La Russie attaque des cibles à Lviv avec des missiles Oreshnik : analyse technique et portée.
Pour la deuxième fois, la Russie a déployé le missile balistique à moyenne portée Oreshnik, se déplaçant à Mach 10. Cette arme est capable d'emporter plusieurs ogives et menace des cibles stratégiques en Europe.
La Russie vient de lancer son deuxième missile balistique à portée intermédiaire Orechnik sur le territoire ukrainien depuis le début du conflit en 2022. Cette frappe militaire a eu lieu dans l'ouest de l'Ukraine, visant directement la ville de Lviv, située à un peu plus de 60 km de la frontière polonaise, membre de l'OTAN. Les observateurs considèrent cette attaque comme un avertissement stratégique adressé à l'alliance militaire occidentale.
Détails de l'attaque et objectifs stratégiques
Selon un communiqué du ministère russe de la Défense, l'attaque visait des infrastructures énergétiques et des usines de fabrication de drones. Ces infrastructures sont essentielles aux capacités de défense et de contre-offensive actuelles de l'Ukraine. De leur côté, les autorités de Lviv ont confirmé que des infrastructures critiques avaient été endommagées par plusieurs fortes explosions, mais n'ont fait état d'aucune victime.
La situation géographique de Lviv revêt une importance géopolitique sensible. Située à seulement une heure de route de la frontière polonaise, la frappe du missile Oreshnik démontre que l'arsenal russe est capable d'atteindre avec précision les pays membres de l'OTAN en Europe.
Spécifications techniques : Oreshnik et son raccordement au réseau RS-26 Rubezh
Le missile Oreshnik (qui signifie « aubépine ») est considéré par les experts militaires internationaux, y compris le Pentagone, comme une version modifiée du missile balistique intercontinental (ICBM) RS-26 Rubezh. Le RS-26 a été développé par la Russie à partir de 2008, mais l'Oreshnik a été perfectionné pour atteindre des cibles à moyenne portée.

En termes de dimensions, l'Oreshnik a une circonférence d'environ 1,06 mètre, nettement inférieure aux 1,8 mètre du Rubezh. Bien que classé comme missile à moyenne portée, les responsables américains estiment que l'Oreshnik pourrait avoir une portée réelle de 5 500 km, suffisante pour couvrir une grande partie du continent européen. Lors de l'attaque de Lviv, le missile a parcouru environ 1 600 km depuis la base de Kapustin Yar.
L’analyse des fragments effectuée par l’Institut médico-légal de Kyiv a notamment révélé que l’Oreshnik n’utilisait pas de microprocesseurs de pointe. L’arme reposait plutôt sur des conceptions et des composants éprouvés de l’époque de la Guerre froide, optimisés pour les environnements de combat modernes.
Technologie de puissance hypersonique et MIRV (véhicule à rentrée multiple).
L'aspect le plus terrifiant de l'Oreshnik réside dans sa vitesse et sa trajectoire. Ce missile atteint des vitesses hypersoniques d'environ 13 000 km/h (soit environ dix fois la vitesse du son). Après son lancement, il jaillit de l'atmosphère avant de plonger verticalement vers sa cible à une vitesse extrêmement élevée, sous l'effet de la gravité.

Le missile Oreshnik est doté de la technologie MIRV (véhicule à rentrée multiple). Un missile principal peut emporter six ogives distinctes. Chaque ogive libère ensuite quatre à six sous-munitions, créant une rafale dense à l'approche de la cible. Cette caractéristique rend quasiment impossible l'interception simultanée de toutes les ogives par les systèmes de défense aérienne ukrainiens actuels.
Le contexte géopolitique et l'effondrement des traités nucléaires.
Le tir de missile a eu lieu dans un contexte d'expiration du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), qui interdisait les missiles comme l'Oreshnik, suite au retrait des États-Unis en 2019. Moscou a déclaré qu'il s'agissait d'une réponse aux menaces de l'Ukraine et de l'Occident, et a affirmé qu'elle intensifiait la production de ce type d'arme.
Bien que l'Orechnik soit capable d'emporter des ogives nucléaires, la Russie n'a utilisé que des ogives conventionnelles lors de ses attaques contre l'Ukraine. Le déploiement d'une arme stratégique aussi coûteuse que l'Orechnik est perçu comme une tentative du Kremlin de démontrer son autonomie en matière de technologies de défense, malgré les sanctions économiques imposées par l'Occident.


