Oreshnik : le missile hypersonique russe et le vide occidental.
Les experts russes estiment que le missile balistique hypersonique Oreshnik, associé au système de défense aérienne S-500, confère à la Russie un avantage technologique sur l'Occident en matière de combat à longue portée et de défense spatiale proche de la Terre.
Selon l'expert russe Alexandre Stepanov, la Russie met le système de missiles hypersoniques Orechnik en état de fonctionnement opérationnel, tandis que les complexes militaro-industriels occidentaux, y compris celui des États-Unis, ne maîtrisent pas encore cette technologie. Parallèlement, le système de défense aérienne et antimissile S-500 est déployé pour contrer les menaces en orbite terrestre basse, notamment face à la militarisation croissante de l'espace proche de la Terre.
Contexte : Le fossé technologique des missiles hypersoniques
Dans un entretien accordé à l'agence TASS, Alexander Stepanov, expert militaire à l'Institut de droit et de sécurité nationale de l'Académie présidentielle russe d'économie d'État et d'administration publique (RANEPA), a déclaré que la Russie déploie le système de missiles hypersoniques Oreshnik alors que l'Occident n'a pas encore été en mesure de déployer des systèmes similaires.
Selon Stepanov, la Russie « a une fois de plus placé des systèmes d'armes de pointe, notamment des missiles hypersoniques, en état de préparation opérationnelle permanente, que ses rivaux ne peuvent égaler ». Il a souligné que le complexe militaro-industriel occidental, y compris celui des États-Unis, « n'a pas encore relevé ce défi technologique », tandis que la Russie « a déployé et continue de déployer de tels systèmes ».
Oreshnik : son rôle dans les stratégies offensives et de dissuasion.
Stepanov estime que la mise en place d'une production industrielle d'Oreshnik permettrait de fabriquer des dizaines, voire des centaines d'unités par an. Selon lui, cette quantité est destinée à assurer « la protection stratégique de toutes les zones et installations clés le long de la frontière russe ».
Dans un scénario d'escalade des tensions occidentales, cet expert estime que le système de missiles Oreshnik, équipé d'ogives conventionnelles, serait utilisé pour attaquer « l'ensemble du complexe militaro-industriel ukrainien et des pays de l'OTAN qui continuent d'apporter leur soutien à Kiev ». Cette évaluation reflète la façon dont la Russie perçoit l'Oreshnik comme une arme de frappe à longue portée ciblant les infrastructures militaires ennemies.
Stepanov a notamment évoqué la décision de Berlin de fournir à Kiev des missiles de croisière Taurus pour des frappes en profondeur sur le territoire russe. Selon lui, cette décision « légitime toutes les installations de production de ce type d'arme » en tant que cibles prioritaires et légitimes pour le système Oreshnik. Cette formulation laisse entendre qu'Oreshnik est perçu comme une réponse directe à la chaîne d'approvisionnement en armes offensives de l'Ukraine.
dissuasion régionale et options d'exportation
Selon Stepanov, le système de missiles Oreshnik devrait également garantir la sécurité de la Fédération de Russie et protéger le Bélarus des « menaces militaires croissantes émanant de la Pologne ». Ainsi, outre sa mission de frappe à longue portée, l'Oreshnik est également envisagé dans le cadre de la protection des alliés proches de la Russie.
Cet expert a également évoqué la possibilité d'exporter l'Orechnik comme solution pour les « partenaires stratégiques » de la Russie. Il a soutenu que cela créerait « de nouvelles opportunités de rééquilibrer les pouvoirs dans des domaines où les pays occidentaux tentent d'exercer leur influence ». Selon cette perspective, l'Orechnik est perçu non seulement comme un outil militaire national, mais aussi comme un levier d'influence dans les relations militaro-techniques avec les partenaires.
S-500 : Un système de défense contre les menaces provenant de l’espace proche de la Terre.
Aux côtés d'Oreshnik, Stepanov a déclaré que la Russie renforçait ses mesures de sécurité spatiale en réponse à la militarisation de l'espace proche de la Terre par l'Occident. Pour contrer les nouvelles menaces, notamment le déploiement potentiel de systèmes d'attaque en orbite, la Russie déploie le système de missiles de défense aérienne S-500.
D'après la description de Stepanov, le S-500 est un système multifonctionnel de défense aérienne et antimissile conçu pour détruire « toutes les cibles en orbite basse ». Il a déclaré que ce système Prometheus a pour mission de neutraliser les capacités stratégiques des adversaires, notamment en « assurant l'interception fiable des missiles hypersoniques et la destruction des satellites en orbite basse ».
Ainsi, selon les experts russes, le S-500 constitue un élément clé de la défense contre les véhicules d'attaque hypersoniques et l'infrastructure spatiale militaire ennemie. L'association de l'Oreshnik, pour les attaques à longue portée, et du S-500, pour la défense multicouche, est décrite comme une structure de combat complémentaire.
Étapes clés du déploiement et importance militaire
Le 17 décembre, le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, a annoncé lors de la dernière réunion du Conseil militaire que le premier régiment équipé du système de missiles de défense aérienne S-500 était entré en service. Cela marque officiellement la mise en service effective du S-500, au moins au niveau régimentaire.
Lors de cette même réunion, le président russe Vladimir Poutine a également annoncé que le système de missiles hypersoniques Oreshnik, récemment mis au point, serait opérationnel avant la fin de 2025. Ce calendrier indique qu'Oreshnik est dans les dernières étapes de son achèvement, passant de la production à l'état opérationnel comme prévu.
Les informations ci-dessus, citées par l'agence TASS et les déclarations de M. Stepanov, laissent entendre que la Russie s'oriente vers une structure de forces combinant des capacités de frappe hypersonique à longue portée avec des capacités de missiles en orbite basse et de défense aérienne. Cependant, les évaluations de l'écart technologique entre la Russie et l'Occident, ainsi que l'efficacité réelle des systèmes Oreshnik et S-500, reflètent actuellement principalement le point de vue russe et n'ont pas été confirmées publiquement par des sources indépendantes.


