La Russie et le Bélarus ont procédé à des tirs de six types de missiles nucléaires lors d'un exercice militaire conjoint.
Le ministère russe de la Défense a confirmé le succès du lancement de six missiles nucléaires, allant du missile balistique intercontinental Yars au missile hypersonique Zircon, lors d'exercices à grande échelle avec le Bélarus.
Les forces armées russes et biélorusses viennent de terminer la deuxième phase d'un exercice nucléaire de grande envergure, marquée par le tir réussi de six systèmes de missiles capables d'emporter des ogives nucléaires. L'opération s'est déroulée de l'Europe de l'Est à l'océan Pacifique et a mobilisé un large éventail de moyens de déploiement, des silos et sous-marins aux aéronefs, navires de guerre et lanceurs terrestres.
Analyse des systèmes de missiles stratégiques
Le système de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) RS-24 Yars est l'arme la plus puissante jamais testée. Un missile tiré du cosmodrome de Plesetsk a détruit une cible simulée sur un polygone d'essais de la péninsule du Kamtchatka. Actuellement, le RS-24 Yars constitue l'épine dorsale de la force de dissuasion nucléaire terrestre russe, avec près de 150 lanceurs déployés au sein de huit divisions stratégiques.

La principale différence entre le Yars et ses prédécesseurs réside dans sa capacité à emporter plusieurs ogives à têtes multiples indépendantes (MIRV). Outre la version mobile, un petit nombre de ces missiles sont installés dans des silos fortifiés pour fonctionner conjointement avec le super-missile RS-28 Sarmat, dont la mise en service est prévue d'ici la fin de l'année.
En mer, un sous-marin nucléaire stratégique de classe Delta IV a lancé un missile balistique R-29RMU2 Sineva. Bien que plus petit que les missiles de classe Bulava embarqués sur les sous-marins de classe Borei, le Sineva garantit une portée couvrant l'Europe et les États-Unis, même depuis l'océan Arctique. Chaque missile peut emporter jusqu'à quatre ogives nucléaires, préservant ainsi la capacité opérationnelle de la classe Delta IV jusqu'au milieu des années 2030.
Armes tactiques et technologie hypersonique
Dans le cadre du traité de partage nucléaire, l'armée biélorusse a procédé à un tir d'essai du missile balistique Iskander-M sur le polygone de Kapoustine Yar. Il s'agit du principal système de missiles d'attaque au sol à courte portée du Bélarus. Parallèlement, l'armée de l'air russe a déployé la version aéroportée du missile Kinzhal sur des chasseurs MiG-31K/I et le missile de croisière furtif Kh-101/102 sur des bombardiers stratégiques Tu-95MS.

Le missile de croisière hypersonique 3M22 Zircon a notamment été lancé depuis la frégate Amiral Gorshkov en mer de Barents. Avec une vitesse maximale de Mach 9 et une trajectoire de vol flexible, le Zircon représente désormais un défi de taille pour tout système de défense. Son intégration sur les frégates de classe Yasen et les sous-marins nucléaires renforce considérablement la capacité de la Russie à mener des frappes nucléaires tactiques à distance.


