« Journal littéraire » – un retour aux sources
Ce livre replonge les lecteurs dans l'époque espiègle et rebelle de la vie scolaire, dépeignant l'environnement scolaire des années 1990.
Dans l'imaginaire collectif, les élèves de la classe de littérature spécialisée sont des rats de bibliothèque, portant d'épaisses lunettes et ignorant tout du stress des examens et des études. Pourtant, à la lecture du « Journal de classe de littérature : Le professeur, trois oiseaux précieux et vingt-trois butors », on découvre que les trois années passées dans cette classe, de 1992 à 1995 au lycée Hanoi-Amsterdam, furent emplies de joie. À tel point que les élèves n'hésitaient pas à exprimer leur nostalgie et leur impatience de retrouver les cours dès les vacances d'été.
Ce livre s'inspire des journaux intimes tenus par les élèves durant leurs trois années de lycée, eux-mêmes inspirés d'un cahier offert par leur professeur de littérature, qui était aussi leur professeur principal, le jour de la rentrée. Vingt-six élèves (puis vingt-deux) ont rédigé à tour de rôle les entrées de ce journal tout au long de leurs trois années de lycée.
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Le livre « Journal littéraire ». Photo : Ngoc Nick M. |
Chaque page du Journal de classe de littérature replonge le lecteur dans ses années d'école, au cœur des péripéties « folles » de la classe, ravivant les souvenirs scolaires de nombreux lecteurs. On y retrouve les contrôles matinaux, les cahiers de cours, les salles de classe, les activités extrascolaires… les sorties scolaires, l'absentéisme collectif, les farces espiègles comme « coller sa queue » au t-shirt d'un camarade…
Le livre reflète à la fois les caractéristiques de la vie scolaire et l'esprit unique du cours de littérature. Les élèves décrivent la « domination féminine » de la classe – trois garçons et 23 filles – de diverses manières, tantôt littéraires, tantôt humoristiques : « les minorités ethniques et la faction en rose », « une professeure, trois oiseaux précieux et 23 butors ». Malgré leur composition exclusivement féminine, les élèves font preuve d'un esprit sportif très développé. Un match de basket est relaté : « Bon, le basket, ça suffit. Tant pis pour les études. J'en ai marre de la vie. » Le basket s'invite également en poésie avec le « Poème de littérature de la classe de 10e » (inspiré du poème « Bach Dang Giang Phu » de Truong Han Sieu). L'introduction du cours commence ainsi : « Poème sur la classe de littérature de 10e / Excellentes en études et aussi excellentes à table. Qui sont les élèves de littérature de 10e ? / Vingt-six élèves, seulement trois garçons / 23 princesses espiègles / Vraiment les plus espiègles… et enfin, les élèves. »
Les journaux de classe de littérature dressent également le portrait du professeur. Ce dernier apparaît digne, respectable, mais aussi tolérant et enthousiaste. Le cahier qu'il a donné à ses élèves pour tenir un journal intime témoigne de la liberté qu'il leur accorde et de son encouragement à exprimer leurs sentiments et leur personnalité. C'est aussi grâce à l'atmosphère ouverte et conviviale qu'il a instaurée que les élèves de la promotion 92-95 ont pu le surnommer affectueusement « le gentil vieil homme », « le professeur élégant », « le parrain rusé »…
Bien plus qu'un simple journal de classe, le Journal spécialisé en littérature est devenu un témoignage précieux de la vie scolaire d'une époque révolue. Entre 1992 et 1995, les élèves, même ceux des établissements spécialisés, n'étaient pas soumis à un travail scolaire excessif, la journée d'école étant réduite à une demi-journée. L'ouvrage reflète précisément les méthodes d'apprentissage, les habitudes alimentaires, les loisirs et les moyens de transport des élèves des années 1990. Cette génération commençait à profiter des fruits de la réforme et de l'ouverture sur le monde. Elle écoutait de la musique occidentale, regardait des films étrangers classiques et admirait des groupes idoles.
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Les entrées du journal comprennent des poèmes et des illustrations sur le thème du basketball, réalisés par les élèves de la promotion Littérature de 1992-1995. |
Rédigé par des auteurs non professionnels, l'authenticité du Journal Littéraire est vérifiée jusque dans les moindres détails : jour, mois et nom de l'auteur. Étudiants dotés d'excellentes compétences rédactionnelles, ils offrent un style clair et concis. Chaque auteur possède une personnalité et un style uniques, créant ainsi une grande diversité. Les lecteurs trouveront sérénité et contemplation dans les écrits de Hong Hanh et Dinh Thuy, réflexion imaginative dans ceux de Quy, romantisme dans ceux de Cam Ha et la voix narrative vivante de Mai Lien… L'ouvrage est également agrémenté d'illustrations fantaisistes réalisées par les « artistes amateurs » de la classe. Les fragments de journal de chaque auteur sont habilement compilés en trois chapitres, chacun possédant ses propres caractéristiques : « rêveur 16, sceptique 17, rebelle 18 ».
Le Journal littéraire n'a ni personnage principal, ni point culminant, ni rebondissements, ni résolution, et ne prétend pas offrir de profondes réflexions philosophiques. Il ne s'adresse pas à ceux qui recherchent un chef-d'œuvre littéraire. Mais c'est une invitation pour quiconque, pris par le quotidien, à replonger dans sa jeunesse, à redécouvrir la beauté que seuls les privilèges des années d'école peuvent offrir.
Selon VNE




