Les producteurs de chrysanthèmes sont dans la dernière ligne droite de leur saison de floraison du Têt.
À la mi-décembre, les producteurs de chrysanthèmes abordent la dernière ligne droite de leur culture des fleurs du Têt. C'est le moment le plus crucial de toute la saison, car même quelques jours de retard, que les fleurs éclosent tôt ou tard, entraînent une perte de revenus importante.

Dans le champ de Hen, dans la commune de Yen Thanh, la plus grande zone de culture concentrée de chrysanthèmes du Têt de la région, l'activité est intense du matin au soir. Entre les rangées de chrysanthèmes, on peut voir les agriculteurs enrouler consciencieusement des filets autour de chaque bouton floral.
La tâche peut paraître simple, mais elle exige méticulosité et patience. Le petit filet est habilement placé sur le bouton, ce qui permet à la fleur de s'épanouir harmonieusement par la suite, empêche les pétales de se désaligner et préserve sa forme ronde – un facteur crucial qui détermine son prix de vente pendant le Têt (Nouvel An lunaire).

M. Phan Sy Cuong, propriétaire d'un des plus grands champs de chrysanthèmes de la région de Hen, a indiqué que cette année, sa famille a audacieusement étendu sa culture à 2 hectares. Pour sécuriser le terrain, il le loue à des agriculteurs locaux au prix de 20 millions de VND par hectare et par an. Il s'agit d'un investissement conséquent, sans compter le coût des semences, des engrais, des pesticides, de l'électricité pour l'éclairage et de la main-d'œuvre.

D'après M. Cuong, la culture des chrysanthèmes pour le Têt (Nouvel An lunaire) exige une grande expérience. Depuis début octobre, sa famille a semé plusieurs lots de graines afin d'étaler la récolte et ainsi avoir des fleurs à vendre dès le début du douzième mois lunaire, ainsi qu'une quantité importante pour le Nouvel An lunaire. « Le plus important est d'adapter les soins pour que les fleurs fleurissent exactement à temps pour le Têt. Si elles fleurissent quelques jours trop tôt, le prix baisse ; si elles fleurissent quelques jours trop tard, c'est une perte totale », explique M. Cuong.

Cette année, les conditions météorologiques ont été globalement favorables, avec un hiver long et sec, ce qui a allégé la charge de travail des horticulteurs. Cependant, l'apparition généralisée de maladies fongiques sur les plantes inquiète les producteurs, les obligeant à intensifier les traitements phytosanitaires. Les coûts ont donc considérablement augmenté. Néanmoins, le prix des fleurs en début de saison est plutôt prometteur. Début décembre, les chrysanthèmes étaient achetés par les négociants directement au jardin pour environ 3 500 VND la plante, un prix jugé élevé par rapport aux années précédentes.
À côté du champ de fleurs de M. Cuong se trouve un jardin de chrysanthèmes d'un hectare et demi appartenant à la famille de M. Phan Quoc Nam. Le champ est lui aussi en pleine floraison, et de nombreux ouvriers s'affairent à recouvrir les rangées de fleurs de filets et à surveiller attentivement chaque parterre. M. Nam explique que chaque saison de floraison dure plus de trois mois, mais que le travail est quasiment incessant.

« Cultiver des chrysanthèmes pour le Têt exige de la rigueur, du travail et une parfaite maîtrise des techniques. Du pincement des extrémités et de la taille des branches à l'ajustement de l'exposition au soleil et à la lutte contre les ravageurs et les maladies, chaque étape doit être réalisée au bon moment », a expliqué M. Nam.
D'après M. Nam, de toutes les étapes, la plus délicate consiste à maîtriser la floraison afin que les fleurs éclosent au moment opportun. Les horticulteurs doivent suivre de près l'évolution quotidienne des conditions météorologiques et s'appuyer sur leur longue expérience pour ajuster l'arrosage, la durée d'éclairage artificiel et le besoin d'ombrage si nécessaire.

Le champ de Hen compte actuellement environ 5 hectares de culture intensive de chrysanthèmes pour le Têt (Nouvel An lunaire), avec 3 familles qui se consacrent à la production à grande échelle. Il est également le principal fournisseur de chrysanthèmes pour le Têt sur le marché, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'ancien district de Yen Thanh.
Non seulement à Yen Thanh, mais aussi dans de nombreuses autres régions de la province où l'on cultive des chrysanthèmes, la période de culture optimale entre dans sa phase de pointe. Dans la commune de Dien Chau, la famille de M. Nguyen Van An cultive cette année 8 sao (environ 0,8 hectare) de chrysanthèmes et espère fournir près de 100 000 plants au marché pendant le Nouvel An lunaire.
M. An a indiqué qu'après les tempêtes, le temps s'est stabilisé et les précipitations ont diminué, créant ainsi des conditions favorables à la croissance des fleurs. Toutefois, les horticulteurs ne doivent pas relâcher leur vigilance, car une seule vague de froid intense ou des pluies prolongées au mauvais moment pourraient anéantir toute la récolte.

Les chrysanthèmes sont depuis longtemps des fleurs incontournables du Nouvel An lunaire vietnamien, non seulement pour l'encens ou la décoration des maisons, mais aussi pour les valeurs symboliques qu'ils incarnent. Ils symbolisent la longévité, la chance et la résilience ; leur jaune éclatant évoque chaleur et prospérité, et porte des vœux de paix, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année. Face à cette forte demande, à l'approche du Têt, les agriculteurs soignent avec attention chaque plant de chrysanthème, espérant proposer les plus belles fleurs sur les marchés. Pour les horticulteurs, c'est l'espoir d'une récolte abondante, la récompense de mois de dur labeur, d'expérience et de prises de risques face aux aléas climatiques et commerciaux.


