Une initiative sans grand enjeu de la part des médias.
(Baonghean) – La liaison entre le président français François Hollande et l'actrice Julie Gayet, révélée par le magazine Closer, a captivé l'attention des médias européens et s'est même étendue aux États-Unis. Étonnamment, les médias français se sont montrés plutôt indifférents, voire en désaccord total avec Closer. Les Français, apparemment habitués aux histoires d'amour compliquées des personnalités politiques, ont une fois de plus démontré ce qu'ils considèrent comme un « respect de la liberté individuelle » vis-à-vis des célébrités.
La BBC, CNN, le Financial Times, le Times, le Daily Telegraph… tous les grands journaux britanniques et américains ont manifesté un intérêt particulier pour la vie amoureuse du président français, chacun à sa manière. Tandis que la BBC faisait la une de son journalisme international pendant toute une matinée, le Financial Times publiait une photo de l'actrice Gayet en première page, commentant que le président ferait mieux de « manger ses croissants en paix ». Le Daily Telegraph, moins indulgent, affirmait que Hollande était confronté à une « nouvelle crise » et qu'avec une cote de popularité « au plus bas », un scandale sentimental était bien la dernière chose dont il avait besoin.
Les médias allemands ont adopté une position relativement neutre dans leurs commentaires, rappelant que les liaisons amoureuses ne sont pas sans précédent dans la vie politique française. Une pointe d'ironie se dégageait toutefois du jeu de mots sur « affare », proche du mot français « affaire » mais signifiant également « relation amoureuse » en allemand. Les Allemands se sont également étonnés que les personnalités politiques françaises aient unanimement accusé la presse de violation de leur vie privée, sans envisager d'instrumentaliser le scandale à des fins politiques. Les journaux espagnols et italiens, tels qu'El País, El Mundo, La Vanguardia et La Stampa, se sont concentrés sur la femme impliquée, avec des commentaires comme « une femme talentueuse et discrète », ou encore une perspective plus large : « La France, avec sa tradition de liaisons amoureuses ancrée dans l'histoire, le cinéma et la littérature, a toujours fait preuve de tolérance envers les relations extraconjugales de ses présidents. »
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| Des articles concernant cet incident sont parus dans The Times et le Financial Times le 11 janvier. |
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| Une de Closer, 10 janvier |
Que disent les médias et le public français ? Il est difficile de dégager un point de mire précis concernant cet incident, si ce n’est que tous, ou presque, pointent du doigt le magazine Closer. Ce qui a surpris le public, ce n’est pas tant le fait que le président ait entretenu une liaison secrète avec une actrice dans un appartement non loin du palais de l’Élysée, où il vivait encore avec la journaliste Valérie Trierweiler. Nicolas Sarkozy a également eu une relation avec la chanteuse Carla Bruni avant de divorcer puis de l’épouser. Jacques Chirac était lui aussi connu pour être un coureur de jupons, entouré de nombreuses femmes.
François Mitterrand a longtemps gardé secrète l'existence de sa maîtresse et de sa fille illégitime avant de révéler la vérité dans Paris-Match. Mais une attaque sournoise comme celle que Closer vient de mener contre Hollande est sans précédent, et pour les Français, une telle intrusion dans la vie privée est inconcevable. Ce n'est pas la première fois que Closer est critiqué pour son comportement indiscret dans la vie privée des célébrités ; en septembre 2012, le magazine avait publié une série de photos seins nus d'une membre de la famille royale britannique lors de vacances en France.
La famille royale britannique a immédiatement porté plainte contre le magazine Closer, visant plus précisément sa rédactrice en chef, Laurence Pieau, son éditeur, Ernesto Mauri, et deux photographes. L'article a depuis été retiré par Closer à la demande de l'avocat de Julie Gayet, mais le président Hollande a déclaré qu'il irait jusqu'au bout dans cette affaire, non pas en sa qualité de chef d'État français, mais en tant que citoyen ayant droit au respect de sa vie privée.
Contrairement aux critiques acerbes adressées à Closer par des figures de la gauche et de l'opposition comme Bruno Leroux et Marine Le Pen, qui l'ont qualifié de « torchon » et de « dégoûtant », Bruno Le Maire a déclaré dans Le Figaro que « fournir des informations est le rôle de la presse ». Il a par ailleurs fait valoir que, selon la justification de Closer, cette information circulait depuis un certain temps parmi des personnes proches des deux protagonistes.
C'est un collègue de Julie Gayet qui a plaisanté sur sa prétendue liaison avec le président lors d'une émission télévisée en septembre dernier, et ce fut le point de départ du « plan » médiatique. Cependant, compte tenu de la familiarité des Français avec les vies amoureuses compliquées des personnalités politiques, le changement de maîtresse de Hollande (lui et Valérie Trierweiler ne sont pas mariés) ne semble pas être une préoccupation majeure pour le public. Peut-être que Closer s'est trompé non pas une, mais deux fois : face à l'indifférence du public et à la décision du personnage principal d'engager des poursuites judiciaires. Cela devrait servir de leçon aux médias français : ne pas assimiler les personnalités politiques aux stars de cinéma ou de musique, et ne pas croire que la France est un havre de liberté comme l'Amérique !
Champignon Reishi




