Vice-président de l'Assemblée nationale : « Je crois que 2017 sera une année charnière »

January 28, 2017 07:40

« Avec les bases juridiques, les ressources et les calculs nécessaires, je crois que 2017 sera une année charnière », a déclaré avec confiance le vice-président de l'Assemblée nationale, Phung Quoc Hien.

La réalité exige une réforme de l'Assemblée nationale.

PV :L'Assemblée nationale a connu des changements importants récemment, notamment lors de sa première session. Le vice-président de l'Assemblée nationale pourrait-il apporter des précisions à ce sujet ?

M. Phung Quoc Hien :La présidente Nguyen Thi Kim Ngan a déclaré que la 14e Assemblée nationale continuerait d'innover, d'agir et de créer pour répondre aux demandes des électeurs.

Pourquoi l'Assemblée nationale a-t-elle besoin d'une réforme continue ? Cela tient à ses propres mérites. Le contexte international et national, ainsi que la tendance irréversible à l'intégration économique internationale, exigent que l'Assemblée nationale renouvelle sa réflexion. La vie présente d'innombrables problèmes à résoudre, et l'Assemblée nationale doit se réformer pour répondre aux attentes légitimes de ses électeurs.

toi tin 2017 se la nam dot pha hinh 1
Le vice-président de l'Assemblée nationale, Phung Quoc Hien

2016 a été la première année du plan quinquennal 2016-2020, l'année du Congrès du Parti et l'année de la restructuration de l'appareil, mais nous avons obtenu de nombreux résultats assez positifs.

Mais il est clair que le pays est confronté à de nombreux problèmes qu'il convient de résoudre. Parmi ceux-ci figurent une croissance inférieure aux objectifs fixés par l'Assemblée nationale et une croissance de qualité non durable. Le goulot d'étranglement que représentent les créances douteuses et la dette publique doit être surveillé en permanence. Par ailleurs, les activités d'investissement n'ont pas été efficaces…

Lors de sa deuxième session, l'Assemblée nationale, en tant qu'organe législatif, a adopté 3 lois et 11 résolutions, dont 2 lois et 9 résolutions relatives à l'économie. Pour la première fois de son histoire, l'Assemblée nationale a élaboré, en matière financière et budgétaire, un plan quinquennal fixant des objectifs précis et définissant une orientation claire, a ainsi établi un cadre pour l'ensemble de ses activités.

Par le passé, notre plan d'investissement public à moyen terme reposait sur une approche de « flux financiers », investissant sans connaître la provenance des capitaux. Cette fois-ci, nous devons changer cela afin d'éviter un endettement excessif dans la construction d'infrastructures essentielles. Les projets doivent clairement identifier leurs sources de financement, en mettant fin aux procédures d'autorisation interminables et en garantissant l'efficacité des processus. L'Assemblée nationale doit démontrer que ses paroles se traduisent par des actes concrets.

PV :Les électeurs s'inquiètent de la crise de la dette publique qui menace le gouvernement et du manque de rigueur budgétaire qui engendre une situation financière difficile. Comment évaluez-vous ce défi pour le gouvernement ? Que devrait faire l'Assemblée nationale pour l'aider à le surmonter ?

M. Phung Quoc Hien :En tant que pays en développement, les besoins en investissements dans les infrastructures sont immenses, mais ces investissements n'ont pas suivi le rythme du développement. Parallèlement, nos recettes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses. Les dépenses courantes augmentent rapidement, ce qui nous oblige à emprunter pour financer les investissements de développement. De plus, nous n'avons pas su gérer efficacement nos investissements, ce qui a entraîné des dépenses dispersées.

Depuis la publication par le gouvernement de la directive 1792 relative au renforcement de la gestion des investissements provenant des fonds du budget de l'État, exigeant que les investissements aient une source de capital, puis avec la promulgation de la loi sur les investissements publics, la responsabilité a été liée aux décisions d'investissement.

Récemment, nous avons mis en place un plan financier quinquennal et un plan d'investissement public à moyen terme sur cinq ans afin d'éviter la multiplication des décisions inappropriées. Il est impératif de nous concentrer sur les priorités essentielles, de créer un système financier visionnaire et performant, et de rompre avec les formalismes. Nous devons définir clairement les responsabilités des dirigeants, tels que le Premier ministre, les ministres, les chefs de département et les présidents des comités populaires provinciaux ; les responsabilités générales ne suffisent plus.

« Même les roses ont des épines. »

PV :MPour restructurer l'économie, il nous faut affronter de front les difficultés comme les atouts afin de régler définitivement les problèmes existants. Autrement, en s'intégrant davantage à l'économie mondiale, le Vietnam risque d'y perdre sur son propre terrain, n'est-ce pas, Monsieur ?

M. Phung Quoc Hien :Notre ancienne structure économique était irrationnelle et ne garantissait pas le développement ; il était donc nécessaire de la restructurer. Il faut changer de modèle de croissance, en passant d’une approche fondée sur le capital, les ressources, la main-d’œuvre bon marché et le développement vertical à un développement à la fois large et en profondeur, ce dernier étant toutefois privilégié.

toi tin 2017 se la nam dot pha hinh 2
La restructuration est bénéfique ; les difficultés ne sont que temporaires.

Le processus de mise en œuvre se heurte à des difficultés, principalement liées aux ressources. L'intégration est la tendance ; les entreprises vietnamiennes peuvent accepter de perdre une première bataille, mais à long terme, elles devront l'emporter. Récemment, nous avons connu de nombreuses situations inédites où, après des échecs initiaux, nous avons su nous relever. Nous n'avons pas peur ; l'essentiel est de créer un environnement extrêmement ouvert, transparent et équitable.

Un environnement favorable ne suffit pas ; il faut des personnes compétentes pour le mettre en œuvre. La revitalisation nationale passe nécessairement par l’éducation et la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. Or, un agriculteur ne peut pas simplement gravir les échelons pour devenir ouvrier d’usine.

Par ailleurs, il est important de reconnaître que nous avons une longue tradition d'économie de marché, qui a permis à notre économie d'atteindre sa taille et sa solidité, et qui a forgé notre expérience en matière de gestion. La restructuration est l'occasion de tirer parti de nos acquis, de nos réalisations et de nos progrès pour susciter de nouveaux développements, de nouvelles réflexions et de nouvelles perspectives.

C'est la réalité : tout n'est pas rose. Même les roses ont des épines ! Mais il est clair que la restructuration est bénéfique et que les difficultés ne sont que temporaires.

PV :En 2017, une série de nouvelles lois sont entrées en vigueur. Comment évaluez-vous les impacts de la mise en œuvre de ces lois, notamment la loi budgétaire de l'État ?

M. Phung Quoc Hien :La nouvelle loi budgétaire de l'État constitue une avancée majeure, concrétisant la Constitution de 2013 par des modifications réglementaires fondamentales. Désormais, toutes les recettes et dépenses doivent être budgétées, ce qui signifie qu'aucune dépense ne peut être effectuée sans prévision budgétaire.

Il n'y a pas de limite à la collecte des recettes ; plus les recettes légales sont élevées, mieux c'est. En revanche, les dépenses sont limitées. Auparavant, les dépenses étaient soumises à un rapport et à une approbation de l'Assemblée nationale, mais ce n'est plus le cas. Par ailleurs, le budget de l'État doit jouer un rôle prépondérant.

Toutes ces dépenses doivent être planifiées, d'où le concept de plans financiers quinquennaux et de plans budgétaires triennaux mis en œuvre de manière continue. Par ailleurs, la gestion de la dette publique et de la dette à moyen terme constitue un budget doté d'une vision et d'un cadre. Enfin, les déficits budgétaires doivent respecter les pratiques internationales.

2017 sera une année charnière.

PV :Certains ont suggéré que l'Assemblée nationale semble conserver une certaine marge de manœuvre dans ses prises de décision. Tout au long des séances et des discussions, il est clair que vous exprimez toujours vos points de vue avec franchise. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

M. Phung Quoc Hien :L'Assemblée nationale est l'organe constitutionnel et législatif ; par conséquent, elle est la plus haute instance chargée de faire respecter et d'appliquer strictement la loi. De ce fait, la notion de clémence n'y a pas sa place. Il arrive simplement que l'information soit insuffisante ou que les décisions soient inexactes, ce qui peut amener les citoyens à les accepter sans les comprendre.

L'Assemblée nationale et le gouvernement travaillent ensemble pour remplir leur mission commune dans l'intérêt de la nation et du pays, mais en raison de la répartition des responsabilités, des divergences d'opinions apparaissent souvent dans la recherche de la solution optimale.

PV :En ce début d'année, le vice-président de l'Assemblée nationale pourrait-il nous faire part de ses prévisions concernant l'économie vietnamienne pour 2017 et jusqu'en 2020 ?

M. Phung Quoc Hien :Il est très encourageant d'avoir défini notre orientation et nos objectifs, contrairement à un navire qui navigue sans savoir où se trouve la côte. Reste à savoir comment organiser la mise en œuvre.

Nous avons surmonté des difficultés et acquis de l'expérience. En 2016, malgré une conjoncture économique perfectible, la situation était plutôt bonne. En 2017, forts de notre cadre juridique, de nos ressources et de nos calculs, je suis convaincu que ce sera une année charnière.

Si le taux de croissance atteint durablement 6,5 % ou plus d'ici à 2020, la restructuration économique et la transformation du modèle de croissance seront réalisées. En 2021, nous aborderons la question sous un angle différent. À l'inverse, ne pas y parvenir sera très difficile.

Notre nation détermine sa propre voie, et celle de personne d'autre. Bien sûr, nous devons nous adapter au cours de notre époque, à l'image d'un bateau descendant une rivière ; rencontrer des obstacles et des rapides est inévitable. Nous devons avoir le courage de les affronter.

PV :Merci, Monsieur le Vice-Président de l'Assemblée nationale !./.

Selon VOV

ACTUALITÉS CONNEXES

0 0 0
x
Vice-président de l'Assemblée nationale : « Je crois que 2017 sera une année charnière »
Google News
ALIMENTÉ PARGRATUITCMS- UN PRODUIT DENEKO