Les États-Unis et l'Iran menacent de reprendre les hostilités avant l'expiration de leur cessez-le-feu.
Le cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran touche à sa fin. Alors que l'issue des prochaines négociations au Pakistan reste incertaine, Washington et Téhéran ont tous deux lancé de fermes avertissements quant à la possibilité d'une reprise du conflit. Les perturbations dans le détroit d'Ormuz et les sanctions économiques font grimper les prix mondiaux du pétrole, tandis que les répercussions de la guerre continuent de peser lourdement sur toute la région.

Les négociations sont au point mort et les menaces militaires sont imminentes.
La confrontation entre les États-Unis et l'Iran se trouve à un tournant critique, le cessez-le-feu prévu arrivant à échéance dans la nuit du 21 avril (heure de Téhéran). Bien que la Maison Blanche ait confirmé l'arrivée « prochaine » à Islamabad, au Pakistan, de la délégation américaine conduite par le vice-président J.D. Vance, accompagnée des négociateurs Jared Kushner et Steve Witkoff, pour entamer le deuxième cycle de pourparlers, l'Iran refuse jusqu'à présent de confirmer sa participation.
Téhéran accuse Washington de violer l'accord de cessez-le-feu en maintenant le blocus des ports iraniens et en arraisonnant des navires de marchandises. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait dirigé la délégation de négociation au Pakistan, a publié des déclarations fermes.
En imposant un blocus et en violant le cessez-le-feu, Trump cherche à transformer ces négociations en une table de capitulation ou en un prétexte pour reprendre les hostilités. Nous n'acceptons aucune négociation sous la menace. Ces deux dernières semaines, l'Iran s'est préparé à déployer de nouveaux atouts sur le champ de bataille.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf
De son côté, le président américain Donald Trump est resté inflexible. Il a affirmé que les États-Unis ne lèveraient pas le blocus des ports iraniens tant que Téhéran n'aurait pas accepté un accord de paix global, incluant des concessions sur son programme nucléaire controversé. Selon Trump, le blocus coûte à l'Iran 500 millions de dollars par jour, une somme « insoutenable même à court terme ». Il a également averti que si le cessez-le-feu expire sans accord, « un déluge de bombes s'abattra sur le pays ».
Par ailleurs, la question du traitement des stocks d'uranium enrichi de Téhéran devient un point de blocage majeur. Bien que Washington affirme que l'Iran a accepté de céder ces stocks, le ministère iranien des Affaires étrangères dément catégoriquement cette affirmation, assurant que le transfert d'uranium « n'a jamais été proposé comme option » lors des négociations.

Répercussions mondiales et développements interdépendants au Moyen-Orient
Le risque d'un conflit militaire direct entre les États-Unis et l'Iran ne se limite pas à la région, mais engendre des répercussions importantes sur l'économie mondiale. La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran le week-end dernier et l'attaque par la marine américaine d'un cargo iranien à proximité de cette voie maritime vitale, suivie de sa saisie, ont fortement perturbé les marchés de l'énergie.
Les prix mondiaux du pétrole ont bondi de près de 6 % en début de semaine. Le Brent a atteint 94 dollars le baril, tandis que le WTI s'est établi à 86 dollars le baril. Face à cette situation, le gouvernement néerlandais a été contraint de débloquer en urgence plus de 950 millions d'euros (environ 1,1 milliard de dollars) pour soutenir les entreprises et les particuliers confrontés à la flambée des prix des carburants depuis le début de la guerre.
La communauté internationale exprime sa profonde inquiétude. Le président français Emmanuel Macron a qualifié le blocus du détroit d'Ormuz par les États-Unis et l'Iran d'« erreur des deux côtés ». De son côté, le président chinois Xi Jinping, lors d'un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a souligné la nécessité de maintenir un trafic maritime normal dans le détroit et a appelé à une reprise rapide des négociations. Le gouvernement russe a également exhorté les États-Unis et l'Iran à prolonger le cessez-le-feu afin de favoriser les efforts diplomatiques.
Par ailleurs, la situation entre Israël et le Liban suscite également l'attention. Selon les statistiques du gouvernement libanais, les attaques israéliennes menées ces six dernières semaines ont fait au moins 2 387 morts. Malgré un cessez-le-feu distinct établi entre Israël et le Hezbollah, des violences sporadiques persistent. Le récent raid de drone israélien sur la ville de Qaqaiyat al-Jisr en est un exemple frappant.
Le 23 avril, les États-Unis devraient jouer un rôle de médiateur à Washington lors d'une nouvelle série de pourparlers entre Israël et le Liban. Le président libanais Joseph Aoun a affirmé que ces discussions étaient « totalement indépendantes » des négociations américano-iraniennes, l'objectif final étant de mettre fin à l'occupation israélienne du Sud-Liban. De son côté, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré que son groupe poursuivrait ses efforts pour perturber la « Ligne jaune » israélienne au sud, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir le cessez-le-feu.


