Quels types de navires de charge sont autorisés à traverser le détroit d'Ormuz ?
Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers peuvent traverser le détroit d'Ormuz, cette voie commerciale vitale étant bloquée en raison de l'escalade du conflit au Moyen-Orient.

Selon l'AFP, la société d'analyse Kpler a indiqué que du 1er au 23 mars, les cargos n'ont effectué que 138 traversées du détroit, soit une baisse de 95 % par rapport à la normale.
Les données de Kpler indiquent également que parmi eux se trouvaient 87 pétroliers et méthaniers. Plus de la moitié de ces navires étaient chargés à pleine capacité et la majorité se dirigeait vers l'est pour quitter le détroit.
Dans sa dernière mise à jour du 23 mars, le magazine maritime Lloyd's List a déclaré : « Le trafic dans le détroit d'Ormuz continue d'être fortement perturbé. »
Selon le service de surveillance Trafic maritime Selon Kpler, le 23 mars, trois autres navires, dont deux transporteurs de gaz de pétrole liquéfié (GPL) battant pavillon indien et un pétrolier se dirigeant vers la Chine, ont été les derniers navires à traverser le détroit.
Selon Bloomberg et MarineTraffic, deux navires battant pavillon indien, transportant chacun environ 45 000 tonnes de GPL, ont quitté cette voie navigable après avoir reçu de la cargaison aux Émirats arabes unis (EAU) et au Koweït, respectivement, fin février.
Le Bright Gold, un navire battant pavillon panaméen, a quitté le détroit avec environ 40 000 tonnes de méthane et devrait arriver en Chine le 13 avril.
Ces trois navires auraient suivi un itinéraire approuvé par Téhéran, contournant l'île de Larak, située au large des côtes iraniennes.
De plus, les gouvernements de pays comme la Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Irak et la Malaisie semblent avoir négocié directement avec Téhéran, « coordonnant le transit des navires » avec les Gardiens de la révolution iraniens.
Auparavant, Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence, avait déclaré que la majorité des navires traversant le détroit appartenaient à des armateurs iraniens ou arboraient leur pavillon, suivis par les navires grecs et chinois.
D'après une analyse de l'AFP portant sur les données maritimes, depuis le début du conflit, plus de 40 % des navires transitant par le détroit d'Ormuz sont soumis à des sanctions imposées par les États-Unis, l'Union européenne (UE) ou le Royaume-Uni. Ce taux atteint près de 59 % pour les seuls pétroliers et méthaniers.
Les analystes de matières premières de la banque JPMorgan estiment que la majorité du pétrole transitant par ce détroit est destinée à l'Asie, principalement à la Chine.
Par ailleurs, les analystes de JPMorgan ont noté que, globalement, 98 % du flux de pétrole observable via le détroit d'Ormuz provient d'Iran, avec une moyenne de 1,3 million de barils par jour début mars.
Avant le conflit, jusqu'à un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitaient par ce détroit.


