Les États-Unis mettent en place une unité de drones Lucas bon marché pour contrer l'Iran.
Le CENTCOM a créé le TFSS pour exploiter le drone LUCAS, au prix de 35 000 $ par unité, un Shahed-136 rétro-conçu, capable de lancement multiplateforme et de déploiement en essaim ; déployé au Moyen-Orient.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé le 3 décembre l'activation de la Task Force Scorpion Strike (TFSS), une unité spécialisée dans l'utilisation des drones d'attaque unidirectionnels LUCAS, un drone à bas coût développé à partir du modèle iranien Shahed-136. Selon un responsable américain, l'objectif est de « renverser la situation » face à Téhéran dans un contexte d'escalade des conflits par drones au Moyen-Orient. Ce système, dont le coût unitaire est estimé à environ 35 000 dollars, permet des lancements multiplateformes et des opérations de combat en essaim.
Aperçu : La première unité de drones kamikazes américaine
Le TFSS opère sous l'autorité du Commandement central des opérations spéciales (SOCCENT) et supervise les missions des forces spéciales américaines au Moyen-Orient. La Force opérationnelle interarmées de déploiement rapide (REJTF), créée en septembre, participe à l'accélération du déploiement des moyens sur le terrain. Selon un responsable américain, le TFSS comprend une vingtaine de soldats d'élite ; la quantité d'équipements livrés est qualifiée de « suffisante pour assurer un niveau de capacité significatif ».

Analyse technique : Échantillons Lucas provenant de Shahed-136, optimaux en termes de coût et d'échelle.
Le LUCAS (Low-Cost Uncrewed Combat Attack System) est un drone de combat sans pilote à configuration delta, d'une longueur d'environ 3 mètres et d'une envergure de 2,4 mètres. Un responsable américain a admis que l'armée américaine avait procédé à une rétro-ingénierie du modèle Shahed-136 capturé, créant ainsi une plateforme très similaire. La différence réside dans l'ensemble technologique permettant une coordination autonome, adaptée aux tactiques d'attaque en essaim et aux opérations de commandement et de contrôle en réseau.
D'après le capitaine de vaisseau Tim Hawkins, le système LUCAS coûte environ 35 000 dollars l'unité, l'objectif étant une déploiement à grande échelle à un coût bien inférieur à celui des systèmes à longue portée traditionnels. Côté déploiement, le LUCAS peut être lancé depuis des catapultes, des systèmes de lancement et de décollage de missiles (RATO), des plateformes terrestres mobiles, des véhicules et des navires de guerre.

LUCAS utilise un système d'alimentation double 12 V/28 V et un réseau de contrôle de charge utile intégré, permettant un pilotage flexible de l'équipement en vol. Le système peut se connecter à MUSIC (Multi-UAV System Information Coordination) pour coordonner les formations, partager des données tactiques ou servir de passerelle de communication entre l'unité et le commandement.

Comparaison technique : Shahed-136 et conception apparentée du FLM 136
Pour situer le système LUCAS dans son contexte, les données du portail ODIN de l'armée américaine indiquent que le Shahed-136 est équipé d'un moteur à combustion interne de 50 chevaux, atteint une vitesse maximale d'environ 185 km/h, possède une portée de 2 000 km et une ogive de 40 kg ; il cible principalement des cibles fixes selon une trajectoire préprogrammée. Une infographie de la Defense Intelligence Agency (DIA) fournit des informations complémentaires sur le Shahed-136 et ses variantes.

Le site web de SpektreWorks présente la conception du drone cible FLM 136, qui affiche une portée maximale d'environ 715 km et une autonomie de vol de 6 heures. Les spécifications opérationnelles complètes du drone militarisé LUCAS ne sont pas encore disponibles dans la documentation.
| Système | Spécifications clés | Source |
|---|---|---|
| Shahed-136 | Moteur de 50 chevaux ; 185 km/h ; autonomie jusqu'à 2 000 km ; ogive de 40 kg. | ODIN/DIA |
| FLM 136 (lié à Lucas) | Distance : environ 715 km ; durée du vol : 6 heures | SpektreWorks |
| LUCAS | Dimensions : 3 m/2,4 m ; Coût : environ 35 000 USD ; Méthode de lancement : catapulte/RATO/plateforme mobile/navire de guerre ; Coordination via MUSIC | Responsables du CENTCOM et des États-Unis |
Tactiques et objectifs d'utilisation
Le système LUCAS vise à compenser le désavantage économique de la défense aérienne face aux attaques de saturation. Selon des responsables américains, les États-Unis s'inspirent des méthodes de leur adversaire pour dissuader l'Iran, en utilisant les mêmes techniques d'attaque. Des drones peu coûteux peuvent épuiser les stocks de missiles antiaériens onéreux, ouvrant la voie à des frappes ultérieures.
La flexibilité des méthodes de lancement permet un déploiement près des lignes de front, augmentant ainsi la densité et l'effet de surprise de la puissance de feu. La capacité de coordination en essaims et de partage de données permet d'adapter les formations en fonction des réponses de la défense aérienne ennemie, ce qui convient aux tactiques de saturation et aux systèmes en réseau.
État et étendue du déploiement
Selon des responsables américains, la TFSS n'a pas encore utilisé le système LUCAS au combat, mais a procédé à des tirs d'essai dans la région. Malgré le cessez-le-feu en vigueur, les forces houthies au Yémen sont considérées comme une option potentielle en cas de besoin. Les avantages du système LUCAS s'inscrivent également dans l'objectif militaire américain plus large : accroître la portée et l'envergure de la puissance de feu à longue portée grâce à des systèmes peu coûteux et faciles à fabriquer.
Perspectives techniques
D'après une analyse précédente de TWZ, l'architecture ouverte de LUCAS facilite les mises à niveau : technologies de positionnement modernes pour une meilleure résistance à la guerre électronique ; intégration de l'intelligence artificielle pour une navigation autonome indépendante du GPS ; et capacités de ciblage dynamique. Il s'agit d'évaluations prévisionnelles ; les paramètres précis n'ont pas été divulgués dans la source actuelle.
Globalement, la mise en place par le CENTCOM du TFSS avec la plateforme LUCAS reflète une approche rentable : augmentation des effectifs, exploitation des lancements multiplateformes et coordination du réseau pour contrer les menaces des drones à bas coût au Moyen-Orient.


