L'origine et la signification des chapelets dans le bouddhisme
(Baonghean.vn) – À l’instar des cloches et des claquettes en bois, les chapelets ne sont qu’un des innombrables moyens de la pratique bouddhiste. Dans le bouddhisme, tous les objets rituels sont des moyens. Cependant, leur création n’est pas fortuite. Chaque forme d’objet possède, bien sûr, sa propre signification symbolique.
L'origine et la quantité des chapelets
Les hindous qui vénèrent le dieu Shiva utilisent des graines appelées rudraksha pour confectionner des chapelets. La légende raconte qu'un jour, le dieu contempla le monde et fut ému aux larmes par la souffrance indicible de tous les êtres vivants. De ces larmes naquirent des arbres aux graines d'un rouge profond.
On utilisait ces perles pour confectionner des chapelets, en souvenir du cœur compatissant du dieu Shiva. Ce sont les perles de diamant que nous utilisons encore aujourd'hui pour fabriquer des chapelets.
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Cependant, dans les écritures bouddhistes, l'origine des chapelets et la pratique de la récitation des prières sont principalement basées sur les enseignements du Bouddha au roi Paluli, tels qu'ils sont consignés dans le Sutta de Muxuanzi.
Le Sutta du Bouddha raconte : « Un jour, le Bouddha et ses disciples voyageaient dans le mont Grdhrakùta, au royaume de Rajagrha. Le roi de Rajagrha, nommé Balala, envoya des messagers au Bouddha pour lui demander sa compassion particulière et lui prodiguer des enseignements essentiels afin qu'ils puissent pratiquer aisément et se libérer de toute souffrance dans leurs vies futures. »
Le Bouddha chargea son messager d'informer le roi que, pour surmonter les épreuves et les conséquences du karma, il devait confectionner un chapelet de 108 grains à partir des graines de l'arbre Terminalia catappa et le porter en permanence. Qu'il marche, soit assis ou couché, il devait se concentrer pleinement, sans distraction, en récitant les noms du Bouddha, du Dharma et du Sangha, grain après grain. Il devait ainsi réciter chaque grain un à un, dix, vingt, cent, mille, et ainsi de suite jusqu'à des centaines de milliers, voire des millions de grains.
Dans un chapelet, il existe une perle appelée Sumeru ou Meru, souvent désignée comme la perle Meru ou la perle Amitabha. Il s'agit de la 109e perle, marquant la fin du cercle. Selon le rituel, lors de l'égrenage du chapelet, il ne faut pas dépasser cette perle ; une fois atteinte, il faut compter à rebours.
Si l'on parvient à accomplir deux cent mille répétitions sans distraction mentale ni pensées illusoires, alors, en quittant ce corps, on renaîtra dans le troisième royaume du Ciel Flamboyant. Là, on connaîtra naturellement une paix et un bonheur constants. Si l'on parvient à accomplir un million de répétitions supplémentaires, on rompra définitivement cent huit liens karmiques, atteignant ainsi le fruit de l'Entrée dans le Courant (inversant le cycle des naissances et des morts), progressant vers le Nirvana, éradiquant la racine des souffrances et atteignant le fruit suprême.
C’est de là que provient le chapelet bouddhiste. Les moines portent souvent des chapelets sur eux comme un trésor précieux, un outil important pour les soutenir dans leur étude des enseignements bouddhistes.
La signification des chapelets
En fonction des valeurs numériques qu'elle symbolise selon les croyances bouddhistes, la signification symbolique d'un chapelet comportant un nombre différent de grains varie également.

- Le chapelet de 108 perles symbolise l'accomplissement des 108 pratiques de Samadhi qui éliminent les 108 afflictions.
- Le chapelet de 54 perles symbolise les 54 étapes de la pratique spirituelle d'un bodhisattva, à savoir les Dix Foi, les Dix Demeures, les Dix Pratiques, les Dix Dédicaces, les Dix Fondements et les Quatre Racines Vertueuses.
- Le chapelet de 42 perles symbolise les 42 étapes de la pratique spirituelle d'un bodhisattva, à savoir les Dix Demeures, les Dix Pratiques, les Dix Dédicaces, les Dix Fondements, l'Éveil et l'Éveil Suprême.
- Le chapelet de 27 perles symbolise les 27 étapes de la pratique Hinayana des Quatre Fruits de l'Éveil, à savoir les 18 étapes des Quatre Fruits de l'Éveil suivies des 9 étapes du Quatrième Fruit de l'Arhatship.
- Le chapelet de 21 perles symbolise les 21 étapes, à savoir les Dix Étapes de l'Éveil, les Dix Paramitas et l'atteinte de la bouddhéité.
- Le collier de 14 perles symbolise les 14 Pratiques Intrépides du Bodhisattva Avalokiteshvara.
- Le collier de 1 080 perles représente les 10 royaumes, chaque royaume ayant 108 perles, soit un total de 1 080.
De nombreuses personnes pensent que les chapelets à 36 et 18 grains ne symbolisent aucune numérologie bouddhiste particulière et qu'ils sont analogues au chapelet à 108 grains. Elles affirment que, par commodité, ce dernier est divisé en trois chapelets à 36 grains ou six chapelets à 18 grains, sans que cela ait de signification symbolique plus profonde.



