« Si Assad meurt, toute la Syrie sera baignée de sang. »
D’après les experts, les frappes aériennes occidentales planifiées en Syrie ne viseront que des objectifs militaires, de renseignement et gouvernementaux, mais ne modifieront pas l’équilibre des pouvoirs dans le pays.
Par conséquent, toute frappe aérienne, si elle devait avoir lieu, aurait pour but de punir le président Bachar al-Assad et de lui adresser un message, plutôt que d'anéantir les forces gouvernementales ou de donner aux rebelles un avantage décisif.

Des images diffusées par l'opposition syrienne montrent une fumée blanche que l'on pense être du gaz toxique utilisé par l'armée syrienne lors d'une attaque à l'arme chimique contre Damas le 21 août (Source : AFP).
« Les cibles spécifiques incluraient les quartiers généraux dans la région de Damas, les casernes militaires et les installations soutenant les divisions de la Garde républicaine, ainsi que les unités gouvernementales soupçonnées d'être impliquées dans des attaques contre des zones civiles », a analysé Jeffrey White, du Washington Institute for Far Eastern Policy. « Les forces alliées pourraient également frapper les quartiers généraux militaires et de renseignement de haut niveau, ainsi que les centres de commandement associés aux opérations militaires autour de la capitale. »
La Garde républicaine, réputée comme l'unité d'élite et la mieux équipée du gouvernement, est commandée par le frère du président, Maher al-Assad. Elle est également chargée de la protection de la capitale.
Washington et ses alliés font pression pour une action militaire contre le régime d'Assad suite aux informations faisant état de possibles attaques chimiques meurtrières, mais la Russie et l'Iran ont mis en garde contre les conséquences désastreuses qu'entraînerait une attaque occidentale contre Damas.
Selon des analystes, les États-Unis pourraient lancer des missiles de croisière depuis des sous-marins, des navires de guerre et des avions situés hors du territoire et des eaux territoriales syriennes. Le général français Vincent Desportes, ancien directeur de l'École de guerre, a déclaré à l'AFP que toute frappe aérienne aurait « une portée plus symbolique qu'efficace pour modifier l'équilibre des forces ».

« Il s'agit de rétablir la confiance des Occidentaux. Ils ont fixé une ligne rouge infranchissable, mais jusqu'à présent, ils n'ont rien fait, et s'ils ne font rien, la confiance envers les États-Unis s'érodera, notamment sur la question iranienne. »
Mais les attaques ne seraient pas d'une trop grande ampleur, car si le président Assad était tué ou si le régime actuel s'effondrait, ce serait un bain de sang et un chaos national. Ce serait un échec stratégique, comme ce qui s'est passé en Libye.
Desportes a indiqué que les frappes aériennes seraient brèves et cibleraient des lieux symboliques tels que des bâtiments gouvernementaux, des centres de commandement militaire, des bases aériennes, voire le palais présidentiel, à condition de s'assurer qu'Assad n'y soit pas présent.
D'après les analystes, les révélations stratégiques en provenance des pays occidentaux laissent entendre que les frappes aériennes seront limitées dans le temps et l'espace, insuffisantes pour détruire complètement l'infrastructure militaire syrienne et créer un avantage décisif pour les rebelles.
Christopher Harmer, expert naval à l'Institute for the Study of War, a déclaré qu'une seule frappe de missile Tomahawk ne suffirait pas à détruire toutes les armes chimiques de la Syrie.
La marine américaine dispose actuellement d'environ 200 missiles Tomahawk répartis sur quatre navires de guerre au large des côtes méditerranéennes, une puissance de feu qui, selon Harmer, est plus que suffisante pour mener une frappe de moyenne envergure et de haute intensité contre de multiples cibles en Syrie.
Selon (Vietnam+) - DT


