La Finlande développe une nouvelle génération de fortifications souterraines pour contrer la menace des drones.
Face à la prolifération des drones sur le champ de bataille, la Finlande renforce son réseau de fortifications souterraines et adapte sa doctrine de défense pour protéger son infanterie.
Les forces de défense finlandaises déploient une nouvelle génération de fortifications souterraines afin d'améliorer la survie de l'infanterie face à la présence croissante de drones. Cette initiative marque un tournant important dans la doctrine de défense de la nation nordique, qui vise à s'adapter aux conditions des champs de bataille modernes.
Le défi posé par les drones et l'évolution de la doctrine de combat.
Les conflits récents, notamment en Ukraine, ont démontré que les drones de reconnaissance et les drones kamikazes rendent les tranchées ouvertes traditionnelles extrêmement dangereuses. Tout mouvement d'infanterie, de véhicules et de lignes de ravitaillement logistiques peut être facilement détecté et ciblé avec précision à distance.
Lors d'une importante réforme militaire au milieu des années 2010, l'armée finlandaise a adopté une doctrine privilégiant la mobilité. Cette doctrine misait sur les attaques surprises, utilisant mines et obstacles pour infliger des dégâts à l'ennemi avant de se retirer rapidement. Cependant, l'apparition d'essaims de drones opérant en continu sur de vastes zones a considérablement réduit l'efficacité de cette approche, contraignant la Finlande à se recentrer sur le maintien de positions défensives et la protection de ses soldats dans des bunkers souterrains fortifiés.
Échelle et solutions techniques de la nouvelle génération de fortifications.
Pour soutenir l'entraînement et les essais, la Finlande a construit deux complexes militaires, la base 25 et la base 26, pour la brigade Pori à Niinisalo et Säkylä. Chaque base était conçue pour accueillir une force de 30 à 50 soldats, leur permettant de survivre, d'opérer et de combattre sans interruption pendant plusieurs jours sous terre.

Contrairement aux bunkers traditionnels en béton armé, la nouvelle génération de fortifications souterraines finlandaises utilise principalement des structures préfabriquées à ossature bois traitée pour prévenir la formation de moisissures. Une fois la profondeur requise atteinte, les éléments en bois sont mis en place et compactés avec de la terre et des pierres. Des dalles de pierre sont ensuite disposées en surface pour prédétoner les obus d'artillerie ou les ogives de drones avant que la force de pénétration n'atteigne la structure principale.
Infrastructure et capacités de camouflage
Avec des forêts couvrant environ 70 à 75 % de son territoire, l'armée finlandaise a pleinement exploité le relief naturel pour camoufler ses fortifications. Vues du ciel, ces positions souterraines sont très difficiles à repérer, hormis quelques indices comme des trappes, des puits de ventilation ou de courtes tranchées à découvert.
Le réseau souterrain de fortifications comprend de nombreux éléments techniques synchronisés :
- Position de combat :Il est équipé d'un portail de protection en acier et d'une fosse de lancement séparée pour drones.
- Infrastructure technique :Les couloirs de liaison sont équipés de supports de câbles pour l'installation de systèmes de communication de terrain.
- Mesures de protection passives :Les entrées, les trappes et les tranchées étaient toutes recouvertes de grillage d'acier pour empêcher les petits drones de s'y écraser directement.
Outre les essais de nouveaux matériaux et méthodes de construction sur les bases 25 et 26, la Finlande restaure également d'anciennes fortifications côtières et construit davantage de bunkers en béton à travers le pays. Le retour des structures défensives souterraines souligne l'importance de la protection des forces aériennes face à la sophistication croissante des technologies de combat sans pilote.


