La France accuse l'Allemagne de retarder depuis plus d'une décennie le projet de char MGCS de nouvelle génération.
Les tensions en matière de défense entre la France et l'Allemagne se sont intensifiées, Paris accusant Berlin de privilégier le développement du Leopard 3, ce qui a entraîné un retard de 10 ans dans le projet de futur char MGCS.
Le projet de char de combat principal de nouvelle génération (MGCS) franco-allemand connaît de sérieux retards. La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a accusé l'Allemagne de prolonger le projet d'une décennie, contraignant la France à rechercher des solutions transitoires pour remplacer les chars Leclerc, de plus en plus obsolètes.
Conflits d'intérêts dans le développement des chars de nouvelle génération.
Selon une déclaration de la ministre Catherine Vautrin aux parlementaires français, la principale raison du blocage du projet MGCS est la volonté de l'Allemagne de se concentrer sur le développement d'une version intermédiaire appelée Leopard 3. La priorité accordée par Berlin au développement de ses propres équipements plutôt qu'à un projet de coopération conjointe a considérablement retardé le calendrier du MGCS par rapport au plan initial.

Ce retard exerce une pression considérable sur l'armée française, car le retrait du char de combat principal Leclerc devrait débuter en 2037-2038. Afin de combler le manque de capacités de combat, la France mène des négociations avec le constructeur sur une solution de char de transition, combinant des technologies des deux pays.
Configurations techniques potentielles de la solution alternative Leclerc.
Compte tenu du contexte actuel, le successeur du Leclerc sera très probablement un char hybride. Plus précisément, la France envisage d'utiliser un châssis allemand fabriqué par KNDS Germany. Ce choix est considéré comme optimal car l'industrie de défense française ne dispose actuellement pas des capacités nécessaires pour produire elle-même des châssis de chars lourds.
En matière de puissance de feu, la tourelle sera assurément fournie par la France, et plus précisément par KNDS France (anciennement Nexter). Un prototype de cette configuration a été présenté dans le cadre du projet d'essais EMBT-ADT 140. Lors de ces essais, la tourelle française de 140 mm a été installée avec succès sur un châssis de Leopard 2 allemand modifié.

Le contexte géopolitique et les compromis entre MGCS et FCAS.
Selon des analystes militaires, les accusations de la France contre l'Allemagne ne se limitent pas aux chars d'assaut, mais découlent également de divergences au sein du projet d'avion de combat de sixième génération (FCAS). Réciproquement, l'Allemagne accuse la France de chercher à exercer un contrôle quasi total sur le développement de cet appareil, créant ainsi un déséquilibre dans leur partenariat.
Actuellement, les deux parties négocient activement pour sauver les programmes de coopération en matière de défense européenne. Les systèmes MGCS et FCAS sont considérés comme des atouts majeurs dans ces négociations. Tandis que la France démontre sa force dans le développement d'avions de chasse, l'Allemagne affirme également sa position de leader dans le domaine des chars blindés.
L'avenir du système MGCS
Le système MGCS ne devrait pas être achevé avant les années 2040. Contrairement aux chars traditionnels, le MGCS est défini comme un « système de combat » comprenant un char de combat principal, des robots de combat et des drones. Malgré la lenteur des progrès, la France et l'Allemagne ont pour objectif de mener à bien ce projet afin de garantir l'autonomie technologique militaire de l'Europe.


