La Russie accorde un brevet pour le système Arena-M destiné à aider les chars à détruire les drones FPV.
Le bureau d'études russe de construction mécanique a développé un nouvel algorithme radar pour le système Arena-M, permettant aux chars de combat principaux de détecter et d'intercepter avec précision les drones FPV.
L'Institut fédéral de la propriété industrielle de Russie (FIPS) vient de publier des documents détaillant une avancée majeure dans l'industrie de défense russe en matière de protection des blindés. Plus précisément, le bureau d'études de construction mécanique (KBM) de Kolomna a obtenu un brevet pour une méthode de fonctionnement améliorée du système de protection active Arena-M (APS).
Solutions techniques pour contrer les attaques de drones.
Cette initiative est perçue comme une réponse directe au défi existentiel auquel sont confrontés les chars modernes, car les drones FPV se révèlent de plus en plus efficaces sur le champ de bataille et transforment le paysage de la guerre des chars et des véhicules blindés.

Le brevet n° 2853544, en vigueur depuis le 23 mai, vise à remédier à la vulnérabilité des chars face aux drones de petite taille, lents et peu coûteux. Dans le contexte de l'intégration du système Arena-M par l'armée russe sur des chars de combat principaux tels que le T-72B3M et le T-90M, ce dépôt illustre une évolution majeure, passant de mesures rudimentaires comme les cages d'acier à un système de défense intégré basé sur des algorithmes intelligents.
Algorithme de verrouillage de cible multicouche
Le document décrit un processus amélioré permettant au système de protection active (APS) de suivre et d'intercepter les menaces avec une plus grande précision. Le radar du char balaie la zone en continu et détecte les objets lorsqu'ils franchissent un seuil d'alerte prédéfini. Le système enregistre immédiatement la position, la vitesse et l'horodatage de la cible.

En fonction des données recueillies, le processeur ajuste les seuils d'alerte à mesure que le char se rapproche, créant ainsi un mécanisme de verrouillage continu de la cible jusqu'à ce qu'elle pénètre dans la zone de destruction. À cet endroit, les obus intercepteurs explosent, projetant des éclats qui neutralisent la cible.
L'avancée majeure réside dans sa capacité à identifier les drones multirotors. Le radar alterne entre une capacité de balayage longue portée pour les missiles et une capacité de balayage courte portée pour les drones. Au lieu de rechercher le corps du drone, dont la signature radar est faible, le radar identifie les signaux distinctifs émis par les hélices en rotation, ce qui lui permet de détecter des cibles même lorsqu'elles volent lentement ou en vol stationnaire.
Avantages tactiques et défis pratiques
En théorie, cette combinaison crée une zone de protection hémisphérique d'un rayon de plusieurs dizaines de mètres autour du réservoir. L'utilisation des capteurs existants permet de limiter le besoin d'installer des équipements supplémentaires encombrants.

Cependant, les observateurs notent qu'il subsiste un écart entre les brevets et les opérations sur le terrain. Les micro-drones fabriqués à partir de matériaux à faible réflectivité radar et volant à basse altitude constituent toujours un défi majeur. De plus, le risque de fausses alertes pourrait entraîner un gaspillage des munitions défensives limitées et mettre en danger l'infanterie d'escorte.
Le système ne résout pas entièrement le problème de la vulnérabilité du sommet de la tourelle, une cible fréquente des projectiles à attaque par le haut et des drones en piqué. L'ajout de cages d'acier passives perturbe parfois le balayage radar, ce qui complexifie l'intégration pour les ingénieurs militaires russes.


