2014 - Un « désastre » pour les victimes du conflit
(Baonghean) - Dans un rapport récemment publié à Londres (Angleterre), Amnesty International a déclaré que 2014 avait été une année « désastreuse » pour les victimes des conflits dans le monde entier.
D'après un rapport de l'organisation non gouvernementale Amensty évaluant la situation des droits humains dans 160 pays, 35 d'entre eux connaissent de graves violations des droits humains. Ces violations sont souvent perpétrées par des groupes armés tels que l'État islamique (EI), le groupe Sahel ou le groupe terroriste Boko Haram.
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| Tentes de réfugiés en Turquie, le 30 janvier 2015. Photo : AFP |
Lors d'une conférence de presse à Londres, Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International, a déclaré que 2014 avait été une année « tumultueuse », marquée par une série de conflits en Syrie, en Ukraine, à Gaza et au Nigéria, qui ont fait des millions de morts parmi les civils et contraint environ 15 millions de personnes à fuir leurs foyers. Salil a souligné que ce nombre de réfugiés « est probablement le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».
M. Salil a déclaré : « 2014 a été une année désastreuse pour des millions de personnes directement touchées par les conflits. » Il a également reproché à la communauté internationale sa lenteur et son inefficacité dans la réponse aux violations des droits de l’homme. Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général a condamné « l’échec catastrophique des dirigeants mondiaux à protéger leurs populations ».
M. Salil a également critiqué le Conseil de sécurité des Nations Unies – une organisation créée pour protéger les civils et garantir la paix et la sécurité – pour son échec désastreux et son incapacité à remplir ses missions. De plus, M. Salil a accusé les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, la Russie et la Chine – d'abus répétés de pouvoir, notamment de leur droit de veto, en échange d'avantages politiques ou géopolitiques pour leurs pays, compromettant ainsi la protection de leurs citoyens.
C’est pourquoi Amnesty International souhaite promouvoir l’adoption d’un « Code de conduite » par lequel les membres permanents du Conseil de sécurité renonceraient volontairement à leur droit de veto en cas de génocide, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Cette proposition, qui n’est pas nouvelle, bénéficie du soutien de 70 pays. Amnesty espère ainsi faire de ce code de conduite une réalité et contribuer à améliorer les droits de 7 milliards de personnes dans le monde.
Philip Luther, directeur d'Amensty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, partage également cet avis. Il soutient que l'abandon du droit de veto permettrait à la Cour pénale internationale de poursuivre les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis dans des régions comme la Syrie et l'Irak. Par ailleurs, Amensty exhorte les pays à ratifier le Traité sur le commerce des armes signé en 2014.
Interrogé sur la situation des droits de l'homme dans le monde en 2015, Amensty s'est montré peu optimiste quant à la protection de ces droits, d'autant plus que de plus en plus de personnes étaient contraintes de vivre sous le contrôle de groupes armés et que les conflits ne montraient aucun signe d'apaisement.
Chu Thanh
(Selon Libération, 26 février)



