Le Japon lève temporairement les restrictions imposées aux centrales électriques au charbon afin de préserver sa sécurité énergétique.
Le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) assouplira la réglementation relative à l'exploitation des centrales électriques au charbon à partir d'avril 2026 afin de réduire le risque de perturbations de l'approvisionnement en GNL en raison du conflit au Moyen-Orient.
Le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) a annoncé la levée temporaire des restrictions sur la production d'électricité à partir du charbon afin de garantir la sécurité énergétique nationale. Cette décision intervient dans un contexte d'instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui exerce une forte pression sur la chaîne d'approvisionnement mondiale en gaz naturel liquéfié (GNL), et notamment sur les routes maritimes traversant le détroit d'Ormuz.
Assouplissement de la réglementation relative à l'exploitation des centrales électriques au charbon.
Conformément au plan du METI, le plafond de 50 % de la capacité de production des centrales au charbon dont le rendement est inférieur à 42 % sera temporairement levé. Cette mesure devrait être appliquée pendant un an, à compter de l'exercice budgétaire du 1er avril 2026, afin d'optimiser la flexibilité du réseau électrique national.

Les représentants du METI ont souligné que l'augmentation du fonctionnement des centrales au charbon constitue une solution transitoire urgente pour préserver le GNL. L'agence a indiqué que l'incertitude croissante quant à la disponibilité future du GNL contraint le gouvernement à élaborer des plans d'intervention d'urgence.
Réduire la dépendance au détroit d'Ormuz.
Ce changement de politique découle directement des inquiétudes liées aux perturbations dans le détroit d'Ormuz. Actuellement, le Japon importe environ 4 millions de tonnes de GNL par an via cette région, ce qui représente environ 6 % de ses importations totales de GNL. Cette voie maritime est quasiment paralysée par les récents conflits armés.
Selon les estimations du METI, autoriser les centrales à charbon à fonctionner au-delà de leurs limites actuelles pourrait permettre au Japon de réduire sa consommation de GNL d'environ 0,5 million de tonnes par an. Ce chiffre représente plus de 10 % du GNL importé par le pays via le détroit d'Ormuz. Le Japon dispose actuellement d'une réserve d'environ 4 millions de tonnes de GNL pour faire face aux situations d'urgence.
stratégie de diversification énergétique
Malgré l'assouplissement de la réglementation sur le charbon, le Japon insiste sur le fait qu'il ne s'agit que d'un ajustement temporaire et que cela ne modifie en rien ses objectifs de réduction des émissions de carbone à long terme. Le système électrique du pays reste fortement dépendant du GNL et des centrales au charbon, ainsi que des énergies renouvelables et du nucléaire.
Pour accroître sa capacité de production nationale, le Japon a remis en service 15 des 33 réacteurs nucléaires pouvant être exploités après l'accident de 2011. Fatih Birol, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), estime que le secteur nucléaire pourrait connaître un essor plus important une fois la crise actuelle passée.
Parallèlement aux mesures visant à stabiliser le marché de l'électricité, le gouvernement japonais met également en œuvre des mesures pour stabiliser le marché pétrolier. La Première ministre Sanae Takaichi a récemment proposé de coordonner la libération de réserves nationales supplémentaires de pétrole. Le Japon a décidé de libérer une quantité de pétrole équivalente à environ 50 jours de consommation, face aux inquiétudes concernant plus de 90 % de son approvisionnement pétrolier menacé par les perturbations des voies maritimes internationales.


