Les agriculteurs attendent du « soutien »

July 14, 2015 11:38

(Baonghean) - La sécheresse historique du début juin 2015 a entraîné la mort de milliers d'hectares de maïs, la destruction de milliers d'hectares de plants de riz, des brûlures foliaires sur 1 964 hectares de théiers, la mort complète de près de 700 hectares de théiers, la mort de 104 hectares de palourdes et la destruction de dizaines d'hectares d'élevages de crevettes.

Cacahuètes, citrons, légumes… toutes les récoltes ont été ravagées. Les dégâts causés par la sécheresse sont immenses et de nombreux agriculteurs se retrouvent sans ressources. De nombreux villages risquent de connaître des pénuries alimentaires lors de la prochaine récolte. Pourtant, les agriculteurs n'ont toujours pas bénéficié des aides d'urgence, qu'il s'agisse de semences de maïs et de riz ou d'assistance financière. Selon des représentants du secteur agricole, ce retard s'explique par le fait que, malgré l'existence de la politique d'aide, ils attendent encore que les villages, les communes et les districts établissent et soumettent les listes des agriculteurs touchés.

La réalité est plus nuancée. Non seulement lors de cette catastrophe naturelle, mais aussi lors de presque toutes les mauvaises récoltes de l'histoire, qu'il s'agisse de tempêtes, de sécheresses ou de tornades, les agriculteurs attendent avec impatience des mesures de soutien, non pas pendant des mois, mais année après année. S'ils perdent leur récolte de printemps cette année, rien ne garantit qu'ils bénéficieront d'une aide pour la récolte de printemps de l'année suivante. Ce retard est devenu un problème chronique, une réaction en chaîne où chacun se renvoie la balle. Les échelons supérieurs blâment les échelons inférieurs, tandis que ces derniers prétendent attendre l'approbation des supérieurs. Pourquoi l'établissement des statistiques sur les dégâts prend-il autant de temps ? Nous savons que les responsables locaux compilent généralement les statistiques manuellement, sans utiliser de logiciel. Serait-ce la raison pour laquelle, au niveau communal, les responsables rechignent à saisir les données, ce qui allonge encore le délai d'établissement de la liste des catastrophes ?

Ensuite, lorsqu'on s'adresse au district, on nous dit qu'il y a trop de travail et qu'il faut patienter. Puis, au département provincial, c'est encore plus de travail : élevage, cultures, sylviculture, développement rural, irrigation, pêche, planification, calendriers saisonniers, rapports… Chaque niveau « retarde » le processus, jusqu'à ce qu'il arrive au service de « distribution », où l'attente se prolonge encore… C'est donc un retard généralisé, qui ne se limite pas au niveau des villages. C'est pourquoi les aides d'urgence aux agriculteurs sont elles aussi étirées jusqu'à ce que ces derniers… n'en aient plus besoin, alors même qu'ils ont déjà pris les choses en main pour gérer leurs cultures et leur production, en faisant en sorte que la terre compense les pertes. Par conséquent, l'argent et le riz dont ils ont le plus besoin n'arrivent pas, et lorsqu'ils les reçoivent enfin, ils ont perdu beaucoup de leur utilité. Dans des moments comme celui-ci, si seulement les échelons gouvernementaux et locaux concernés étaient plus proactifs, les difficultés rencontrées par les agriculteurs seraient atténuées.

Perle.

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Article paru dans le journal Nghe An

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