Pep Guardiola et son pari d'aligner une équipe bis contre Leverkusen.
Pour son 100e match de Ligue des champions, Pep a effectué 10 changements, ce qui a entraîné une défaite à l'Etihad, Leverkusen le punissant et mettant Man City en danger de devoir disputer les barrages.
Le stade Etihad s'est tu lors du 100e match de Pep Guardiola en Ligue des champions à la tête de Manchester City. Sa décision de faire largement tourner son effectif – dix changements dans le onze de départ, seul Nico Gonzalez étant conservé – s'est avérée désastreuse. Face au Bayer Leverkusen, troisième de Bundesliga, City s'est incliné à domicile et risque de disputer un barrage malgré ses dix points déjà acquis.
Un pari raté : 10 changements et leurs conséquences.
Face à un adversaire en pleine renaissance sous la houlette de Kasper Hjulmand après le bref passage d'Erik ten Hag, Pep Guardiola a écarté plusieurs joueurs clés du onze de départ, dont Gianluigi Donnarumma et Erling Haaland. Fort d'une série de 23 matchs sans défaite à l'Etihad Stadium en phase de groupes de la Ligue des Champions, Manchester City a opté pour une large rotation d'effectif. Mais Leverkusen est devenu la prochaine équipe, après Lyon en 2018, à percer la défense imprenable de cette « forteresse ».
Le jeu décousu de l'équipe bis a laissé Manchester City en manque de contrôle et de cohésion sur les deux ailes. Leverkusen a exploité cette faiblesse, créant des espaces derrière les latéraux et entre les défenseurs centraux et les pistons pour se créer des occasions et mettre la pression sur le but de James Trafford.
Leverkusen punit : Grimaldo sur l'aile gauche, Schick en position idéale.
Leverkusen a pleinement profité du relâchement de son adversaire. Alejandro Grimaldo, l'une des recrues phares de l'entraîneur Xabi Alonso, a ouvert le score d'une frappe puissante qui a trompé James Trafford. Il s'agissait de son huitième but de la saison, illustrant la menace offensive que représentait l'aile gauche pour Manchester City, une menace que ce dernier n'a pas su contenir.
Alors que Manchester City peinait encore à trouver ses marques, Ibrahim Maza adressa un centre rapide dans l'espace entre le défenseur central et le latéral. Patrick Schick, devançant Nathan Aké, plaça une tête délicate, son huitième but. La discipline défensive et l'efficacité devant le but permirent à Leverkusen de contrôler la rencontre malgré un effectif réduit.
Réglage tardif et inertie irréversible
Une première mi-temps insipide a contraint Pep Guardiola à activer un plan B dès la reprise : Phil Foden, Jérémy Doku et Nico O'Reilly ont remplacé Rico Lewis, Oscar Bobb et Rayan Aït-Nouri. Le jeu offensif s'est alors rythmé, mais la cohésion de l'équipe restait fragile.
Une vingtaine de minutes plus tard, Erling Haaland et Rayan Cherki entrèrent en jeu pour accentuer la pression dans la surface de réparation. La présence d'Haaland fit immédiatement la différence dans les attaques rapides et sur les seconds ballons ; l'attaquant faillit marquer sans une superbe parade du gardien Mark Flekken. Cependant, des ajustements intervinrent alors que Manchester City était déjà mené au score et que le contrôle du match n'était plus entre les mains de l'équipe locale.
Les tactiques et les messages se reflètent.
Si l'objectif de Pep était de prouver que Manchester City ne dépend pas d'un seul joueur, la prestation des remplaçants a démontré le contraire. Les lignes manquaient de solidité pour contrer le pressing, le flanc gauche était vulnérable et l'espace entre les défenseurs centraux et latéraux était constamment exploité. Aucun d'entre eux n'a eu l'occasion de saisir sa chance et de gagner une place de titulaire.
La série de défaites s'étend désormais à deux matchs. Ce qui semblait être une phase de groupes aisée s'est considérablement compliqué, d'autant plus que le prochain match se jouera à l'extérieur contre le Real Madrid. En championnat, le prochain adversaire n'est autre que Leeds United, mais le message d'Etihad est clair : le plan B de Pep, du moins pour l'instant, n'offre aucune garantie.
Impact : D'Etihad au problème des séries éliminatoires
Manchester City, qui comptait 10 points avant la rencontre, aurait dû terminer la phase de groupes tranquillement. Au lieu de cela, la défaite à l'Etihad ouvre la porte à un éventuel barrage. C'est un rappel important pour Pep Guardiola : la rotation est indispensable dans un calendrier chargé, mais l'intensité et l'ampleur des changements – dix postes d'un coup – doivent être contrebalancées par la nécessité de préserver l'ossature tactique.
Leverkusen n'a pas eu besoin de beaucoup d'occasions pour s'imposer à l'Etihad. Bien organisés, dotés d'attaquants efficaces et d'une discipline défensive suffisante, les Bayer Leverkusen ont su conserver leur avantage. Manchester City, en revanche, n'était pas habitué à ce genre de soirée, et Pep Guardiola, habitué à tout contrôler, a pris un risque cette fois-ci – et l'a payé cher.


