Trump a accusé l'Iran de violer le cessez-le-feu.
Le président américain Donald Trump a accusé l'Iran de « très mauvais travail » concernant le détroit d'Ormuz, tout en mettant en garde Téhéran contre les rumeurs de perception de droits de douane par les navires. Ces déclarations acerbes menacent directement le cessez-le-feu de deux semaines récemment instauré au Moyen-Orient.

Selon un reportage de l'AFP paru le matin du 10 avril, le président américain a publié une série de tweets sur la plateforme Truth Social, exprimant son profond mécontentement face aux agissements de Téhéran dans cette voie maritime vitale reliant le golfe Persique à l'océan Indien.
« L’Iran fait un travail déplorable, voire honteux, en laissant passer le pétrole par le détroit d’Ormuz », a écrit Trump sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas l’accord que nous avions conclu ! »
Auparavant, Washington et Téhéran avaient annoncé que le détroit de 167 kilomètres de long serait rouvert après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 7 avril. Cependant, les données de suivi maritime montrent qu'en réalité, seulement 10 navires ont réussi à traverser la zone depuis la cessation temporaire des combats.
Les tensions ont continué de s'aggraver suite aux informations selon lesquelles l'Iran envisageait d'imposer un droit de passage aux navires traversant le détroit. Bien que le président Trump ait déjà évoqué des idées similaires, allant même jusqu'à suggérer un droit de passage conjoint avec Téhéran, sa position actuelle est extrêmement ferme.
« Des informations font état de frais imposés par l'Iran aux pétroliers traversant le détroit d'Ormuz ; ils feraient mieux de ne pas le faire, et s'ils le font, ils doivent cesser immédiatement ! », a écrit le président américain.
Dans un autre message en réponse aux critiques des médias concernant la fragilité du cessez-le-feu, Trump a affirmé : « Vous verrez bientôt le pétrole couler à nouveau, avec ou sans l'aide de l'Iran. »
Malgré le lancement d'une série de menaces en ligne, le ton du dirigeant américain était quelque peu plus doux et plus optimiste lorsqu'il répondait aux médias traditionnels.
Lors d'un entretien téléphonique antérieur avec NBC News, Trump s'est dit « très optimiste » quant à la conclusion d'un accord de paix global avec l'Iran après le cessez-le-feu. Il a révélé que les dirigeants iraniens s'étaient montrés « beaucoup plus raisonnables » lors des discussions à huis clos, mais a également averti : « S'ils ne parviennent pas à un accord, le prix à payer sera très élevé. »

Pour concrétiser cet accord, une délégation américaine de haut niveau se met rapidement en route. Le vice-président J.D. Vance devrait s'entretenir directement avec des représentants iraniens au Pakistan le 11 avril. Il sera accompagné de l'envoyé spécial Steve Witkoff et du gendre du président, Jared Kushner. La porte-parole adjointe de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a également publié une déclaration réaffirmant la conviction du président Trump en la possibilité d'une paix durable au Moyen-Orient.
Par ailleurs, Trump a déclaré que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait accepté une désescalade des opérations militaires au Liban après les frappes aériennes dévastatrices. Le 8 avril, moins de 48 heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les frappes aériennes israéliennes les plus intenses depuis l'entrée en guerre du Hezbollah début mars ont fait des centaines de morts et ébranlé les fondements d'un accord de paix fragile. Néanmoins, un responsable du département d'État américain a confirmé que des représentants israéliens et libanais se rendraient à Washington la semaine suivante pour des pourparlers, laissant entrevoir une lueur d'espoir pour le rétablissement de la stabilité dans la région.


