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La France s'apprête à adopter une loi controversée sur l'euthanasie.

Truong Hang July 15, 2026 16:54

L'Assemblée nationale française devrait se prononcer le 15 juillet (heure locale) sur une proposition de loi autorisant le suicide assisté. Cette mesure est considérée comme l'une des réformes sociales les plus importantes du pays depuis la loi de 2012 sur le mariage pour tous.

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Conférence de presse au Sénat à Paris : débats sur le « droit de mourir dans la dignité ».

Si le vote est favorable, la France rejoindra officiellement le cercle restreint des pays ayant légalisé le droit à l'aide médicale à mourir, tels que les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse et le Canada. Cependant, la mise en œuvre de ce projet de loi, initié par le président Emmanuel Macron, se heurte encore à des obstacles juridiques et à une vive opposition de la part des conservateurs.

S'adressant à l'AFP avant le vote, Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi, ancien député et maire, a décrit le parcours comme « un marathon semé d'embûches ». Le vote d'aujourd'hui est l'aboutissement d'une lutte acharnée et de débats qui ont duré 14 ans au Parlement français.

Bien qu'il ait été facilement adopté par l'Assemblée nationale, le projet de loi a été catégoriquement rejeté par le Sénat (où la droite est majoritaire). En définitive, le gouvernement français a dû user de son pouvoir constitutionnel pour permettre à l'Assemblée nationale de trancher définitivement, sans l'aval du Sénat.

Cependant, le vote à l'Assemblée nationale ne marque pas la fin de l'histoire. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel – la plus haute instance judiciaire – d'un réexamen complet du texte de loi immédiatement après le vote. Le Sénat ayant refusé de débattre du projet de loi, celui-ci ne parvient toujours pas à concilier les attentes de ses partisans et les préoccupations de ses opposants. Disposant de pouvoirs contraignants, le Conseil constitutionnel peut rejeter certaines dispositions, voire invalider la loi dans son intégralité dans des circonstances exceptionnelles.

La nouvelle loi instaure un cadre juridique strict pour le droit à l'aide médicale à mourir en France. Ainsi, ce droit ne s'applique qu'aux adultes atteints d'une maladie incurable, capables de prendre leurs décisions librement et en toute transparence, et qui souffrent de douleurs physiques incontrôlables ou insupportables malgré un traitement. L'état du patient est évalué par un médecin avant que le dossier ne soit examiné par un collège d'experts. La décision finale revient au médecin, mais le patient a le droit de retirer son consentement à tout moment.

Dans la plupart des cas, les patients s'administrent eux-mêmes le médicament létal. Le personnel médical n'intervient physiquement qu'auprès des personnes totalement incapables de se prendre en charge.

L’ancienne ministre de la Santé, Agnès Firmin Le Bodo, qui a rédigé le projet de loi de 2024, a affirmé :« Cette loi sera adoptée car elle permet d'atteindre l'équilibre nécessaire. ».

L'opposition a toutefois juré de ne pas se laisser faire. Le député Christophe Bentz, du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite, a averti que le projet de loi était « très dangereux » et pourrait entraîner des abus. Des groupes religieux et des organisations opposées à l'euthanasie ont également prévu des manifestations d'envergure devant le Parlement le jour de ce vote historique.

Source : AFP
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La France s'apprête à adopter une loi controversée sur l'euthanasie.
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