Une découverte cruciale ouvre la voie à un médicament contre le paludisme.
Le 5 juin, des chercheurs européens ont annoncé avoir identifié comment les bactéries du paludisme vivent en parasites dans le sang.
Il s'agit d'une découverte cruciale qui ouvre la voie à la recherche de médicaments pour traiter le paludisme, notamment chez les enfants – principales victimes de cette épidémie.

Image illustrative. (Source : bimcbali.com)
La souche Plasmodium falciparum du paludisme — la plus mortelle des formes de paludisme — se développe à l'intérieur des globules rouges. Elle adhère aux parois des vaisseaux sanguins pour éviter d'être emportée par le flux sanguin jusqu'à la rate, où elle est détruite.
La science le sait depuis plus d'un siècle, mais personne n'a encore découvert comment les parasites du paludisme parviennent à se fixer aux parois des vaisseaux sanguins.
Les choses se sont un peu éclaircies en 2012 lorsqu'une équipe de recherche a découvert une protéine dans cette souche parasitaire, appelée PfEMP1.
De nouvelles recherches, menées par une équipe de scientifiques de l'Université de Copenhague, ont permis de clarifier davantage cette question en identifiant les sites de liaison où PfEMP1 se fixe aux parois des vaisseaux sanguins.
Après avoir examiné 2 500 dossiers de patients et analysé des échantillons de parasites du paludisme prélevés sur 15 enfants tanzaniens atteints de paludisme, les chercheurs ont identifié un récepteur dans le sang appelé protéine C de la membrane externe (EPCR) et ont confirmé son association avec PfEMP1.
Selon le chercheur Thomas Lavxtsen, membre du groupe de recherche, dans des conditions normales, l'ECPR joue un rôle important dans la régulation de l'inflammation, la formation de caillots sanguins, la mort cellulaire et la perméabilité vasculaire.
La découverte de parasites capables de se lier à ce récepteur et d'interférer avec son fonctionnement normal pourrait aider à expliquer le développement des symptômes graves du paludisme.
Selon Matthew Higgins, chercheur à l'université d'Oxford, cette nouvelle découverte aidera les développeurs de médicaments à se concentrer sur les mécanismes de liaison des parasites.
D'après lui, la première étape consiste à identifier précisément la partie de la protéine du parasite du paludisme qui lui permet de se lier aux récepteurs des parois des vaisseaux sanguins. Cela permettrait ensuite de développer un vaccin spécifiquement conçu pour bloquer cette liaison.
D'après un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié en décembre 2012, environ 219 millions de personnes dans le monde ont contracté le paludisme en 2010, principalement des enfants de moins de 5 ans en Afrique, et près de 660 000 décès ont été recensés. Par ailleurs, selon une étude publiée dans The Lancet en février 2012, environ 1,2 million de personnes meurent chaque année de cette maladie dans le monde.
Selon (VNA) - VT


