Les États-Unis, la Russie et la Chine négocient le contrôle des armements nucléaires.
La Russie, les États-Unis et la Chine discutent d'un nouveau traité sur les armes nucléaires à Genève, en Suisse.

Selon Reuters, un haut responsable du gouvernement américain a confirmé que des représentants de Washington ont rencontré directement des délégations russes et chinoises à Zurich, en Suisse, le 23 février, afin de discuter du contrôle des armements nucléaires et de la réduction des risques stratégiques. Cette initiative, rare, a réuni les trois plus grandes puissances nucléaires mondiales, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques.
Selon Reuters, citant des sources du département d'État américain, les discussions ont porté sur trois axes principaux : la transparence des arsenaux nucléaires. Les États-Unis continuent de faire pression sur la Chine pour qu'elle divulgue les informations relatives à l'expansion rapide de son arsenal nucléaire. Pour la Russie, l'objectif est de rétablir certaines dispositions du traité New START, qui avaient été suspendues.
Les parties ont discuté de l'établissement de règles relatives à la « zone rouge », garantissant que les humains, et non l'intelligence artificielle (IA), conservent toujours le contrôle ultime des décisions de lancement d'armes nucléaires.
Un accord préliminaire a été conclu sur la notification préalable mutuelle des tirs d'essai de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) afin d'éviter les malentendus qui pourraient conduire à un conflit involontaire.
Du côté américain, sous la direction de la secrétaire d'État adjointe au contrôle des armements, Mallory Stewart, la délégation a souligné que « le maintien de canaux de communication ouverts n'est pas un privilège, mais une responsabilité pour la stabilité mondiale ».
Du côté chinois, la délégation de Pékin a maintenu une position prudente, affirmant que les grandes puissances possédant les plus importants arsenaux, à savoir les États-Unis et la Russie, devaient assumer la responsabilité première des réductions avant d'exiger d'autres pays qu'ils adhèrent à des traités multilatéraux.
Du côté russe, Moscou a exprimé sa volonté de discuter de la question, mais a posé comme condition que toute discussion sur la stabilité stratégique prenne en compte le « contexte de sécurité plus large », notamment la présence de l'OTAN en Europe de l'Est.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie était prête à discuter des questions de sécurité dans le cadre du dialogue sur la stabilité stratégique et attendait la même chose des autres pays.
Bien que la réunion n'ait pas abouti immédiatement à la signature d'un traité, les analystes y voient une « petite victoire » pour la diplomatie. Le traité New START devant expirer définitivement en 2026, le retour des parties à la table des négociations est un signe positif pour prévenir une course aux armements nucléaires incontrôlée.
Dans la période à venir, les parties ont convenu de mettre en place un « groupe de travail technique » afin d'examiner plus en détail l'annonce de l'essai de missile et prévoient une réunion de plus haut niveau à l'été 2026 à Vienne, en Autriche.


