Société

Le soldat Trường Sơn et son histoire après son retour chez lui.

Hoai Thu - Thanh Phuc July 26, 2026 10:10

Plus d'un demi-siècle après avoir quitté le front de Trường Sơn, Nguyễn Đức Ngũ, invalide de guerre, conserve encore le souvenir de ses actes héroïques. Avec la force de caractère inébranlable d'un soldat, il a surmonté ses blessures et a écrit un magnifique récit sur une génération qui a consacré sa jeunesse à la paix, incarnant aujourd'hui la compassion et la loyauté exemplaire de l'Armée de Hô Chi Minh.

16 ansLes monts Trường Sơn ravagés par les flammes

Fin juillet, alors que le temps sec et ensoleillé s'étendait sur Luong Son, nous avons visité la petite maison de M. Nguyen Duc Ngu, un ancien combattant qui a passé les meilleures années de sa vie en campagnes militaires. Cette petite maison, nichée dans le village de Thong Nhat, où chaque matin le soleil filtre encore à travers les arbres, est celle où le vieux soldat Nguyen Duc Ngu coule des jours paisibles avec sa femme après près d'un siècle d'une vie mouvementée.

bna_1985.jpg
Le 27 juillet, les responsables de la commune de Luong Son ont rendu visite à la famille de Nguyen Duc Ngu, invalide de guerre, et lui ont offert des cadeaux en signe de gratitude. Photo : HT

À l'occasion de la Journée des Invalides de Guerre et des Martyrs (27 juillet), une délégation de représentants de la commune de Luong Son, conduite par M. Tran Kim Doan, président du Comité populaire de la commune, a rendu visite à M. et Mme Ngu et leur a offert des présents. Dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse, des paroles de gratitude ont été prononcées. Après la rencontre, lorsque la maison a retrouvé son calme habituel, M. Ngu a délicatement sorti la prestigieuse Médaille du Soldat, soigneusement placée dans un cadre en verre.

Les mains du vétéran, marquées par le temps, effleurèrent la vitre. Ce n'était pas seulement un souvenir commémorant ses années de service militaire, mais aussi un lien avec les souvenirs de sa jeunesse laissés sur le champ de bataille.

À ses côtés, Mme Hoang Thi Hong écoutait en silence le récit de son mari. Leurs deux têtes grises se côtoyaient dans leur petite maison, image simple d'une amitié profonde après les grands bouleversements de la vie. À 92 ans, M. Ngu se souvient encore clairement de chaque lieu, de chaque voyage, de chaque camarade qui a combattu à ses côtés durant ces années éprouvantes. Mais lorsqu'il évoque la guerre, il ne s'attarde guère sur ses propres dangers ou pertes. D'une voix calme, il dit simplement : « À l'époque, le pays avait besoin de moi, alors je suis parti. »

bna_2015.jpg
Mme Hoang Thi Hong était assise en silence, écoutant le récit de son mari. Photo : HT

Ayant perdu ses parents très jeune, l'enfance de Nguyen Duc Ngu fut marquée par les épreuves et les privations. Pourtant, lorsque son pays eut besoin de lui, ce jeune homme décida de mettre de côté ses sentiments personnels et de s'engager. En 1959, peu après son mariage, avant même que sa première fille n'ait un an, il reçut son ordre de conscription. Quittant sa patrie, il laissa derrière lui sa jeune épouse et son bébé, emportant avec lui le fardeau d'un soldat partant à la guerre sans savoir quand il reviendrait. Ce périple dura seize ans, ponctué d'innombrables journées sur le champ de bataille, ses seuls repères étant la foi et le sens des responsabilités.

Après deux mois d'entraînement à Nam Dan, il fut muté à Quang Tri, où il servit le long du fleuve historique Hien Luong. En tant que soldat des transmissions, il n'affrontait pas directement l'ennemi au corps à corps, mais il était présent dans les zones de bombardements les plus intenses afin de garantir une communication ininterrompue. Pour un soldat des transmissions, une ligne coupée pouvait compromettre toute une bataille ; un signal retardé pouvait changer le cours du combat. C'est pourquoi, sous une pluie de bombes et de balles, ils se battaient en protégeant chaque ligne et chaque équipement de communication comme s'il s'agissait de la vie de leurs camarades en première ligne.

Durant ces années, M. Ngu a été blessé à deux reprises par des explosions de bombes et des éclats d'obus. Avant même que ses blessures ne soient guéries et que sa peau ne les ait entièrement recouvertes, il a demandé à réintégrer son unité.

Alors que la guerre de résistance contre les États-Unis entrait dans sa phase la plus intense, il continua d'assurer ses missions internationales au sein du héroïque 35e régiment. Dix années passées au Laos et au Cambodge furent un long périple semé d'embûches. Le soldat chargé des transmissions portait constamment sur ses épaules une lourde radio, et il l'accompagnait lors de longs trajets à travers forêts et cours d'eau pour maintenir une communication ininterrompue entre le champ de bataille et le gouvernement central. Durant ces mois, il ne se contenta pas d'accomplir son devoir de soldat, mais vécut également parmi les populations des pays voisins, aidant les tribus laotiennes et cambodgiennes aux côtés de ses camarades.

img_20260726_072423.jpg
M. Nguyen Duc Ngu raconte ses années de combat au Laos et au Cambodge aux autorités de la commune de Luong Son. Photo : HT

Seize années loin de chez lui signifiaient presque aucune nouvelle de sa famille. La guerre empêchait le courrier d'arriver à destination, et les retrouvailles étaient devenues un luxe. Il aspirait au jour où il pourrait rentrer, revoir les siens et vivre des jours paisibles après des années de combats. Mais ce jour du retour, derrière la joie de la paix, s'ouvrait un autre chemin : celui où le vieux soldat devait apprendre à accepter les changements que la guerre avait laissés dans sa vie.

Le jour du retour et le voyage qui consiste à continuer d'écrire sa vie.

En 1975, après seize années de service militaire, M. Nguyen Duc Ngu rentra dans sa ville natale, alors que le pays était entièrement réunifié. Après de longues années passées sur le champ de bataille, son retour aurait dû être un moment de retrouvailles, un apogée pour un soldat ayant enduré tant d'épreuves. Mais la guerre n'a pas seulement laissé des cratères de bombes et des blessures sur les corps des soldats, elle a aussi creusé un vide immense et difficile à combler dans la vie d'innombrables familles.

Après seize années d'attente vaine, sans savoir s'il était vivant ou mort sur un champ de bataille lointain, sa jeune épouse dut se remarier pour avoir un soutien. Leur fille, encore bébé à son départ, était désormais une jeune fille de seize ans engagée dans les Forces de volontaires de la jeunesse.

img_20260726_072428.jpg
Des journalistes du journal, de la radio et de la télévision Nghe An ont interviewé le vétéran Nguyen Duc Ngu. Photo : Ville.

Face à cette réalité, M. Ngu accepta tout avec la sérénité de celui qui avait franchi la frontière entre la vie et la mort ; avec la compassion d'un mari qui comprenait les sacrifices silencieux de sa femme, qui avait élevé seule leurs enfants et porté le fardeau de la famille pendant les années de son absence.

Cette compassion l'aida à traverser les premiers jours de désolation qui suivirent la guerre. Puis, un an plus tard, au milieu du tumulte de la vie quotidienne, il rencontra Mme Hoang Thi Hong, une femme qui portait elle aussi les douloureuses cicatrices de la guerre. Mme Hong était enseignante ; elle aussi avait vu son mari partir à la guerre et ne le reverrait jamais.

Devenue l'épouse d'un soldat tombé au combat, elle a porté seule le fardeau de la vie, élevant ses enfants et endurant en silence des années d'épreuves. Deux personnes ayant subi des pertes et des sacrifices dans des camps opposés de la guerre ont trouvé l'empathie et une compréhension mutuelle. Ils se sont unis non pas avec de grandes promesses, mais avec la compréhension réciproque de deux âmes ayant traversé de grandes épreuves et qui désiraient toutes deux un partenaire sur lequel s'appuyer et avec qui partager leurs dernières années.

Leurs débuts ensemble ne furent pas sans difficultés. Après de nombreuses années de combats, le soldat, de retour chez lui, ne possédait presque rien d'autre que son sac à dos et ses souvenirs. Ses papiers militaires, perdus pendant la guerre, empêchèrent le versement immédiat de sa pension d'invalidité.

La vie de famille devint encore plus difficile. Mais pour M. Ngu, les épreuves ne furent jamais une raison de baisser les bras. Les qualités de soldat qui lui avaient permis de tenir bon sous les bombes et les balles devinrent son socle pour surmonter les difficultés quotidiennes. Le couple travailla ensemble pour défricher les terres, cultiver la terre, élever du bétail et bâtir peu à peu leur vie. Dans les premiers temps de disette, ils s'encourageaient mutuellement, convaincus qu'à force de travail, la vie finirait par s'améliorer.

photoeditorpro_1785025402563.jpg
Les membres de l'Association des anciens combattants de la commune de Luong Son participent activement à la construction de mouvements locaux. Photo : CSCC

Partis de rien, le couple a élevé cinq enfants – quatre filles et un garçon – jusqu'à l'âge adulte. Pour lui, c'est le plus grand accomplissement de sa vie après des années de dévouement à la patrie. Ce ne sont ni les médailles ni les titres qu'il a reçus, mais la maturité et la piété filiale de ses enfants qui apportent à ce vieux soldat la plus grande joie et le plus grand contentement.

Aujourd'hui, dans sa petite maison de la commune de Luong Son, M. Nguyen Duc Ngu mène une vie simple avec sa compagne, avec qui il partage sa vie depuis un demi-siècle. Ses enfants et petits-enfants sont adultes, ont une vie stable et reviennent souvent passer du temps avec leurs grands-parents. Pour celui qui a affronté la vie et la mort à maintes reprises sur le champ de bataille, ces repas de famille et ces simples souvenirs sont le plus grand bonheur après des années d'épreuves.

0 0 0
x
Le soldat Trường Sơn et son histoire après son retour chez lui.
Google News
ALIMENTÉ PARGRATUITCMS- UN PRODUIT DENEKO