Nous, les femmes, sommes formidables !
(Baonghean) – Cet après-midi, dès mon arrivée au bureau, j'ai aperçu plusieurs collègues féminines attablées, dégustant une salade de tripes de bœuf et des escargots sautés, et discutant avec animation. Bien que toujours inscrite sur la liste de paie et paraissant inactive, je me suis jointe à la conversation :
— Il n'est même pas midi, pourquoi mangez-vous quelque chose d'aussi salé ? Quand on papote, on devrait plutôt proposer des mangues, des prunes et des goyaves marinées, non ?
« Eh bien, ma belle, ce n'est qu'une lubie d'adolescente. Mais pour les femmes d'âge mûr comme nous, il nous faut quelque chose de consistant pour être productives. Manger comme ça, c'est déjà très poli ; on a de la chance de ne pas encore être allées au marché manger du boudin noir ou de la bouillie d'abats ! »
Ils acquiescèrent tous, puis l'un d'eux ajouta :
Quand on sortait ensemble, j'étais très timide avec la nourriture. Je ne buvais que les deux tiers d'un smoothie et je regardais constamment l'heure en mangeant un gâteau, m'assurant qu'il me faille plus de dix minutes avant d'oser le finir. Après notre mariage, mon mari m'a dit : « Pourquoi manges-tu autant maintenant ? Quand on sortait ensemble, tu mangeais si peu, comme un chat, laissant toujours de la nourriture, ce qui me rendait tellement triste. » Mais maintenant ? Quand il va au restaurant avec moi, il mange la tête baissée de peur de rater quelque chose !
Je dois l'avouer, tout était comme un rêve quand on sortait ensemble. Quand on s'est rencontrés, c'était comme voir une star de cinéma : on était tous impeccablement habillés et coiffés. Maintenant, je peux enfin porter des vêtements décents quand je sors. Mon mari porte toujours des pantalons larges à la maison, qu'il n'arrête pas de remonter. Et moi, je porte un masque blanc et des tongs comme un fantôme. Mais après notre mariage, ma peur des fantômes a complètement disparu !
J'ai éclaté de rire ; ces femmes doivent me menacer de me laisser célibataire pour toujours !
— Assieds-toi et ris. Les filles célibataires ont tellement de chance, mais elles ne s'en rendent pas compte ; elles ne le réalisent qu'après s'être mariées et avoir des enfants. Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. Une césarienne classique, c'est douloureux d'une certaine façon ; une césarienne, c'est douloureux d'une autre façon. C'est « aussi douloureux qu'un accouchement » !
Après l'accouchement, on n'est plus ni humaine ni animale. Les cheveux en bataille, la peau flasque et gonflée, maculée de curcuma. Toute la journée, on ne pense qu'aux couches, au lait et à l'allaitement. Si le bébé ne dort pas ou ne mange pas, impossible de dormir ou de manger soi-même. Alors, on continue d'espérer se marier !
C'est exactement ce que je dis, mais je sais pertinemment que ces femmes font passer leurs maris et leurs enfants avant tout. Où qu'elles aillent, quoi qu'elles fassent, elles sont constamment préoccupées par l'heure à laquelle elles doivent aller chercher leurs enfants, par l'heure à laquelle leurs maris rentreront du travail et par ce qu'elles doivent acheter au marché pour cuisiner. Certaines pourraient même oublier de mettre de l'eyeliner sur leur œil droit, mais elles n'oublieront jamais d'enfiler la chemise de leur mari ni d'assister à la réunion parents-professeurs de leur enfant ! Être une femme, est-ce difficile ? Certes, oui, mais j'ajouterais qu'être une femme est aussi très gratifiant. Des enfants beaux, intelligents et bien élevés, c'est évidemment grâce à leurs mères ; un mari qui réussit, respecté par ses amis et ses collègues, c'est évidemment aussi grâce au soutien de sa femme.
En résumé, je trouve qu'être une femme est difficile. Votre épouse ou votre mère n'accomplit peut-être pas de grandes choses, mais elle ne néglige jamais rien qui concerne ses proches, aussi insignifiant soit-il. Et vous savez, le bonheur vient des petites attentions prodiguées avec amour. Rendre les autres heureux est un instinct et un don exceptionnel chez les femmes !
Hai Trieu


