L'armée américaine coordonne secrètement le passage des navires commerciaux à travers le détroit d'Ormuz.
Le commandement central américain (CENTCOM) aurait secrètement guidé environ 70 navires commerciaux à travers le détroit d'Ormuz, alors que le trafic maritime était en forte baisse.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) mène depuis trois semaines une opération secrète pour coordonner et guider le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz. Cette initiative vise à maintenir la circulation sur cette voie maritime vitale après que l'Iran a annoncé la fermeture de ce passage aux navires en provenance de pays considérés comme hostiles.
Le contexte du blocus du détroit d'Ormuz.
Les tensions se sont exacerbées le 28 février suite à une opération militaire conjointe américano-israélienne visant l'Iran. Immédiatement après, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, voie de passage pour environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL). La République islamique n'autorisait le passage des navires de pays tiers qu'après paiement d'un droit de passage et respect strict des directives militaires.

Les tactiques de navigation secrètes et l'échec du projet Liberté.
Selon le New York Times (NYT), pour naviguer dans les zones contrôlées par l'Iran, le CENTCOM a ordonné à environ 70 navires commerciaux de désactiver leurs transpondeurs. Devenus « navires fantômes », ils ont pu échapper à la surveillance des radars et des forces navales iraniennes. Ces navires ont principalement emprunté les voies de navigation longeant la côte omanaise plutôt que les routes maritimes habituelles.
Il est à noter que cette opération secrète a suivi l'échec rapide d'une initiative annoncée publiquement. En avril 2026, le président américain Donald Trump a annoncé le « Projet Liberté », destiné à escorter les navires commerciaux en difficulté. Cependant, l'initiative a été suspendue moins de 48 heures après son lancement. La principale raison serait le refus de l'Arabie saoudite d'autoriser les forces américaines à survoler son espace aérien ou à utiliser la base aérienne Prince Sultan pour cette opération.
Conséquences pour la sécurité maritime internationale
Malgré l'accord de cessez-le-feu signé le 8 avril, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne montre aucun signe de reprise significative. Avant le conflit, 150 navires en moyenne y transitaient chaque jour, mais ce nombre a chuté à moins de 10. On estime qu'entre 1 600 et 2 000 cargos et pétroliers, ainsi que des dizaines de milliers de marins, restent bloqués dans le golfe Persique.
Du côté iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré que, dans les 24 heures précédant le 31 mai, 28 navires avaient été autorisés à franchir le détroit après avoir accompli les formalités requises. Parallèlement, les États-Unis maintiennent leur blocus des ports iraniens et ont intercepté plus de 100 cargos depuis avril 2026, maintenant ainsi la situation sécuritaire à ce point de passage stratégique en état d'alerte maximale.


