Anutin Charnvirakul a été réélu Premier ministre de Thaïlande.
Le 19 mars, le nouveau parlement thaïlandais a officiellement élu Anutin Charnvirakul pour continuer à exercer les fonctions de Premier ministre.

Selon l'AFP, le dépouillement des votes au Parlement thaïlandais dans l'après-midi du 19 mars a montré qu'Anutin Charnvirakul avait dépassé les 250 voix nécessaires pour devenir officiellement chef du gouvernement.
Après avoir remporté une victoire écrasante aux élections générales de février, son parti Bhumjaithai s'est allié au parti Pheu Thai, arrivé troisième, et à 14 autres petits partis pour former un gouvernement, créant ainsi une coalition majoritaire suffisamment puissante pour dicter les décisions au Parlement.
Anutin, âgé de 59 ans, était auparavant ministre de la Santé. Il a été élu Premier ministre par le Parlement en septembre dernier, après la destitution de son prédécesseur, Paetongtarn Shinawatra, par la justice suite à des controverses liées à la déontologie politique.
S'adressant aux journalistes juste avant le vote, Anutin a souligné son engagement au service public : « J'espère continuer à occuper ce poste pour servir le peuple aussi longtemps que possible. Chaque fois qu'un problème touche le public, je répondrai immédiatement à ses besoins. »
Malgré la stabilisation de sa structure politique interne, le gouvernement du Premier ministre Anutin est confronté à des défis importants.
Sur le plan intérieur, la croissance économique de la Thaïlande a montré des signes de ralentissement au cours de l'année écoulée. Le secteur du tourisme, moteur essentiel de l'économie, peine à se redresser, tandis que l'environnement propice aux investissements directs étrangers (IDE) est confronté à une concurrence intense.
D'un point de vue extérieur, la crise au Moyen-Orient affecte directement l'économie thaïlandaise par le biais de perturbations des chaînes d'approvisionnement et de la hausse des prix des carburants. Bien qu'Anutin se soit engagé à « transformer la crise du Moyen-Orient en une opportunité pour la Thaïlande », la situation actuelle exige des solutions plus urgentes.
L'experte en sciences politiques Yuttaporn Issarachai estime que le gouvernement thaïlandais actuel a été contraint de réorienter ses priorités vers les défis extérieurs. « Jusqu'à présent, le gouvernement n'a pas réussi à mettre en œuvre de mesures décisives pour faire baisser le prix des carburants, se contentant de solutions temporaires comme l'incitation au télétravail », a-t-elle déclaré à l'AFP.
Par ailleurs, les questions de sécurité aux frontières, notamment les tensions persistantes avec le Cambodge voisin, demeurent un point de friction majeur nécessitant une surveillance étroite malgré le cessez-le-feu en vigueur. Durant la campagne électorale, le parti Bhumjaithai s'est fermement engagé à renforcer la sécurité aux points de passage frontaliers et à intensifier les patrouilles. Cependant, selon l'expert Yuttaporn, les principales préoccupations des électeurs thaïlandais ont évolué. « L'économie est désormais la priorité absolue de la population », a-t-il souligné.


