Les États-Unis reconnaissent le risque d'être impuissants face aux attaques de drones en essaim sur leur territoire.

Thanh VinhAugust 16, 2026 11:57

Les responsables du Commandement Nord des États-Unis ont confirmé que l'armée ne dispose pas encore de suffisamment de capteurs et d'armes pour intercepter les attaques en essaim de drones camouflés directement sur le sol américain.

Le lieutenant-général Joseph Jarrard, commandant adjoint du Commandement Nord (NORTHCOM) et du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), vient de publier une déclaration reconnaissant que les États-Unis ne sont pas encore en mesure d'empêcher les attaques massives de drones sur leur territoire. Selon le lieu de l'attaque, l'armée américaine ne dispose actuellement ni des systèmes de détection ni des armes d'interception spécialisées nécessaires pour réagir efficacement.

Lacunes dans la chaîne d'approvisionnement des composants de consommation à double usage.

La plus grande menace pour les systèmes de défense nationaux provient de la double nature de la technologie des drones commerciaux. Des composants de base tels que les contrôleurs de vol, les moteurs sans balais et les composants d'intelligence artificielle (IA) intégrés peuvent être facilement achetés sur le marché libre, sans les réglementations strictes imposées aux armes militaires.

D'après une analyse de l'Académie militaire de West Point, l'accès facilité aux composants de drones disponibles dans le commerce réduit l'écart en matière de capacités de combat aérien entre les forces armées régulières et les organisations non étatiques. Ces appareils, dépourvus de numéros d'identification militaire, empêchent les autorités de retracer leur origine avant leur activation.

En réalité, même les drones non explosifs sont capables de causer d'importants dégâts économiques et de perturber les infrastructures. En 2018, l'apparition d'un drone non identifié à l'aéroport de Gatwick (Royaume-Uni) a contraint les autorités à fermer l'aéroport pendant 33 heures, entraînant l'annulation d'environ 1 000 vols et des dégâts estimés à plus de 65 millions de dollars. Aux États-Unis, les données de la Federal Aviation Administration (FAA) montrent que le nombre d'observations de drones non autorisés à proximité des aéroports est passé de 320 au premier trimestre 2026 à 601 au deuxième trimestre 2026.

Cách thức ngụy trang và triển khai drone trong chiến dịch Mạng Nhện
Méthodes de camouflage et de déploiement des drones lors de l'opération « Toile d'araignée ». Photo : The Guardian

Outre les infrastructures aéroportuaires, le réseau électrique est lui aussi confronté à des risques importants. Avec plus de 70 000 sous-stations électriques réparties sur l’ensemble du territoire américain, la protection de l’espace aérien autour de ces cibles représente un défi considérable. En 2020, un drone civil modifié aurait été impliqué dans une tentative de court-circuit d’une sous-station en Pennsylvanie.

La tendance des rampes de lancement camouflées et la course effrénée aux technologies.

Bien que les solutions défensives restent incomplètes, la technologie de déploiement des drones furtifs évolue rapidement. De nombreuses grandes entreprises de défense ont expérimenté de manière proactive des méthodes de lancement de drones dissimulés dans des conteneurs maritimes standard afin d'optimiser l'effet de surprise.

Phóng drone Shahed-136 từ container hoán cải
Lancement d'un drone Shahed-136. Photo de : Tasnim

En juillet 2026, la société allemande Rheinmetall a présenté le drone FV-014, capable de décoller directement depuis des conteneurs transportés par des camions en mouvement. Ces systèmes peuvent rester en veille au milieu du trafic commercial normal sans laisser de signature radar ou infrarouge avant leur lancement. De même, le drone iranien Shahed-136 utilise également un mécanisme de lancement par conteneur modifié, ce qui rend sa détection précoce très difficile.

Aux États-Unis, le département de la Défense collabore également avec des entreprises pour développer des systèmes de lancement en essaim. Le drone Blitz de DZYNE en est un parfait exemple : il permet le déploiement simultané de jusqu’à 100 drones à partir d’un seul conteneur. La capacité de ces lanceurs camouflés à se fondre dans les systèmes logistiques civils rend leur détection et leur neutralisation particulièrement difficiles à résoudre pour les forces de défense aérienne.

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Les États-Unis reconnaissent le risque d'être impuissants face aux attaques de drones en essaim sur leur territoire.
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