l'Iran de construire une installation d'enrichissement d'uranium non divulguée.
Malgré l'escalade du conflit, le président américain a affirmé que la possibilité de parvenir à un accord de paix avec Téhéran restait ouverte. Cependant, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré que le mémorandum signé par les deux parties en juin – qui constitue la base du processus de négociation – est désormais en crise.
Selon Baqaei, l'Iran cessera d'honorer ses engagements si les États-Unis se désengagent également des leurs. Téhéran maintient néanmoins le contact par l'intermédiaire de pays comme le Qatar, le Pakistan et Oman afin d'éviter que le conflit ne dégénère.
Les derniers développements ont eu un impact significatif sur le marché mondial de l'énergie. Les prix mondiaux du pétrole ont augmenté de plus de 9 % le 13 juillet et ont continué de progresser de plus de 1 % le 14 juillet, les investisseurs s'inquiétant du risque de rupture d'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient. Les experts estiment que l'escalade continue des hostilités de part et d'autre compromet de plus en plus les perspectives d'un accord de paix durable.


