Le Japon s'apprête-t-il à interdire les smartphones dans les principaux bureaux gouvernementaux ?
Le 27 février, des responsables du Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir au Japon, ont confirmé l'approbation d'un plan visant à renforcer les capacités nationales de renseignement. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la vaste réforme de la défense menée par la Première ministre Sanae Takaichi, suite à la victoire écrasante du PLD aux élections anticipées du début du mois.

Le Premier ministre Sanae Takaichi est déterminé à tenir son engagement de bâtir un Japon « fort et prospère » grâce à une série de réformes politiques clés dans les secteurs de la défense et du renseignement.
Selon un responsable du PLD qui s'est confié à l'AFP, la proposition, récemment approuvée par le quartier général de la stratégie de renseignement du parti, prévoit la mise en place d'une base de renseignement de haut niveau et le renforcement des « capacités de collecte de renseignements à l'étranger ».
Afin de renforcer la sécurité, le plan propose la mise en place d'un système d'enregistrement obligatoire pour les « représentants étrangers », notamment les personnes physiques et morales exerçant des activités de lobbying au Japon pour le compte de gouvernements étrangers. Parallèlement, l'utilisation des téléphones portables sera interdite dans les principaux bâtiments gouvernementaux.
Le plan détaillé devrait être soumis au Premier ministre Takaichi la semaine prochaine.
Lors de la réunion du 26 février consacrée à l'approbation de la proposition, Takayuki Kobayashi, président du Comité des politiques du PLD, a souligné : « L'un des piliers centraux du grand changement de politique opéré par Mme Takaichi est le renforcement fondamental des services de renseignement. Créer une organisation sur le papier n'a aucun sens ; l'enjeu est de savoir comment la transformer en une machine véritablement dynamique et efficace. »
Outre le secteur du renseignement, les médias locaux ont rapporté le 25 février que le PLD avait également proposé de réviser la réglementation japonaise, déjà très stricte, sur les exportations de matériel militaire. Cette mesure vise à ouvrir la voie à de futures exportations d'armes létales.
Par ailleurs, le Premier ministre Takaichi avait précédemment annoncé son intention de réviser cette année trois documents clés de la politique de sécurité nationale afin de s'adapter à l'évolution rapide du contexte sécuritaire.


