Le Japon a enregistré 887 faillites d'entreprises en janvier 2026.
Au Japon, le nombre de faillites a augmenté de 5,6 % pour atteindre son plus haut niveau en 13 ans, en raison de la hausse des coûts de main-d'œuvre et de l'aggravation de la pénurie de personnel.
D'après une enquête de Tokyo Shoko Research publiée le 9 février, le nombre de faillites au Japon en janvier 2026 a augmenté de 5,6 % par rapport à la même période l'année précédente, pour atteindre 887 cas. Il s'agit du chiffre le plus élevé enregistré en janvier depuis 2013, témoignant des difficultés rencontrées par les petites entreprises face à la hausse des salaires et au resserrement du marché du travail.
Augmentation des coûts de main-d'œuvre
Sur l'ensemble des faillites, 19 entreprises ont invoqué la flambée des coûts de main-d'œuvre comme principale cause de leur fermeture, soit trois fois plus qu'un an auparavant. Par ailleurs, 36 entreprises ont signalé des pénuries de main-d'œuvre comme facteur déterminant de leur échec, ce qui représente la première hausse de cet indicateur en huit mois.

L’institut de recherche Tokyo Shoko a déclaré : « De nombreuses petites entreprises peinent actuellement à faire face à la hausse des coûts des intrants et à la pénurie de main-d’œuvre. Les besoins en capitaux devant augmenter d’ici la fin de l’exercice fiscal en mars, le nombre de faillites devrait poursuivre sa légère hausse. »
Contexte des salaires et de l'inflation
Les données économiques montrent qu'au Japon, les salaires réels ont baissé de 0,1 % en décembre 2025 par rapport à l'année précédente. Bien que toujours négatifs, ces chiffres représentent une amélioration significative par rapport au recul de 1,6 % enregistré en novembre 2025, grâce au ralentissement de l'inflation et à la hausse constante des primes des travailleurs.
| Indicateurs économiques (à fin 2025) | Valeur / Volatilité |
|---|---|
| Nombre de faillites en janvier 2026 | 887 cas (+5,6%) |
| Salaire réel pour novembre 2025 | -1,6% |
| Salaire réel pour décembre 2025 | -0,1% |
| taux d'intérêt de la Banque du Japon (BOJ) | 0,75% |
Au Japon, l'inflation sous-jacente dépasse l'objectif de 2 % fixé par la banque centrale depuis près de quatre ans. Face à cette situation, les entreprises ont été contraintes d'augmenter leurs prix pour compenser la hausse du coût des matières premières. La grave pénurie de main-d'œuvre les a également obligées à augmenter les salaires, même si la croissance des revenus n'a pas encore suivi le rythme de l'inflation.
Politiques et perspectives de soutien monétaire
La Première ministre Sanae Takaichi, élue aux élections législatives du 8 février, s'est engagée à mettre en œuvre des mesures de soutien aux petites entreprises pour augmenter les salaires, dans le cadre d'une stratégie visant à accroître le revenu des ménages. Cependant, des experts ont mis en garde contre les risques liés aux fluctuations des taux de change.
Yoshiki Shinke, économiste principal à l'Institut de recherche Dai-ichi Life, prévoit que les salaires réels pourraient maintenir une croissance positive de janvier à mars 2026. Cependant, si le yen continue de s'affaiblir, les entreprises pourraient à nouveau faire grimper les prix, ce qui risquerait d'entraîner un retour à la croissance négative des salaires réels en avril 2026.
L'évolution des salaires réels sera un facteur déterminant pour la Banque du Japon (BOJ) quant à d'éventuelles nouvelles hausses de taux d'intérêt. En décembre 2025, la BOJ avait déjà relevé ses taux à 0,75 %, leur plus haut niveau en 30 ans. Le gouverneur Kazuo Ueda a affirmé que la banque centrale avait besoin de preuves solides d'une inflation durablement contenue autour de 2 % avant d'envisager de nouvelles mesures de resserrement monétaire.


