«Les étoiles brillent de mille feux.»
(Baonghean) – La poétesse Lam Thi My Da, auteure du célèbre poème « Le Ciel – Le Cratère de Bombe » consacré aux Jeunes Volontaires, a un jour raconté la « vérité tragique » qui a inspiré ses vers empreints d'émotion. Durant les années terribles de la guerre contre les Américains, elle a passé deux jours avec un groupe de sept jeunes femmes volontaires sur la route de Truong Son.
La cheftaine, qui paraissait plus âgée que la moyenne, raconta à la poétesse qu'elle aurait dû être démobilisée trois ans plus tôt, mais qu'à son retour, elle avait vu sa maison engloutie par un profond cratère de bombe. Sans famille, elle avait pris son sac à dos et était retournée à son unité, son seul foyer. Elle avait dit qu'elle y resterait jusqu'à la réunification du pays… Cette histoire hanta l'esprit de la poétesse jusqu'au jour où, les bombardements américains sur le Nord-Vietnam ayant cessé, elle eut l'occasion de retourner sur la route de Truong Son et l'intention de revoir l'ancienne association de jeunes femmes volontaires. Mais elle apprit qu'elles étaient parties au cœur du champ de bataille ! Poursuivant son chemin sur quelques dizaines de kilomètres, la poétesse découvrit des cratères de bombe remplis d'eau. Une question la taraudait : combien de ces jeunes filles, des années auparavant, avaient allumé des torches pour distraire les avions ennemis, détournant bombes et balles pour préserver la route ? Combien avaient péri dans ces cratères, où l'on pouvait encore distinguer des parcelles de ciel dégagé ? Le poète s'écria dans la forêt silencieuse, ne voyant que l'immensité du ciel se refléter dans les cratères de bombes, qui le fixaient du regard...
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| De jeunes volontaires vérifient leur équipement avant leur départ, 1967. Photo d'archives. |
Est-ce la beauté du poème de Lam Thi My Da, la force envoûtante de l'histoire qui l'accompagne, ou peut-être les deux, qui me fait toujours apercevoir ce regard lointain dans la grotte des Huit Filles, au carrefour de Dong Loc, à Truong Bon… et dans tant d'autres lieux parcourus ? Des lieux verdoyants, emplis de fumée et de sérénité, mais où, à chaque pas, je sais que le sang et les os imprègnent chaque grain de sable.
Mais ce regard, n'était-il pas dirigé vers ceux qui étaient tombés, qui ne faisaient plus qu'un avec la terre et les arbres ? Je me suis un jour tenue en silence devant la maison de Mme Le Thi Huong, une survivante de la zone incendiée de Truong Bon. Entre ces murs solitaires, l'ancienne volontaire de la jeunesse cachait chaque nuit ses larmes solitaires dans son chemisier, rêvant des cris d'un enfant. J'ai cherché un lien entre cette femme discrète d'aujourd'hui et la jeune fille de 17 ans pleine de vie qui, malgré son jeune âge, avait insisté pour rejoindre les volontaires de la jeunesse et avait déclaré avec détermination à sa mère : « Même si tu ne me le permets pas, j'irai. » J'ai aussi suivi les pas hésitants de la cheffe d'escouade Tran Thi Thong, retournant vers le passé, pour imaginer ces pieds qui, jadis, foulaient avec agilité la pluie de bombes et de balles. Cette voix tremblante, aujourd'hui encore, criait avec audace : « Survivre en s'accrochant aux ponts et aux routes, mourir avec bravoure et courage. » Entre ces deux personnalités, celles de ces deux femmes, se cache la jeunesse vibrante qu'elles ont laissée derrière elles lors de leurs voyages.
Vous avez consacré votre jeunesse – les plus belles années de votre vie – à la Patrie. Pour vous, les plus belles fleurs sont celles qui s'épanouissent avec leur parfum lors des grands moments, et le ruisseau frais et vivifiant est celui qui coule dans les endroits les plus arides. Vous avez offert à la Patrie les plus beaux instants de votre existence. Ces instants conserveront à jamais leur éclat, tels des « étoiles scintillantes » dans le poème de Lam Thi My Da…
Nghe An Week-end



