Poutine : La Russie ne peut pas se permettre d'être à la traîne par rapport aux États-Unis dans la préparation des essais nucléaires.
Poutine a déclaré que la Russie ne pouvait pas se permettre d'être à la traîne par rapport aux États-Unis en matière de préparation aux essais nucléaires, soulevant la question lors des négociations ; les experts mettent en garde contre les coûts et les risques liés au déclenchement d'une vague d'essais.
Poutine a affirmé que la Russie ne pouvait pas se permettre d'être à la traîne des États-Unis dans la préparation à un éventuel essai nucléaire, tout en soulignant que Moscou devait être prête à toute éventualité. Le dirigeant russe a indiqué qu'il aborderait la question des préparatifs américains en vue d'un essai nucléaire lors des prochains entretiens bilatéraux.
Déclaration et contexte
Lors de sa visite au Kirghizistan le 27 novembre, Vladimir Poutine a déclaré, selon l'agence RIA : « La préparation à des essais nucléaires prend du temps, et nous ne pouvons absolument pas permettre aux États-Unis de procéder à de tels essais. Il nous faudra encore un an et demi pour nous préparer. Bien sûr, nous devons y réfléchir. Nous ne le disons pas ouvertement, mais nous devons nous préparer à toutes les éventualités. Et je vous assure que nous serons prêts. »
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré le 13 novembre que si les États-Unis procédaient à un essai d'arme nucléaire, l'interdiction de longue date des essais nucléaires serait levée ; il a ajouté que le président Poutine avait déclaré à plusieurs reprises que la Russie prendrait des mesures correspondantes en réponse si d'autres pays effectuaient des essais nucléaires.
Analyse technique : exigences relatives à la préparation aux essais nucléaires
La reprise des essais nucléaires exige beaucoup de temps, d'infrastructures et de procédures juridiques, ainsi qu'un budget considérable. Selon les données du département de l'Énergie des États-Unis (septembre 2023), l'arsenal nucléaire américain relève de la compétence de ce département, et non de celle du département de la Défense. Hans Kristensen, directeur du Nuclear Information Project de la Fédération des scientifiques américains (FAS), a déclaré que la Maison-Blanche devrait demander au département de l'Énergie d'entreprendre les démarches préparatoires, et que le Congrès devrait approuver des fonds supplémentaires, le pays n'ayant plus de programme d'essais d'armes nucléaires.
Kristensen a fait remarquer que si un essai nucléaire devait être mené, le processus aurait peu de chances de se concrétiser dans un délai de 18 mois, nécessitant un financement important et l'approbation du Congrès.
Avis d'expert
- Howard Altman (War Zone) : Reprendre les essais d'armes nucléaires constituerait un tournant majeur pour les États-Unis, serait très coûteux et pourrait inciter d'autres puissances nucléaires à faire de même.
- Hans Kristensen (FAS) : Mise en garde contre les effets en cascade ; insistant sur les exigences procédurales et budgétaires, ainsi que sur un calendrier long.
- Daryl Kimball (Association pour le contrôle des armements - ACA) : « Que va-t-on tester ? » Telle est la question cruciale. Les essais précédents visaient principalement à tester de nouveaux modèles d’ogives, afin de garantir les caractéristiques souhaitées. Il a ajouté qu’on ignore ce que les États-Unis souhaitent apprendre sur le plan technique et qu’« il n’y a aucune raison pour que les États-Unis testent des armes nucléaires déjà en service ».
Kimball a affirmé que la déclaration de Donald Trump était motivée par des considérations politiques, une simple mesure de représailles, et a ajouté qu'aucun pays n'avait procédé à des essais nucléaires récemment et que le président américain devait fournir des explications supplémentaires. Selon lui, la majorité des 1 030 essais d'armes nucléaires effectués jusqu'à présent visaient à tester des prototypes d'ogives.
Déclaration de Donald Trump
Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis procéderaient à des essais nucléaires parce que de nombreux autres pays en effectuaient également : « Nous allons procéder à des essais nucléaires parce que de nombreux autres pays en effectuent, nous avons beaucoup d’autres pays qui en effectuent, nous avons plus d’armes nucléaires que n’importe quel autre pays, c’est moi qui ai modifié et construit certaines de ces armes, et je déteste le faire, mais je n’ai pas le choix, parce qu’ils possèdent déjà ces armes. »
Chiffres relatifs à l'arsenal nucléaire américain (septembre 2023)
| Cible | Quantité | Note |
|---|---|---|
| Nombre total d'ogives nucléaires | 3 748 | Selon le département de l'Énergie des États-Unis |
| L'ogive est en état de fonctionnement optimal. | 2 170 | Selon le département de l'Énergie des États-Unis |
Aspects tactiques et de dissuasion
D’après la déclaration de Poutine selon laquelle « nous devons nous préparer à toutes les éventualités » et les évaluations mentionnées précédemment, il apparaît clairement que les essais nucléaires sont considérés comme une étape technique et stratégique cruciale pour garantir la fiabilité de l’arsenal nucléaire et créer un signal dissuasif. Cependant, selon les experts, cette démarche engendre des coûts importants, exige un long délai de préparation et risque de provoquer une réaction similaire de la part d’autres puissances nucléaires.
Conclure
Poutine a souligné que la Russie ne peut se permettre d'être à la traîne des États-Unis dans la préparation des essais nucléaires et qu'il abordera cette question lors des négociations bilatérales. Du côté américain, les analyses indiquent que la reprise des essais dépendra des décisions politiques, des exigences procédurales et des approbations budgétaires du Département de l'Énergie et du Congrès, dans un délai estimé à au moins 18 mois. Les contraintes techniques, les coûts et les risques de contagion sont autant de facteurs contre lesquels les experts mettent en garde.


