Le Japon proteste contre les exercices de missiles russes à proximité d'îles contestées.
Le Japon a annoncé le 21 août avoir adressé une protestation diplomatique à la Russie suite à l'annonce de ses exercices de missiles au large des îles contestées que Moscou nomme les îles Kouriles et Tokyo les Territoires du Nord. Ces exercices ont eu lieu peu après la première visite du président russe Vladimir Poutine dans ces îles depuis 2010.

Selon l'agence de presse Kyodo, la flotte russe du Pacifique a annoncé qu'une unité équipée du système de missiles antinavires Bastion avait procédé à un essai de missile.
L'exercice a également impliqué le croiseur lance-missiles Varyag, navire amiral de la flotte du Pacifique, et le sous-marin nucléaire Omsk. Selon la partie russe, l'exercice simulait une attaque contre des navires ennemis, les cibles désignées devant être atteintes à une distance d'au moins 300 km. Cependant, la date précise de l'exercice n'a pas été communiquée.
Un porte-parole du gouvernement japonais a déclaré que le pays avait « protesté en réponse à l'annonce par la Russie de son intention de procéder à des essais de missiles » près des îles, dont la souveraineté est contestée depuis des décennies entre les deux pays. Tokyo affirme que ces îles font partie intégrante de son territoire.
Le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, avait déjà critiqué les activités militaires russes dans la région. Il a déclaré que le renforcement de la présence militaire russe dans les Territoires du Nord, notamment les exercices de missiles, « va à l'encontre de la position du Japon » et est inacceptable pour Tokyo.
Les dernières tensions sont apparues suite à la visite du président Vladimir Poutine dans les îles contestées le 13 août. Il s'agissait de la première visite officielle d'un président russe dans la région depuis celle de Dmitri Medvedev en 2010. Poutine est arrivé dans l'archipel après avoir visité l'île voisine de Sakhaline, où la marine russe mène des exercices.
Immédiatement après la visite, le Japon a rencontré l'ambassadeur de Russie pour protester. Moscou a ensuite pris des mesures diplomatiques similaires en réponse.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a par la suite réaffirmé la position de Tokyo selon laquelle ces îles font « partie intégrante du territoire japonais », en se fondant à la fois sur l'histoire et le droit international.
La question des différends territoriaux concernant ces îles est devenue plus sensible dans un contexte de détérioration des relations russo-japonaises depuis le début du conflit en Ukraine en 2022. Le Japon s'est joint au G7 pour imposer des sanctions à Moscou et apporter son soutien à Kiev.
Certains analystes suggèrent que la visite de Poutine pourrait véhiculer un message plus large que les seules questions territoriales, incluant potentiellement un avertissement à Tokyo contre tout élargissement du soutien militaire à l'Ukraine, comme la fourniture de systèmes de défense aérienne Patriot, ou un renforcement de la coopération avec l'OTAN.


